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Une journaliste de Spirit FM, radio du Soudan du Sud
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Djouba, Soudan du Sud
Djouba, Soudan du Sud

Une loi sur les médias qui se fait attendre

Publié le : 25 janvier 2013 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (Photo : folkehjelp/flickr)
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Depuis l’indépendance du Soudan du Sud, des journalistes sont régulièrement emprisonnés. Souvent jeunes, ils sont accusés de propager des rumeurs et de diffuser de fausses informations. Une législation sur les médias pourrait arranger les choses.

Par Anne Haaksman de Koster, Djouba

Il est 9 heures du soir, Peter Louis est assis derrière un petit bureau, entouré pas des appareils photos et tout un tas de câbles. La mise à jour qu’il effectue va encore prendre du temps, mais il finira tout de même ce travail pour lequel il n’est pas payé. Les 290 membres de la page Facebook Journalists of South Sudan – JOSS, comptent sur lui.

"Avant d’avoir créé cette page, personne ne savait où et quand il y avait des conférences de presse, ou des événements intéressants en cours. Tout le monde devait s’appeler par téléphone pour avoir des informations", dit Peter.

Peter Louis s'occupe de la page facebook des journalistes du Soudan du Sud
Peter Louis s'occupe de la page facebook des journalistes du Soudan du Sud

La page JOSS sert aussi de forum pour parler "des questions éthiques et des défis de la profession." L’un des sujets, en particulier, est le besoin d’une loi sur les médias. "Il y a encore beaucoup de harcèlement de journalistes, c’est pourquoi il important d’avoir une loi pour empêcher ce genre de chose. Même si une loi ne peut pas tout résoudre."

Savoir-faire et éthique
Pour répondre à leurs défis — censure et autocensure, surtout —, certains journalistes demandent plus qu'une loi ; ils demandent aussi des formations. Agele Benson Amos, qui travaille pour Spirit FM et qui est à la tête de la section de Yei de l’Union des journalistes du Soudan du Sud (UJOSS), est l’un d’entre eux. Avec 5 ans d’expérience sur le terrain, il enseigne maintenant volontairement le journalisme à un groupe de 30 jeunes.

"La connaissance et la pratique sont nécessaires. Sinon, il peut arriver que des articles ne soient pas équilibrés, ou que des sujets difficiles soient mal traités. Cela peut causer des problèmes", dit Agele. "Je veux donner une opportunité aux autres, et je veux aider à construire le secteur des médias. Aujourd’hui, il n’y a ni loi sur les médias ni école de journalisme, mais les journalistes ont besoin d'un certain savoir-faire et  doivent suivre l’éthique du métier."

A présent, le Parlement du Soudan du Sud travaille sur la Broadcasting Corporation Bill, la Media Authority Bill et le Right to Access to Information Bill. Mais tout cela avance très doucement. Tant qu’il n’y aura pas de loi, le climat contre les journalistes restera le même.

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Dans les couloirs de la loi
Les premières rencontres pour l’adoption d’une législation sur les médias ont commencé juste avant la fin de la guerre civile au Soudan, en 2005. Des organisations internationales, comme le Danish International Media Support (IMS) et le Norwegian People’s Aid (NPA), ont pris part aux discussions. Mais, même si une première écriture de la loi a atteint le Parlement de transition, cela n’a guère été plus loin.

Pendant des années, la loi sur les medias est restée en suspens. Des questions comme la diffamation sont restées indéfinies. Les dirigeants du Soudan du Sud, qui sont en partie des anciens combattants de l’Armée populaire pour la libération du Soudan (APLS), ne savaient pas comment gérer les médias. Et les journalistes sans expérience ne connaissaient pas leurs droits et leurs obligations.

"Quand j’ai été nommé en 2011, le ministre de l’information de l’époque m’a demandé de recommencer le processus", explique l’actuel ministre de l’information, Atem Yaak Atem, un ancien journaliste radio de l'APLS et fondateur du Pioneer, un hebdomadaire indépendant. Selon lui, un comité a visité le Kenya et d’autres pays d’Afrique de l’Est pour comparer les différentes lois et demander conseil.

De puissants médias
Le ministre reconnait que les organisations internationales et les journalistes locaux qui osent s’exprimer peuvent influencer le processus. Aussi, il se pose des questions sur la qualité des médias créés à l’époque de l’indépendance. Pour lui, ces nouveaux journaux et ces nouvelles radios ne sont pas professionnels et manquent de qualité. "Seuls de puissants médias peuvent informer notre peuple et peuvent combattre les faibles et corrompues institutions que nous avons, analyse Atem Yaak Atem. Mais laissons une chance à chacun. Certains iront mourir sur le bord de la route, d’autres deviendront plus forts."

Le rédacteur en chef Mathiang Cirillo forme ses journalistes sur le tas
Le rédacteur en chef Mathiang Cirillo forme ses journalistes sur le tas

Mathiang Cirillo a 26 ans, et il essaye de saisir sa chance. Il est le rédacteur en chef du quotidien en arabe, Almasir, basé à Djouba. La moitié de ses 10 journalistes sont formés sur le tas.

Début 2012, l’un d’entre eux a été arrêté et emprisonné pendant 2 semaines sans inculpation. Mathiang Cirillo qualifie cela de "signe négatif pour la liberté d’expression dans le pays." Imaginant comment les choses auraient pu autrement se passer, il dit : "La loi sur les médias aurait servi de cadre à ce cas. Maintenant nous recherchons la médiation. Almasir traite donc de tout sauf des choses liées aux questions de sécurité de l’Etat,  parce que si nous ne faisions, nous ne serions pas protégés."

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