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dimanche 21 septembre  
Phiona Mutesi
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Kampala, Ouganda
Kampala, Ouganda

Une jeune joueuse d'échecs ougandaise crée la surprise

Publié le : 11 juillet 2011 - 11:41am | Par Arne Doornebal (Photo : Arne Doornebal)
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A l’âge de 15 ans, l’Ougandaise Phionah Mutesi est devenue la meilleure joueuse d’échecs de son pays. Issue du bidonville de Katwe, elle n’arriverait jamais aussi loin, pensait-on. Grâce aux échecs, elle fréquente aujourd’hui un bon établissement scolaire et voyage à l’étranger pour représenter son pays.

Même si elle se lève à 4 heures du matin, Phionah Mutesi est pleine d’énergie. Avec une vingtaine d’autres étudiants, elle s’exerce aux échecs dans le réfectoire du collège St. Mbuga. "Les échecs m’ont surprise, dit-elle. C’est un jeu agréable qui peut servir à apprendre les mathématiques. Il m’a aussi offert diverses opportunités, par exemple visiter d’autres pays". Phionah et ses amis ont une heure pour s’exercer avant que des centaines d’élèves n’envahissent le réfectoire. La question "Qu’est-ce qu’on mage aujourd’hui ?" ne s’applique pas à eux : le menu est le même tous les jours : des haricots et du posho, la nourriture de base en Afrique de l’Est faite de maïs.

Talent exceptionnel
Les longues journées dans le pensionnat semblent êtres rudes, mais Phionah est contente d’être ici. "On ne peut pas arriver en retard et on a beaucoup de temps pour réviser nos cours", dit-elle. Les enfants qui vivent ici ne sont pas importunés par les divers membres de leurs familles qui leur demandent de faire toutes sortes de choses à la maison. "Notre maison était habituellement inondée quand il y avait des pluies torrentielles", poursuit-elle. La vie au collège St. Mbuga semble être le paradis, comparée aux pauvres conditions qu’elle a connues à la maison, où sa mère essaie de joindre les deux bouts en vendant sur le marché.

Si Phionah veut quelque chose, c’est en général qu’elle le veut vraiment. Un jour, elle a suivi son frère aîné parti jouer aux échecs. "Elle a refusé de rentrer chez elle et a commencé à s’exercer aux échecs à l’âge de 10 ans", dit son entraîneur Robert Katende. Ce dernier, âgé de 28 ans, apprend le jeu d’échecs aux enfants de Katwe depuis sept ans. Après des discussions passionnées, il a réussi à faire participer ses équipes d’enfants de bidonvilles aux mêmes tournois que ceux des écoles réservées aux élites. Bien que n’ayant ni livres ni programmes d’échecs numériques, ses élèves ont battu les enfants des élites et ont été envoyés au Sud-Soudan pour un tournoi de jeunes. "Phionah a un talent exceptionnel, dit Robert Katende. Les deux garçons et elle sont revenus du Soudan sans avoir perdu une seule partie d’échecs."

Lits et matelas

Après le tournoi au Sud-Soudan, Phionah avait besoin d’adversaires plus compétitifs que des enfants. Elle s’est inscrite à un tournoi de qualification pour l’Olympiade d’échecs, un tournoi international semestriel, en Sibérie. "A la surprise générale, elle s’est qualifiée pour joindre l’équipe ougandaise et elle a passé plus de deux semaines en Russie pour participer à l’Olympiade", se souvient Katende. "J’étais nerveuse", admet Phionah. La fille du bidonville venait de rentrer d’un long vol, après avoir séjourné dans des hôtels qu’elle ne pouvait même pas imaginer et elle était suivie maintenant par une équipe de télévision néerlandaise. Elle a perdu quatre parties, fait deux matches nuls et gagné une fois.

"En rentrant de Russie, je suis devenue championne d’Ouganda", raconte-t-elle en souriant. Cette victoire était plus douce que toutes les victoires précédentes, car elle lui a fait gagner un demi-million de shillings ougandais (150 euros). "Ma mère n’arrivait pas à y croire. Nous avons utilisé l’argent pour acheter des lits et des matelas, nous n’avons plus à dormir par terre !" Phionah s’entraîne maintenant pour la prochaine Olympiade, qui aura lieu en 2012. Entre-temps elle continue à étudier. "Je viens de rentrer au collège, donc tout va bien. Plus tard, je veux être médecin."
 

  • Joueurs d&#039;échecs au collège St. Mbuga<br>&copy; Photo : Arne Doornebal - http://www.rnw.nl/afrique
  • Phionah Mutesi et son entraîneur Robert Katende<br>&copy; Photo : Arne Doornebal - http://www.rnw.nl/afrique
  • Phionah Mutesi <br>&copy; Photo : Arne Doornebal - http://www.rnw.nl/afrique

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