Les ministres des Finances de la zone euro envisagent un plan de sauvetage pour les banques espagnoles pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros, a confié samedi une source gouvernementale européenne.
La conférence téléphonique de l'Eurogroupe consacrée à l'Espagne a débuté comme prévu peu après 16H00 (14H00 GMT), selon une seconde source gouvernementale européenne.
"Il est question à ce stade d'un montant pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros mais cela n'est pas encore tranché", a déclaré cette source.
De son côté, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt avait indiqué un peu plus tôt qu'il était "question d'un chiffre dépassant les 80 milliards d'euros", dans une interview à la radio publique SVT.
"Il s'agira en fait d'un des plus grands sauvetages financiers de l'histoire récente", avait souligné M. Reinfeldt, dont le pays ne fait pas partie de la zone euro.
En échange d'une aide à ses banques en grande difficulté, la zone euro s'apprête à demander au gouvernement espagnol "d'assainir le secteur financier" , a aussi indiqué samedi à l'AFP une source gouvernementale européenne.
Il y a des conditions imposées au gouvernement espagnol, "mais elles ne porteront que sur l'assainissement du secteur financier", selon cette source, interrogée au moment où les ministres des Finances de la zone euro tenaient une conférence téléphonique sur l'Espagne.
Une source européenne avait expliqué à l'AFP ces derniers jours qu'"une partie de la conditionnalité pourrait concerner la législation bancaire" et notamment "le fait que la législation bancaire est nuisible, avec des prêts personnels à 50 ans".
Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy semble en effet résigné à demander cette aide pour ses banques, après avoir longtemps résisté, par crainte de se voir imposer un programme comme la Grèce qui irait de pair avec des conditions strictes dictées par ses bailleurs de fonds internationaux.
Si les conditions accompagnant le plan d'aide se limitent à l'assainissement du secteur bancaire, cela pourrait contenter le gouvernement espagnol, qui doit composer avec un chômage de masse et un dérapage des comptes publics.
Le Fonds monétaire international (FMI) a évalué vendredi à au moins 40 milliards d'euros les besoins de recapitalisation des banques espagnoles, mais un responsable du FMI a indiqué que les banques auraient vraisemblablement besoin de davantage pour s'assurer de l'existence d'un "pare-feu crédible", et qu'il faudrait une somme une fois et demie à deux fois supérieure à cette somme pour rassurer les marchés.
La directrice générale du FMI Christine Lagarde participait samedi à la réunion téléphonique de l'Eurogroupe.
© ANP/AFP













