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mercredi 22 octobre  
Prostituée bavardant avec un camionneur au Botswana
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Pandamatenga, Botswana
Pandamatenga, Botswana

Vendre son corps pour nourrir la famille

Publié le : 22 mars 2011 - 5:20pm | Par (Photo : Lotte Vermeij)
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Alors que le soleil se couche, Posha, 15 ans, inspecte l’aire de stationnement du restaurant routier de Pandamatenga, un lieu populaire dans le nord du Botswana.

Lotte Vermeij, Pandamatenga, Botswana

On est dimanche, la nuit la plus fréquentée de la semaine. Au moins une quarantaine de camions sont alignés en stationnement sur l’aire de repos bordant la A33, l’une des voies de transport principales en Afrique australe. La plupart des camionneurs s’accordent une pause bien méritée au cours de leur long voyage qui les mène de l’Afrique australe à l’Afrique centrale. Posha les regarde d’un air assuré. Elle est décidée : "Cette nuit, je vais me faire pas mal d’argent."

Aider la famille
Posha travaille sur cette aire de stationnement depuis un an et sait exactement quoi faire. Elle y a été envoyée par sa mère afin de pouvoir aider sa famille à se faire un peu plus d’argent. Cependant, pas en vendant des produits frais de la petite ferme de ses parents. Mais en vendant son corps aux camionneurs. Et Posha n’est pas la seule enfant à se prostituer en cet endroit. Au milieu d’autres femmes plus âgées, au moins sept adolescentes, court vêtues, sont en train de bavarder avec des camionneurs.

"La prostitution infantile est un gros problème à Pandamatenga, dit Domesani, un travailleur social. "Le village de petits cultivateurs a connu de mauvaises récoltes en raison du changement climatique. Et à bout de désespoir les mères ont décidé d’envoyer leurs filles à l’aire de stationnement. La population a faim et les filles doivent aider leurs parents à survivre en vendant leurs corps en l’absence d’autres possibilités."

Des camions sur une aire de repos à Pandamatenga
Des camions sur une aire de repos à Pandamatenga

N’y a-t-il donc vraiment rien d’autre que puissent faire les filles pour se faire un peu d’argent ? Gêné, Domesani secoue la tête : "Nous avons essayé d’offrir aux filles une formation professionnelle, afin qu’elles puissent apprendre à coudre et vendre les vêtements qu’elles ont faits. Mais les filles ne pouvaient pas gagner leur vie de cette façon, étant donné que la plupart des villageois ne peuvent se permettre de nouveaux vêtements. Au bout de quelques semaines, j’ai retrouvé toutes les filles à l’aire de stationnement des camionneurs, reprenant leurs vieilles habitudes et bavardant avec les camionneurs. La prostitution est la seule façon pour elles d’être sûres de se faire suffisamment d’argent dans cette région."

Risques élevés de contamination
Cependant, ces habitudes font courir des risques importants à la santé de ces filles, selon le travailleur social expérimenté. "Les camionneurs sont connus pour coucher avec de nombreuses prostituées durant leurs trajets et ils refusent souvent d’utiliser des préservatifs ou deviennent agressifs. Le nombre de personnes atteintes du VIH est extrêmement élevé parmi eux". Posha le reconnaît : "J’avais l’habitude d’avoir des préservatifs sur moi, mais les chauffeurs refusaient de me payer si j’insistais pour qu’ils en mettent. Certains même devenaient agressifs si je parlais uniquement de protection. J’ai continué à essayer au début, mais j’ai été trop souvent frappée par des camionneurs en colère. Ensuite je ne pouvais plus travailler pendant quelques jours et je ne me faisais pas d’argent. En voyant ma famille avoir faim, je ressentais une telle pression que j’ai renoncé à utiliser des préservatifs et maintenant je prie seulement de ne pas tomber malade. Au moins, je peux me faire suffisamment d’argent maintenant."

La jeune fille sait qu’elle court des risques : deux de ses amies adolescentes se sont retrouvées séropositives après avoir commencé à travailler à l’aire de stationnement et elles ne sont certainement pas les dernières. "Je sais que je prends des risques, mais je ne peux rien y faire, dit-elle. Je dois aider mes parents à survivre et c’est seulement en vendant mon corps que j’y arrive." Malheureusement, Posha n’est pas la seule à faire face à cet impossible dilemme. C’est le sort de bien des jeunes filles et femmes de se prostituer au Botswana, et l’on trouve des histoires similaires dans de nombreux petits villages qui bordent les routes qui vont de l’Afrique australe à l’Afrique centrale.
 

Second volet sur la prostitution infantile en Afrique. Hier, mardi 22 mars 2011, la Côte d'Ivoire.

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