Près de quatre ans après l'ouverture de ses enquêtes en République démocratique du Congo (RDC), la Cour pénale internationale (CPI) y cherche officiellement, depuis le 28 avril, un quatrième suspect.
Bosco Ntaganda, "environ 35 ans", au curriculum bien chargé : Tutsi congolais, il entre à peine majeur dans l'Armée patriotique du Rwanda, avant de participer à la conquête de Kigali durant le génocide de 1994 ; de retour au Congo, il devient chef des opérations militaires de la branche armée de l'UPC, le mouvement dirigé par le premier accusé de la CPI, Thomas Lubanga. Human Rights Watch précise qu'à ce titre, Ntaganda participe "à de nombreux massacres" : un "massacre systématique des civils Lendu et Ngiti" dans le village de Songolo en août 2002 ; une "chasse à l'homme" tuant "au moins 100 personnes" à Bunia ; l'attaque du village aurifère de Mongbwalu en novembre 2002, où "au moins 800 civils ont été tués".
Malgré cela, la CPI n'accuse Ntaganda, comme Lubanga, que de charges d'enrôlement d'enfants soldats. Son mandat d'arrêt, émis dès août 2006, est rendu public deux mois après la signature à Goma d'un accord entre la RDC et 22 groupes armés, dont le Congrès national pour la défense du peuple, dont Ntaganda est aujourd'hui chef d'état-major militaire. "Si Laurent Nkunda *qui dirige ce mouvement+ prend véritablement l'accord de Goma au sérieux, alors il doit immédiatement livrer Ntaganda à la CPI", estime Anneke Van Woudenberg, chercheuse à Human Rights Watch.
















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