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samedi 18 mai  

Le Mali a un nouveau gouvernement resserré de techniciens et de militaires

Publié le 25 avril 2012 - 8:48pm
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Le nouveau Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, a formé mercredi un gouvernement resserré, composé en grande partie de techniciens et de militaires, qui aura la difficile mission de tenter de ramener la paix dans le Nord du pays occupé par des groupes armés.

Opposants et partisans du coup d'Etat militaire du 22 mars qui a renversé le régime du président Amadou Toumani Touré (ATT) ont désapprouvé ce gouvernement nommé par décret du président par intérim Dioncounda Traoré et de M. Diarra.

La nouvelle équipe est composée de 24 membres, dont trois militaires proches des soldats putschistes, et trois femmes, dont l'une est originaire du Nord. Les autres sont essentiellement des techniciens peu connus du sérail politique malien.

Sadio Lamine Sow, seul ministre d'Etat, chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a la particularité d'être proche du président burkinabé Blaise Compaoré dont il était jusqu'ici un des conseillers spéciaux à Ouagadougou.

Le président Compaoré joue un rôle majeur en Afrique de l'Ouest, en particulier comme médiateur dans la crise malienne et dans les négociations pour la libération d'otages occidentaux enlevés par des groupes islamistes armés, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique. Aqmi en retient neuf, dont six Français.

Les trois militaires proches de l'ex-junte sont le colonel-major Yamoussa Camara, nommé à la Défense, le colonel Moussa Sinko Coulibaly (Intérieur) et le général Tiéfing Konaté (Protection civile).

Le ministère de l'Economie, des Finances et du Budget revient à Tiéna Coulibaly, celui de la Fonction publique à Mamadou Namory Traoré.

Cheick Modibo Diarra, astrophysicien malien et américain de renommée internationale âgé de 60 ans, a été désigné Premier ministre de transition le 17 avril, cinq jours après l'investiture de Dioncounda Traoré, ex-président de l'Assemblée nationale, comme chef de l'Etat intérimaire.

"Rien de consensuel"

Leur nomination a suivi un accord entre la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et la junte militaire dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo qui avait renversé le président ATT, depuis réfugié à Dakar.

Il prévoit la mise en place d'un régime de transition jusqu'à l'organisation d'élections à une date non-précisée. Le coup d'Etat avait de facto annulé une présidentielle prévue le 29 avril à laquelle ATT, après dix ans de pouvoir, ne se représentait pas.

Pour le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch), le gouvernement de M. Diarra "a été formé en violation flagrante de l'accord-cadre", il "n'a rien de consensuel. Ce n'est pas un gouvernement d'union nationale".

Le FDR regrette notamment que "les militaires y occupent des postes clés au moment où l'accent est mis sur le retour effectif de l'armée dans les casernes".

Pour le Mouvement populaire du 22 mars (MP22, favorable au putsch), l'équipe de M. Diarra "n'est aucunement le gouvernement d'union nationale tel qu'appelé" par l'accord-cadre du 6 avril, et elle fait la part belle à "des hommes plus engagés auprès de chefs d'Etat étrangers et des institutions régionales et internationales que dans la vie politique malienne".

L'ex-chef des putschistes, le capitaine Sanogo, a assuré qu'il veillerait "personnellement" à ce que l'accord avec la Cédéao "soit respecté dans son intégralité", en mettant en garde "tous ceux qui seront tentés d'entraver son exécution".

La priorité du gouvernement Diarra sera de tenter de résoudre la crise dans le nord du Mali où, à la faveur du coup d'Etat, des rebelles touareg, des mouvements islamistes et divers groupes criminels, ont mené une offensive foudroyante et occupent depuis cette immense région aride.

Le mouvement islamiste Ansar Dine (défenseurs de la foi), appuyé par Aqmi, y a pris le dessus sur la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui a déclaré unilatéralement l'indépendance de ce territoire, unanimement condamnée.

Cheick Modibo Diarra s'est déclaré prêt à négocier avec ces groupes armés, mais a exclu toute discussion "avec le couteau sous la gorge".

La formation de son gouvernement est intervenue après une série d'arrestations la semaine dernière, dont des proches d'ATT.

© ANP/AFP
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