La ministre pakistanaise des affaires étrangères était mercredi en visite en Afghanistan pour raviver les relations tendues entre les deux voisins, au moment où un rapport secret de l'Otan accusant le renseignement pakistanais de soutenir les talibans afghans paraît dans la presse britannique.
Hina Rabbani Khar doit rencontrer son homologue afghan Zulmaï Rasoul et le président Hamid Karzaï.
Cette visite doit "marquer une nouvelle phase dans les relations de coopération entre les deux pays", avait souligné dimanche la diplomatie afghane.
Kaboul soupçonne ouvertement le Pakistan de soutenir les talibans afghans qui entretiennent des bases arrières dans les zones tribales frontalières et dont le commandement suprême, dirigé par le mollah Omar, est réputé être hébergé dans la région de Quetta, dans le sud-est du Pakistan.
Les officiers de l'ISI, les tout-puissants services secrets pakistanais, "soutiennent la nécessité de poursuivre le jihad et l'expulsion des envahisseurs étrangers d'Afghanistan", affirme le rapport de l'Otan sur "l'état des talibans", auquel ont eu accès la BBC et le quotidien The Times.
Il révèle notamment que le Pakistan et l'ISI connaissent les lieux de résidence des plus hauts dirigeants talibans, d'après ce texte, qui, selon la BBC, est le fruit de 27.000 interrogatoires de plus de 4.000 prisonniers talibans et membres d'Al-Qaïda et de combattants et civils étrangers.
"Les talibans ont certes reçu des coups sévères en 2011, mais leur force, leur motivation, leur financement et leur capacité restent intacts", ajoute le document, d'après The Times qui, dans un éditorial affirme que le Pakistan est en train "d'entraver activement la réconciliation" entre les talibans et Kaboul.
La visite de la ministre pakistanaise intervient après que son pays eût accepté de reprendre les discussions avec l'Afghanistan au sujet des talibans, interrompues après l'assassinat en septembre à Kaboul de l'ex-président afghan Burhanuddin Rabbani, nommé par M. Karzaï pour mener les négociations avec les talibans. Kaboul avait un temps accusé Islamabad d'être derrière le meurtre.
"L'Afghanistan a besoin d'un effort sincère de son voisin en direction des négociations de paix", selon le ministère des Affaires étrangères afghan.
Les talibans ont accepté début janvier d'ouvrir un bureau de représentation au Qatar pour négocier avec les Etats-Unis. L'ouverture d'un deuxième front de discussions en Arabie saoudite serait poussé par le gouvernement afghan, qui se sent exclu de ce processus.
© ANP/AFP
















