Radio Netherlands Worldwide

SSO Login

More login possibilities:

Close
  • Facebook
  • Flickr
  • Twitter
  • Google
  • LinkedIn
Accueil
mercredi 22 mai  
Une victime de viol accueillie dans un hôpital à Goma
Portrait de Michel Walraven
Map
Hilversum, Pays-Bas
Hilversum, Pays-Bas

Viols RDC : un ancien commandant néerlandais s’exprime

Publié le : 9 septembre 2010 - 11:56am | Par Michel Walraven (Photo: AFP/Roberto Schmidt)
Archivé sous

Le général néerlandais Patrick Cammaert, l’ancien Commandant de division de la MONUC en RDC, estime que les Nations unies ont failli à leur mission en ne réagissant pas aux viols collectifs rapportés dans la région.

Des femmes et des enfants ont été récemment victimes de viols collectifs. Par ailleurs, certains violeurs ont inséré leurs mains dans les parties génitales des femmes à la recherche d’or.

Mardi dernier, le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Atul Khare, a reconnu que plus de 500 cas de viols collectifs avaient été signalés en juillet et août dernier – soit plus du double de ce qui avait été annoncé précédemment. Les Nations unies étaient au courant des viols, estime le général Cammaert, mais ont failli à leur mission :

"La mission avait été prévenue qu’il se passait quelque chose dans l’un des villages, qu’une femme avait été violée et que quelques jours plus tard d’autres l’avaient été également. Et pour une raison ou une autre, l’information n’a pas été correctement traitée et n’a pas entraîné des actions de la part des militaires de la mission".

Les Nations unies ont accusé plusieurs groupes armés, dont les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les Maï Maï Cheka, qui pour des raisons économiques maintiennent l’instabilité dans la région.

Escouades

Face à l’étendue de la région et la densité de la végétation dans l’est de la RDC, les troupes de l’ONU ont du mal à contrôler toute cette région. Selon des témoignages, les escouades de violeurs se cachaient dans les forêts et attaquaient les villages dès que les Casques bleus retournaient à leur base.

L’un des récents viols de masse a été perpétré pendant plusieurs jours dans la localité de Luvungi, située à une trentaine de kilomètres du camp des Casques bleus à Kibua, dans le Nord-Kivu. Au moins 242 femmes et enfants ont alors été violées. C’était deux semaines avant que l’Organisation des Nations unies ne soit mise au courant de l’attaque.

"Une trentaine de kilomètres – dans cette région, dans ce genre d’environnement et ce genre de terrain – c’est beaucoup. Avec trente kilomètres de terrain inhospitalier, il peut se produire un tas de choses pas très loin que vous ne remarquez pas. Mais si vous disposez d’informations, vous devez surmonter la distance en utilisant des hélicoptères etc. Et c’est quelque chose qu’il aurait fallu faire."

Opérations nocturnes

Selon les forces de maintien de la paix en RDC, il est nécessaire de surprendre les insurgés en lançant des opérations nocturnes et plus éloignées de leurs camps que d’habitude. Patrick Cammaert précise que les opérations de ce genre sont maintenant plus fréquentes.

Mais le terrain n’est pas la seule chose à laquelle se heurtent les Nations unies. Il faut aussi améliorer la communication – même quand les viols sont perpétrés à large échelle, les populations qui en ont été victimes répugnent à en parler. Patrick Cammaert :

"Il est très important de rompre le silence autour de ces crimes horribles. Les femmes qui ont été victimes de viols répugnent à en parler à des hommes, en plus à des hommes en uniforme. Mais à la longue les forces de maintien de la paix devront établir une certaine confiance et faire appel à des collègues civiles femmes et des femmes soldats qui sont formées pour surmonter ce genre de problèmes. "

Arme ou guerre

Certains auteurs de viols – dans des vidéos sur YouTube – déclarent, pour se justifier, que le viol est tout simplement une autre arme de guerre, une façon de maintenir l’instabilité dans l’est de la RDC, généralement pour des raisons économiques. Cette attitude ne fait que s’ajouter aux difficultés auxquelles font face les Nations unies et est la raison pour laquelle les Nations unies pressent le gouvernement congolais d’œuvrer davantage pour poursuivre en justice les auteurs de viol et de les ajouter à la liste des personnes recherchées par la Cour pénale internationale. Selon Patrick Cammaert, le gouvernement porte une lourde responsabilité également et un trop grand nombre de violeurs peuvent se déplacer librement en RDC.

 

Recommandés

Placez votre commentaire

Pour une plus grande compréhension, l’usage du français est la règle. Nous accueillons tous types de discussions, mais, attention, nous n’acceptons pas les propos racistes, sexistes, diffamatoires, injurieux ainsi que les commentaires publicitaires.

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <p> <br>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage