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mercredi 19 juin  

Négociations âpres en vue pour Mark Rutte

Publié le 2 mars 2012 - 5:59pm

Pour satisfaire Bruxelles et respecter ses engagements en matière de déficit public, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte va devoir négocier âprement pour conserver le soutien du chef de file de l'extrême droite Geert Wilders, opposé à de nouvelles coupes budgétaires.

"Les discussions de la semaine prochaine débuteront sans tabous", a assuré vendredi le ministre des Finances Jan Kees de Jager au lendemain de la publication de prévisions décevantes du déficit public qu'il a qualifiées de "tuile".

Le Bureau central du plan (CPB) dont les estimations sont utilisées par La Haye pour boucler le budget, avait estimé jeudi que, à politique inchangée, le déficit public des Pays-Bas s'élèverait à 4,5% du PIB en 2013, dépassant la limite européenne des 3% de 9 milliards d'euros.

"Pour combler un trou de 9 milliards, il faut économiser environ 16 milliards d'euros", assure à l'AFP Edwin van de Haar, un porte-parole du CPB.

Chaque réduction des dépenses entraîne des coûts supplémentaires, explique le porte-parole qui cite en exemple les allocations au chômage résultant des licenciements.

La coalition minoritaire de centre-droit au pouvoir aux Pays-Bas et son partenaire au parlement, le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, ont décidé de se mettre autour de la table dès lundi pour déterminer les mesures à prendre.

"Je me demande si c'est bien raisonnable d'aller aussi loin dans les réductions des dépenses et les réformes", avait lancé jeudi Geert Wilders, assurant vouloir qu'un accord soit conclu "mais pas à n'importe quel prix".

Les négociations seront "très, très dures", met en garde Arnold Heertje, ancien professeur d'économie politique à l'université d'Amsterdam, selon lequel "il va y avoir beaucoup de tensions".

"La coalition sera sous pression", prévoit de son côté Thomas Cool, un ancien économiste du Bureau central des statistiques, "mais les économies auront lieu en raison du diktat de Bruxelles".

La Commission européenne avait fermement invité jeudi le gouvernement néerlandais, qui s'était engagé en 2010 à ramener les dépenses publiques à l'équilibre en 2015 grâce à un vaste programme de coupes budgétaires, à respecter la limite des 3%.

"C'est une claque pour M. Rutte au niveau européen", affirme à l'AFP André Krouwel, politologue à l'université d'Amsterdam, rappelant que La Haye ne s'est pas privée de donner des leçons aux pays de la zone euro dont les déficits ont dérapé.

Soumis à la pression de Bruxelles, Mark Rutte devra composer avec le PVV "car sans son soutien, il n'a pas la majorité au parlement", souligne André Krouwel : "ce n'est pas du tout dans son intérêt que le gouvernement chute et que des élections anticipées aient lieu".

"Les 3%, c'est pour 2013. Pour le plus long terme, avec une population qui vieillit, un augmentation des soins de santé, la seule possibilité est d'avoir pour objectif un déficit nul", a de son côté déclaré Mark Rutte à Bruxelles en marge d'un sommet européen.

M. Rutte n'a pas été plus précis sur ses objectifs de déficits pour les années à venir, expliquant être confronté à des chiffres moins bons que prévu.

Peu de "réformes structurelles" devraient être mises en place à l'issue des négociations en raison de l'opposition du PVV, prédit André Krouwel, selon lequel le déficit public en 2013 sera réduit grâce à des "trucs", comme le diffèrement de certains paiements dans le secteur de la défense ou le gel des salaires de certains fonctionnaires.

"Vous savez, ce n'est pas le Premier ministre qui gouverne aux Pays-Bas, c'est Geert Wilders!", conclut André Krouwel.

source : AFP
 

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