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jeudi 31 juillet  

Roumanie: large victoire de la coalition au pouvoir

Publié le 10 décembre 2012 - 5:56pm
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La coalition de centre gauche au pouvoir en Roumanie a remporté une victoire sans appel aux élections législatives dimanche mais l'incertitude demeure sur l'attitude du président Traian Basescu, appelé à désigner le prochain Premier ministre.

Six mois après la tentative de destitution du chef de l'Etat, qui avait suscité les critiques de Bruxelles et de Washington, une nouvelle période d'instabilité nuirait aux efforts de la Roumanie, plus jeune membre de l'UE, de renouer avec une croissance durable, soulignent les analystes.

Selon les résultats portant sur plus de 99% des bureaux de vote publiés lundi, l'Union sociale-libérale (USL, majorité) du Premier ministre Victor Ponta, au pouvoir depuis mai, a remporté 58,61% des voix pour la Chambre des députés et 60,07% pour le Sénat.

Suite à la redistribution des voix, l'USL, qui regroupe les sociaux-démocrates, les libéraux et les conservateurs, pourrait disposer d'une majorité des deux tiers au Parlement.

L'opposition de centre droit ARD proche de M. Basescu, érodée par la sévère cure d'austérité imposée en 2010, a elle obtenu près de 17% des voix. Elle est talonnée de près par le Parti du peuple Dan Diaconescu (PPDD), fondé par un sulfureux patron de télévision, avec environ 14% des voix.

Pour sa part, la mission restreinte de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a noté que "les élections se sont déroulés largement sans incidents" malgré "l'atmosphère politique très chargée".

Le taux de participation s'est à peine élevé à 41,6%, signe d'un désenchantement croissant des Roumains avec une classe politique éclaboussée par d'innombrables scandales de corruption et de clientélisme.

Aussitôt après la clôture des urnes, M. Ponta, 40 ans, s'est déclaré prêt à former le nouveau gouvernement, soulignant que c'était la promesse qu'il avait faite à l'électorat pendant la campagne.

Selon le secrétaire général du PSD, Liviu Dragnea, les responsables des trois partis membres de l'USL attendent à être convoqués au palais présidentiel mardi ou mercredi pour des consultations sur le futur Premier ministre.

M. Basescu, attendu lundi à Oslo pour assister à la remise du Prix Nobel de la paix à l'UE, n'a pas encore réagi à ce raz-de-marée de l'USL.

Mais il avait à plusieurs reprises affirmé que M. Ponta ne correspondait pas au portrait robot du futur Premier ministre qu'il a dressé.

Le chef de l'Etat, dont le mandat court jusqu'en 2014, lui reproche notamment le double discours à l'égard des valeurs européennes.

Mais les analystes estiment que sa marge de manoeuvre est limitée.

"Nous aurons probablement un gouvernement conduit par Victor Ponta. Je ne crois pas que M. Basescu pourra s'opposer à un résultat aussi clair des élections", a déclaré à l'AFP le politologue Alexandru Radu.

S'il le fait, malgré tout, "la crise politique risque de se poursuivre, avec de graves conséquences dans une Roumanie minée par la crise économique", ajoute-t-il.

"Il appartient à M. Basescu de faire la transition vers un pouvoir USL rapidement et sans convulsions", estime Florin Negrutiu, éditorialiste du quotidien Gandul.

Les analystes mettent en outre en garde contre les dangers découlant de la super-majorité dont disposera l'USL, qui a déjà mis en tête de ses priorités une modification de la Constitution .

"Il existe certainement une inquiétude car l'USL a déjà manifesté une tendance à accaparer tout le pouvoir, toutes les institutions" lors de la tentative de débarquement de M. Basescu, indique à l'AFP le sociologue Mircea Kivu.

Pour M. Radu, "cette majorité exceptionnelle risque de devenir autoritaire (...) d'autant plus que la Roumanie n'est pas une démocratie consolidée".

"En l'absence de voix crédibles qui sanctionnent d'éventuels dérapages, le seul espoir vient des partenaires étrangers et, paradoxalement, de Victor Ponta", estime M. Negrutiu.

S'il est reconduit dans ses fonctions, ce dernier "peut choisir de devenir un nouveau Viktor Orban (son homologue hongrois, ndlr) que l'Europe fuit comme la gale ou de respecter des engagements et des règles européennes, au risque de devenir impopulaire", souligne-t-il.

© ANP/AFP
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