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Harare, Zimbabwe
Harare, Zimbabwe

Zimbabwe : débat sur la stérilisation forcée

Publié le : 2 novembre 2012 - 9:49am | Par Rédaction Afrique (Photo : Flickr/DFID)
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Législation sur l'avortement

Le Zimbabwe ne reconnaît dans sa législation que trois raisons pour avorter : l’inceste, le viol ou si la grossesse risque de mettre la vie de la mère en danger.

Au Zimbabwe, les mères et les futures mères atteintes du VIH étaient autrefois forcées de se faire stériliser. Sous prétexte de sauver des vies, la procédure était considérée comme l’unique moyen d’empêcher de transmettre le VIH aux bébés qui devaient naître ou venaient de naître. Aujourd’hui, les choses ont changé. Grâce à de nouveaux moyens de prévention, les mères ont bien plus d’espoirs d’avoir un bébé en bonne santé. Par ailleurs, certaines Zimbabwéennes stérilisées cherchent maintenant à obtenir une indemnité du gouvernement.

Garikai Chaunza, Harare

"Quand je suis tombée enceinte, sachant que j’étais séropositive, je suis allée voir le médecin pour le consulter. Mais à l’époque, parce que je n’avais aucune information et très probablement parce que mon médecin n’en avait pas non plus, on m’a dit que le meilleur moyen était de me faire stériliser", dit Tendai Westerhof.

Tendai Westerhof a été stérilisée au début des années 1990. Aujourd’hui, elle se sent dupée et demande au gouvernement une indemnité pour ce qu’elle a vécu.

"Maintenant, je ne peux plus avoir d’enfants – alors que si on m’avait donné le choix, même si j’étais séropositive, j’avais le droit de donner naissance à un enfant en bonne santé, et il y avait d’autres choix que je pouvais faire. Il y a eu beaucoup de femmes atteintes du VIH qui ont été forcées de se stériliser."

L’histoire de Tendai Westerhof n’est pas un cas isolé, on pense qu’il existe de nombreuses femmes séropositives qui ont été stérilisées sans leur consentement. On disait alors aux mères que si elles donnaient naissance, elles accoucheraient d’un bébé séropositif. La plupart des cas de stérilisation au Zimbabwe se sont produits entre 1985 et 2004, même après l’introduction au milieu des années 1990 du programme de Prévention de transmission de la mère à l’enfant (PMTC). La procédure avait lieu dans les centres de santé aussi bien privés que publics.

Mobilisation
La Pan African Positive Women’s Coalition, une organisation représentant les femmes atteintes du VIH, étudie actuellement ce genres de cas au Zimbabwe afin d’établir le nombre véritable de victimes de stérilisation. Elle a l’intention de présenter ses témoignages aux tribunaux, pour exiger des indemnités de la part du gouvernement.

"Nous avons vu une augmentation du nombre de femmes atteintes du VIH forcées de se stériliser dans la région et nous supposons que la même chose se produit avec d’autres femmes pauvres. C’est un véritable défi. Nous prêtons assistance aux femmes dans la région afin d’assurer que leur droit de donner naissance malgré leur séropositivité soit observé et respecté", dit Promise Mthembu, coordinatrice régionale de la Communauté internationale des femmes vivant avec le VIH.
Son organisation recueille les preuves de femmes séropositives stérilisées depuis 1998, quand Promise Mthembu a ouvert une enquête en Namibie.

Mais pas tout le monde ne soutient cette cause. Owen Mugurungi, le directeur du Programme de prévention contre le sida, le VIH et la tuberculose au ministère de la Santé et du Bien-être des enfants, nie que le gouvernement ait adopté la stérilisation comme méthode pour empêcher la transmission du VIH de la mère à l’enfant.

"En tant que pays, nous n’avons jamais recommandé la stérilisation, jamais. La stérilisation était une option des méthodes du planning familial après le consentement de la partie concernée. Par exemple, on l’utilisait dans le cas d’une mère de quatre ou cinq enfants qui apprenait plus tard qu’elle était séropositive. On demandait à la mère de considérer cela comme un moyen de planning familial", déclare le Dr Mugurungi.

Affirmant être occupé, le Dr Mugurungi n’a pas pu donner de plus amples commentaires.

Prolifération
Entretemps, le programme de Prévention de transmission de la mère à l’enfant (PMTC) offre l’un des moyens les plus efficaces pour empêcher la transmission du VIH de la mère à l’enfant. La mère doit suivre un long traitement d’antirétroviraux et éviter l’allaitement, ce qui réduit le risque à moins de 2%. Selon l’Organisation mondiale de la santé, depuis 1995, c’est-à-dire depuis l’introduction du PMTC, des centaines de milliers d’enfants à travers le monde ont évité d’être atteints du VIH grâce à une prophylaxie antirétrovirale.

"Quand je vais me marier, je vais suivre le PMTC pour accoucher d’un enfant en bonne santé", dit Judith Feremba, qui vit avec le VIH et qui a l’intention de se marier en décembre. "Il est tout à fait possible pour moi d’avoir un enfant en bonne santé grâce aux informations disponibles. Personnellement, j’ai confiance de pouvoir tomber enceinte et d’accoucher d’un bébé en bonne santé. Je suis consciente que c’était difficile pour nous de tomber enceintes avant l’introduction du PMTC, étant donné que nous n’avions pas d’information."

Rosa Chimbindi est un autre exemple vivant des bienfaits potentiels. Elle se rappelle la façon dont elle a vécu le programme : "Je suis une mère séropositive qui est tombée enceinte et a donné naissance à un bébé en bonne santé en 2008. Après la naissance, je n’ai pas allaité mon bébé, en raison des informations sur le PMTC que m’ont données des responsables de centres de santé. Je ne l’ai pas allaitée, par crainte qu’elle n’attrape le virus. Mon bébé a été testé et est séronégatif."

Et Rosa Chimbindi d’ajouter : "Au moment même où nous parlons, mon bébé est en bonne santé."

Demain, un autre article sur les femmes séropositives en Afrique : Séropositive et heureuse d'être maman
 

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