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vendredi 24 mai  

Syrie: les Etats-Unis inquiets de la poursuite des combats, 34 morts lundi

Publié le 24 avril 2012 - 7:56pm
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Les Etats-Unis se sont dits inquiets lundi soir de la poursuite des combats dans certaines zones en Syrie, malgré le déploiement d'observateurs internationaux chargés de surveiller le cessez-le-feu officiellement entré en vigueur le 12 avril dans le pays mais déjà sérieusement compromis.

Trente-quatre personnes ont encore péri lundi dans des violences en Syrie, où se trouve actuellement un contingent de 30 observateurs internationaux. Un total de 300 observateurs internationaux y seront déployés à partir de la semaine prochaine à la suite de la résolution 2043 du Conseil de sécurité adoptée samedi.

En dépit de la trêve, 28 civils ont été tués à Hama (centre) par les troupes du régime, un autre près de Damas, et cinq soldats dans les régions de Deraa (sud) et de Hama, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

C'est la première fois qu'un nombre aussi important de civils tués est recensé dans une même ville depuis l'instauration du cessez-le-feu.

De son côté, l'agence officielle Sana a fait état de quatre morts, dont trois soldats, à Deraa et Hama, tués par des "terroristes", auquel le régime assimile rebelles et opposants depuis le début de la révolte en mars 2011.

"Nous nous attendons à ce que les observateurs disposent d'une liberté de mouvement totale, d'un accès sans restriction aux Syriens et aux zones de Syrie qu'ils jugent importantes à surveiller", a indiqué la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland. "Nous nous attendons à ce qu'ils aient une liberté totale de communiquer et choisir leur personnel".

Elle a ajouté que les Etats-Unis s'inquiétaient du fait que les forces du président Bachar al-Assad puissent arrêter leurs attaques au mortier pendant la présence des observateurs avant de les poursuivre à leur départ.

Pour Abou Omar, militant à Damas, la mission de l'ONU, qui compte pour le moment moins d'une dizaine de Casques bleus, est un échec parce que "les observateurs coordonnent leurs mouvements uniquement avec les autorités et ne travaillent pas avec le peuple sur le terrain".

Plusieurs militants ont ainsi affirmé à l'AFP que durant leur tournée lundi dans plusieurs villes de la région de Damas, les Casques bleus avaient refusé de suivre les habitants qui voulaient leur montrer les lieux où ils accusent le régime de cacher ses chars.

"Si (la mission de l'ONU) consiste à donner plus de temps au meurtrier Bachar (al-Assad), nous pouvons nous passer des observateurs", a souligné Abou Yazan al-Homsi, militant à Homs (centre), ville symbole de la contestation et de sa répression, où deux Casques bleus sont désormais basés.

Alors que l'OSDH a recensé plus de 200 morts depuis l'instauration du cessez-le-feu, Ahmad Fawzi, le porte-parole du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, a reconnu que "les conditions sont risquées" en Syrie où pour la première fois de leur histoire des Casques bleus sont envoyés sans arme dans un pays où la trêve n'est pas respectée.

Le porte-parole adjoint de l'ONU Eduardo del Buey a toutefois indiqué à l'AFP que le déploiement de l'équipe restreinte "devrait être terminé à la fin avril" et que le déploiement des 300 Casques bleus non armés, voté à l'unanimité samedi par le Conseil de sécurité de l'ONU, commencera la semaine prochaine.

"Nous croyons que la présence d'observateurs de l'ONU changera la dynamique politique sur le terrain", a ajouté M. Fawzi, au lendemain d'un nouvel appel de M. Annan à Damas d'arrêter "une fois pour toutes" d'utiliser des armes lourdes.

L'ambassadrice américaine à l'ONU Susan Rice a appelé Damas à "saisir cette chance d'une solution politique à la crise avant qu'il ne soit trop tard".

Son homologue français Gérard Araud a déclaré qu'"aucune entrave à l'action des observateurs, aucune menace à leur sécurité ne sera tolérée par le Conseil qui devra examiner le cas échéant des mesures coercitives si elles s'imposent".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a quant à lui insisté sur la nécessité que les autorités syriennes laissent aux observateurs de l'ONU une totale liberté de mouvement et leur fournissent des moyens de transport aériens. Il a indiqué qu'il avait confié un message en ce sens à l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari pour le transmettre au président syrien Bachar al-Assad. "J'espère que le gouvernement syrien coopérera pleinement" avec le médiateur Kofi Annan, a-t-il ajouté.

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Meqdad a affirmé pour sa part que le gouvernement était "totalement" engagé par le plan Annan, estimant que le dialogue était le "seul moyen" de sortir de la crise, selon Sana.

Lundi, une partie de l'équipe restreinte d'observateurs s'est rendue dans la ville rebelle de Zabadani, à 47 km au nord-ouest de Damas, théâtre régulier de manifestations anti-régime et de combats entre les troupes du régime et l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des déserteurs.

Elle a également visité Douma, selon des militants, au lendemain de violents assauts durant lesquels trois civils ont péri. Des milliers de manifestants se sont rassemblés autour des quatre Casques bleus qui visitaient cette banlieue de la capitale, scandant des slogans réclamant la chute du régime et l'armement des rebelles de l'ASL, selon des vidéos de militants.

Selon une organisation humanitaire jordanienne, environ 500 Syriens ont fui les violences pour se réfugier en Jordanie, sous les tirs de l'armée syrienne, samedi et dimanche.

Pour accentuer la pression sur le régime, après 13 mois de violences qui ont fait plus de 11.100 morts selon l'OSDH, l'Union européenne a voté un 14e train de sanctions. Certaines sont essentiellement symboliques, interdisant les exportations de produits de luxe vers la Syrie, tandis que d'autres visent le matériel servant à la répression.

Le président américain Barack Obama a pour sa part autorisé le principe de sanctions contre des fournisseurs de moyens technologiques destinés à faciliter les violations des droits de l'homme en Syrie.

La Suisse a elle imposé des sanctions à l'encontre d'Anisa et d'Asma Al-Assad, la mère et l'épouse du président Bachar al-Assad, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.

© ANP/AFP
  • Les violences redoublent d'intensité en Syrie malgré la présence ...

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