Deux personnes ont été tuées et 18 blessées samedi dans des heurts entre Libanais sunnites hostiles au régime syrien et d'autres, alaouites prosyriens, à Tripoli, la grande ville du nord du Liban, a affirmé à l'AFP un responsable des services de sécurité.
"Un sunnite et un alaouite ont été tués et 18 personnes ont été blessés lors des heurts qui se poursuivent depuis vendredi entre des gens du quartier de Jabal Mohsen (alaouite) et d'autres de Bab el-Tebbaneh (sunnite) à coups de tirs et de roquettes RPG", a indiqué ce responsable sous couvert de l'anonymat.
L'armée libanaise maintient une forte présence aux abords des deux quartiers, notamment près de la rue de Syrie qui sépare les deux secteurs.
La ville de Tripoli, majoritairement sunnite, a été le théâtre ces dernières années d'affrontements entre sunnites, qui soutiennent l'opposition libanaise hostile au président syrien, et alaouites loyaux au mouvement chiite libanais Hezbollah, allié de Téhéran et de Damas.
Il s'agit de l'incident le plus sanglant depuis juin, lorsque six personnes avaient été tuées dans des heurts entre pro et antisyriens à Tripoli à la suite de manifestations hostiles à Damas.
Vendredi, à Tripoli toujours, un Libanais et trois Syriens ont été tués dans l'explosion accidentelle d'un dépôt de munitions.
Les quatre hommes, qui ignoraient visiblement le contenu des caisses entreposées dans le dépôt qu'ils étaient en train de garder, avaient allumé un feu pour se réchauffer, ce qui a provoqué l'explosion et un incendie.
La révolte en Syrie, pays à majorité sunnite mais gouverné depuis 40 ans par le clan Assad issu de la minorité alaouite, fait craindre un débordement de la crise au Liban voisin, pays multiconfessionnel miné par les dissensions religieuses qui a déjà connu une guerre civile dévastatrice de 1975 à 1990.
© ANP/AFP
















