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Femmes de Sangubaka (Mali)
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Sangubaka, Mali
Sangubaka, Mali

Les femmes de Sangubaka se sentent fortes grâce à l'agriculturre

Publié le : 25 février 2010 - 8:53am | Par Rédaction Afrique (RNW/Luc van Kemenade)
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Des femmes et des enfants traînent de lourds seaux d’eau à travers le potager de Sangubaka-Djénerie, un petit village dans l’est du Mali. Malgré la chaleur quotidienne, il est relativement facile d’irriguer les champs grâce aux puits qui se trouvent à proximité.

Luc van Kemenade

"Je cultive des oignons, des choux, des aubergines et des tomates", dit Deinaba Barri, en essuyant son front en sueur. Deinaba est mariée et a quatre enfants, qui l’aident dans le champ. Les enfants de Sangubaka ne vont pas habituellement à l’école. "Je vends sur le marché local la plus grande partie de ce que je récolte", poursuit-elle. "Ce qui reste est pour usage personnel".

Deinaba est l’une des 76 femmes qui possèdent un petit champ aux abords du village. Elle affirme ne pas connaître le montant exact de ses revenus, mais une chose est certaine : "Ma vie s’est dernièrement améliorée."

Les champs verts ressemblent à une oasis dans le paysage aride qui entoure Sangubaka. Et en fait c’est exactement ce qu’ils sont. Le puits, de 16 mètres de profondeur, et la pompe solaire ne fournissent pas seulement aux champs l’eau nécessaire mais servent aussi à la communauté et au bétail.

Le potager est parrainé par la Fondation Mopti, une initiative du Néerlandais Willem Snapper, 63 ans, qui vit dans la ville de Sévaré, pas très loin de Sangubaka. Willem Snapper avait autrefois un service de réparation d’ordinateurs, mais grâce à des dons de sa famille, d’amis et d’anciens clients il a aménagé un hectare de terre à cultiver.

Quand les plans d’aménagement du potager furent présentés aux femmes de Sangubaka, de l’ethnie pheul, celles-ci n’avaient pas beaucoup de notions de l’agriculture. Mais elles étaient certainement avides d’apprendre et retournèrent à l’école. Dans des ateliers donnés par des experts en agriculture, elles apprirent à exploiter efficacement des semis et quels légumes cultiver à quel moment et comment.

Depuis qu’elles se sont vu confier les champs et qu’elles gagnent leurs propres revenus, les villageoises de Sangubaka se sentent plus fortes. Elles ont créé une Association de femmes, dirigée par un conseil d’administration comprenant dix volontaires. Elles tiennent des assemblées générales des habitants pour discuter de questions cruciales et moins cruciales, par exemple comment tenir éloigner des champs les enfants qui ont volé des récoltes.

A Sangubaka, illettré n’est pas synonyme d’analphabète. Les réunions sont bruyantes et mouvementées. Quand un accord est finalement obtenu, les femmes applaudissent.

Elles économisent aussi ensemble de l’argent. Tous les mois chaque femme doit verser 200 FCF dans une caisse. Si l’une d’elles ne le fait pas ou refuse de verser sa contribution, elle risque de perdre son morceau de terre.

Pour l’instant, la Fondation Mopti continue d’approvisionner les femmes en semences et en outils, mais dès qu’elles auront économisé suffisamment d’argent, elles devront se débrouiller elles-mêmes. Après tout, l’objectif principal est d’aider la communauté de Sangubaka à devenir auto-suffisante.

"Nous fournissons le matériel", dit Willem Snapper. "Mais c’est aux femmes de s’en servir pour leurs propres besoins et pour devenir à la longue autonomes."

"Ah! Grand-père", s’écrie Bourti Dembele en voyant Snapper. D’un âge moyen, elle se précipite vers lui avec un panier d’aubergines fraîchement cueillies de son champ. Elle raconte qu’elle se rend au marché local de Fatoma, un village des environs.
Bourti se révèle être une marchande de talent. "Vous voulez acheter quelques aubergines ?", demande-t-elle. Snapper accepte et achète la moitié des douze kilos dans le panier, qui lui auraient rapporté 2.000 CFA au marché.

 

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