Le magnat des médias Rupert Murdoch s'est présenté mercredi matin devant une commission d'enquête britannique pour être entendu sur l'affaire des écoutes, au lendemain de l'audition de son fils James qui s'est révélée fort embarrassante pour le gouvernement.
Arrivé vers 10H00 du matin, le patron du groupe News Corp., englué depuis des mois dans ce scandale retentissant, devait témoigner toute la journée, et peut-être jeudi, devant la commission sur les médias chargée de faire la lumière sur ce dossier et de se pencher sur les pratiques de la presse.
L'octogénaire avait déjà dû répondre longuement à ses questions, en direct à la télévision, lors d'une première audition-fleuve en juillet, devant une commission parlementaire cette fois.
Il s'était alors employé à se dédouaner de toute responsabilité dans les écoutes pratiquées à grande échelle par un de ses anciens tabloïdes.
La comparution de son fils James, mardi, a été l'occasion de révélations embarrassantes sur les relations entre News Corp. et les conservateurs au pouvoir au Royaume-Uni, au point que certains journaux britanniques titrent mercredi matin: "La revanche des Murdoch".
Des courriers électroniques, adressés à James Murdoch par le directeur des affaires publiques de News Corp. et dévoilés devant la commission, ont révélé des contacts particulièrement nourris entre le groupe Murdoch et les conseillers du ministre de la Culture Jeremy Hunt.
Jeremy Hunt était chargé de se prononcer sur le projet ultrasensible de rachat de la totalité du bouquet de chaînes par satellite BSkyB par le groupe Murdoch, depuis abandonné.
James Murdoch a aussi reconnu avoir discuté avec le Premier ministre David Cameron du projet, "dans le cadre d'une petite discussion avant un dîner" le 23 décembre 2010.
Ces révélations ont conduit les travaillistes à réclamer la démission du ministre de la Culture et placé une nouvelle fois en position délicate le Premier ministre.
David Cameron avait déjà obligé de se justifier à plusieurs reprises ces derniers mois sur ses liens avec les Murdoch et les dirigeants de News of the World, le tabloïde au centre du scandale des écoutes.
Cet ex-fleuron de l'empire Murdoch est soupçonné d'avoir fait écouter quelque 800 personnes dans les années 2000 pour obtenir des scoops. Il a dû fermer l'été dernier à cause du scandale.
© ANP/AFP













