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dimanche 26 mai  

Syrie: un double attentat dévastateur frappe Damas, 55 morts

Publié le 10 mai 2012 - 10:13pm
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Deux voitures piégées ont dévasté jeudi un quartier de Damas, faisant 55 morts et 372 blessés, l'attentat le plus meurtrier en près de 14 mois de révolte en Syrie.

Les violences ont également fauché la vie d'au moins 12 personnes ailleurs dans le pays, dont quatre civils tués par les "chabbiha" (milices pro-régime) à Homs (centre), cinq agents de renseignement dans une explosion à Alep (nord) et un enfant à Idleb (nord-ouest).

Les attaques de Damas ont ravagé à une heure de pointe le matin le quartier de Qazzaz dans le sud de la capitale, poussant le chef des observateurs de l'ONU à lancer un appel à l'aide pour faire cesser les violences qui font rage depuis le début de la révolte en mars 2011.

Elles sont survenues alors que les mises en garde internationales contre une guerre civile se font de plus en plus pressantes face aux violations répétées du cessez-le-feu instauré le 12 avril, la communauté internationale restant impuissante à résoudre la crise.

Comme à chaque attentat, régime et rébellion se sont accusés mutuellement de les avoir commises.

Selon le ministère de l'Intérieur, "55 personnes ont été tuées et 372 blessées dans les attentats suicide à la voiture piégée qui ont eu lieu à une minute d'intervalle", devant un immeuble abritant un siège de la Sécurité.

Le ministère a précisé que les voitures piégées contenaient "plus d'une tonne d'explosifs" et que les explosions avaient provoqué deux cratères d'un mètre et de 2,5 mètres de profondeur.

Elles ont eu lieu vers 08H00 locales (05H00 GMT), sur une voie rapide "au moment où les gens se rendaient à leur travail et les élèves à l'école", selon la télévision d'Etat.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui avance le bilan de 59 morts, "la plupart des victimes sont des agents de sécurité".

A plus de 50 mètres alentour, les façades des bâtiments étaient toutes éventrées, les routes défoncées. Un photographe de l'AFP a vu des voitures à la carrosserie fondue, des bus éventrés, des arbres abattus au bord de la route.

Les secouristes ont rempli quinze sacs avec des restes humains éparpillés et des Syriens erraient, hébétés par la vision des cadavres carbonisés. Au milieu des voitures encore fumantes, certains cherchaient leurs proches. "On n'a jamais connu ça de notre vie" s'est exclamé un homme.

"C'est ça la liberté que vous voulez?", a lancé un autre, en allusion à la révolte qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.

Le ministère de l'Intérieur s'est dit déterminé à "extirper ces terroristes (...) de la société syrienne, et à les punir", alors que Damas assimile la rébellion à du terrorisme.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a accusé le régime de mener ces attaques "pour dire aux observateurs de l'ONU qu'ils sont en danger et pour corroborer ses allégations selon lesquelles les groupes armés et Al-Qaïda agissent en Syrie".

"Malheureusement, la lenteur de la communauté internationale sur le dossier syrien donne plus de temps au régime pour commettre ces actes", selon Samir Nachar, un responsable du CNS.

De leur côté, les militants anti-régime ont appelé les Damascènes à manifester vendredi pour "se révolter" contre le régime "assassin", qu'ils accusent d'avoir perpétré ces attentats. "(Le régime) n'hésitera pas à tuer tout le peuple pour atteindre son objectif... Qu'attendez-vous!", lit-on sur Facebook.

Après s'être rendu sur le lieu des attentats, le chef des observateurs de l'ONU, le général Robert Mood, a appelé "tout le monde en Syrie et à l'extérieur à aider à stopper ces violences".

Mercredi, son convoi avait été attaqué à Deraa (sud), blessant 10 soldats de l'escorte syrienne et faisant craindre une remise en question de la mission.

L'émissaire international Kofi Annan a jugé jeudi "ces actes odieux inacceptables" et "contre-productifs pour les intérêts de toutes les parties".

Les violations du plan de M. Annan ont fait redouter mardi à ce dernier "une guerre civile totale".

La France a imputé au régime "toute la responsabilité" des violences dans le pays, tandis que l'Union européenne a estimé que le regain de violence y rendait la mission Annan "d'autant plus difficile mais aussi d'autant plus importante".

Plusieurs attentats meurtriers ont frappé Damas depuis décembre 2011.

Les violences ont fait plus de 12.000 morts depuis mars 2011, en grande majorité des civils tués par les troupes gouvernementales, et plus de 900 depuis le 12 avril, selon l'OSDH.

© ANP/AFP
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