Radio Netherlands Worldwide

SSO Login

More login possibilities:

Close
  • Facebook
  • Flickr
  • Twitter
  • Google
  • LinkedIn
Accueil
samedi 1 novembre  

Egypte: la justice continue de défier le président, qui cherche une issue

Publié le 26 novembre 2012 - 11:47pm
Archivé sous

Le président égyptien Mohamed Morsi devait voir lundi la hiérarchie judiciaire pour chercher une issue à la plus grave crise depuis son élection, mais les juges ont continué leur fronde en annonçant l'examen d'un recours contre les pleins pouvoirs de fait qu'il s'est octroyés.

Partisans et adversaires du chef de l'Etat islamiste en appellent également à la rue, avec des manifestations concurrentes prévues mardi à travers le pays, déjà secoué par des troubles qui ont fait deux morts depuis plusieurs jours.

Le ministre de la Justice, Ahmed Mekki, a laissé entendre que M. Morsi était disposé à restreindre le champ de ses décisions échappant à tout recours en justice, afin de calmer la colère des juges et de l'opposition.

Mais avant même le début de la rencontre entre M. Morsi et le Conseil suprême de la justice, prévue en fin d'après-midi, une cour administrative du Caire a annoncé qu'elle allait examiner le 4 décembre des demandes d'annulation du décret renforçant les pouvoirs du président.

Cette procédure défie les dispositions mêmes du décret présidentiel, qui interdit tout examen en justice des décisions du chef de l'Etat.

Place Tahrir au Caire, où un village de tentes est érigé depuis vendredi pour demander le retrait des mesures présidentielles, une banderole affirme "Interdit aux Frères musulmans", la formation islamiste dont est issu M. Morsi.

Les partisans du président ont participé par ailleurs aux obsèques d'un jeune islamiste tué la veille dans des heurts à Damanhour, dans le delta du Nil.

Les anti-Morsi se sont de leur côté rassemblés dans une mosquée de la place Tahrir pour les funérailles d'un militant mort dans la nuit de blessures reçues la semaine dernière.

Selon le ministre de la Santé, 444 personnes au total ont été blessées dans les affrontements des derniers jours.

Compromis

Le décret présidentiel permet également à M. Morsi --qui cumule déjà pouvoirs exécutif et législatif-- de prendre toute disposition qu'il jugerait nécessaire pour "la défense de la révolution", une formulation vague qui, pour ses adversaires, ouvre la voie à une dérive dictatoriale.

M. Morsi a aussi décidé que la Haute cour constitutionnelle ne pouvait plus examiner les recours contre la commission chargée de rédiger la future Constitution, déposés par de nombreux opposants dénonçant cette commission dominée par les islamistes.

L'une des figures du camp laïque et libéral, Mohammed ElBaradei, a exigé une nouvelle fois lundi le "retrait pur et simple" de ces mesures. "Nous sommes face à un président qui impose une dictature", a-t-il insisté dans un entretien au journal indépendant Al-Masry al-Youm.

En revanche, le ministre de la Justice a laissé entrevoir un compromis qui pourrait être discuté lors de la rencontre lundi entre M. Morsi et le Conseil suprême de la justice.

M. Mekki a évoqué l'introduction d'un "amendement" qui préciserait que seules ses "pouvoirs souverains" ne pourraient faire l'objet d'un recours, pas les simples décisions administratives.

Le président est de son côté intervenu dimanche pour répéter que ses pouvoirs exceptionnels étaient "temporaires" et cesseraient avec l'adoption d'une nouvelle Constitution, qui doit être rédigée d'ici la mi-février et soumise à référendum, et l'élection dans la foulée d'une nouvelle Assemblée.

Ses partisans soulignent que ces pouvoirs doivent lui permettre de mettre en oeuvre les réformes politiques, sociales et économiques indispensables pour réaliser les promesses portées par le soulèvement anti-Moubarak et abréger une période de transition jugée trop longue et chaotique.

La Bourse du Caire, qui avait perdu 9,6% dimanche, a repris des couleurs lundi avec une progression de 2,6% en clôture.

L'Allemagne a exprimé lundi son "inquiétude" et souhaité que l'Egypte tienne le cap d'une évolution "démocratique". Les Etats-Unis et l'Union européenne notamment ont également exprimé des préoccupations similaires ces derniers jours.

© ANP/AFP
  • Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi a maintenu lundi le décret ...
FacebookTwitterYou tubeSoundcloud

RNW Afrique sur Facebook

Programme radio

Vidéos à vous recommander