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lundi 20 mai  

Pays-Bas: décision attendue sur la tenue ou pas de législatives anticipées

Publié le 23 avril 2012 - 5:27pm
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Après l'échec dans le week-end des négociations sur la réduction du déficit public, les Pays-Bas attendaient la tenue lundi matin d'un conseil des ministres exceptionnel qui doit se pencher sur la probable tenue d'élections législatives anticipées.

"Demain, il (le Premier ministre Mark Rutte, ndlr) doit discuter de la situation avec son gouvernement. Je m'attends à ce qu'il puisse annoncer officiellement la tenue d'élections", a déclaré à l'AFP Rene Tissen, professeur d'économie politique à l'université de Nijenrode, près d'Utrecht (centre).

Les négociations entre la coalition de centre droit et son allié à la chambre basse du parlement, le parti d'extrême droite PVV, ont échoué après le départ samedi du leader du PVV Geert Wilders de la table des négociations.

Ces discussions, en cours depuis le 5 mars devaient permettre de dégager 16 milliards d'euros d'économies pour 2013 afin de respecter les règles budgétaires de la zone euro en matière de déficit public.

Mais M. Wilders a refusé d'approuver des mesures qui auraient, selon lui, trop fait baisser le pouvoir d'achat des Néerlandais.

Le paquet de mesures mis sur la table des négociations prévoyait notamment une légère hausse de la TVA, un gel du salaire des fonctionnaires et une réduction du budget alloué à la santé et à l'aide aux pays au développement.

Selon les chiffres du bureau central du plan (CPB), dont les données sont utilisés par La Haye pour la confection du budget, ces mesures auraient entraîné une baisse de 2,5% du pouvoir d'achat en 2013.

Le déficit public des Pays-Bas a atteint 28 milliards d'euros en 2011, soit 4,7% du PIB, contre 5,1% en en 2010, mais continue de dépasser la norme européenne des 3%.

"Les élections semblent évidentes", avait dès samedi déclaré lui-même le Premier ministre, Mark Rutte.

Le parti d'extrême droite de Geert Wilders, eurosceptique et islamophobe, soutenait jusqu'à samedi le gouvernement au parlement, où il lui assurait une majorité de 76 sièges sur les 150 que compte la chambre basse jusqu'à la démission le 21 mars d'un député PVV, devenu indépendant.

Un "désastre" pour l'économie

Si la plupart des analystes estiment que la tenue d'élections anticipées après l'été est inévitable, les opinions divergent quant aux conséquences pour les Pays-Bas, un des quatre pays de la zone euro à bénéficier de la note triple A auprès des trois principales agences de notation.

"Ce serait un désastre pour l'économie des Pays-Bas au niveau de la note AAA autant que pour +l'économie réelle+", a indiqué à l'AFP Arnold Heertje, un économiste à la retraite, évoquant une hausse du chômage, une baisse de la croissance et une baisse des investissements.

"On ne peut pas prévoir ce qu'il va se passer", a toutefois affirmé de son côté Thomas Cool, un ancien économiste de l'Office central des Statistiques (CBS), selon lequel une éventuelle perte du triple A ne devrait pas endommager à grande échelle l'économie néerlandaise.

M. Cool pense que le gouvernement présentera un budget pour 2013, qui sera soumis au vote des députés après les élections anticipées et devrait permettre de respecter l'objectif européen de 3% du PIB.

Entré en fonction en octobre 2010, le gouvernement minoritaire de Mark Rutte avait été formé à l'issue d'élections anticipées organisées après la chute en février 2010 du gouvernement de l'ancien Premier ministre Jan Peter Balkenende. Celui-ci n'avait pas survécu à des désaccords internes portant sur la prolongation de la mission militaire néerlandaise en Afghanistan.

© ANP/AFP
  • Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte va présenter lundi la démission ...

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