La semaine passée, la frégate néerlandaise Tromp a fait un grand coup de ménage chez les pirates somaliens, qui, au milieu de l’océan Indien, étaient à la recherche d’un gras butin. Le Tromp a intercepté trois groupes de pirates dans cet endroit dénommé "Le bassin somalien".
L’opération "Sweeping Broom" (coup de balai) donne un cachet supplémentaire à ce grand ménage, étant donné qu’un balai est hissé à bord après chaque action réussie. Cette tradition a été fondée par celui qui a donné son nom au navire, Maarten Harpertzoon Tromp, un amiral de la marine hollandaise du XVIIème siècle.
Questions-réponses :
Comment découvre-t-on les pirates ?
La plupart du temps, c’est une annonce provenant d’un navire de commerce qui donne l’alerte. Dans ce cas, il s’agissait du bateau allemand Lübeck. La direction de l’opération anti-pirate de l’UE, Atlanta, envoie deux avions-pirates (un exemplaire suédois et un autre luxembourgeois), et charge le commandant du Tromp, le lieutenant-colonel Hans Lodder, de se diriger le plus vite possible vers l’endroit probable où sont localisés les pirates.
Comment sont-ils pris ?
Le Tromp a utilisé toute une panoplie de moyens pour arrêter les trois groupes de pirates : L’hélicoptère Lynx, avec son mitrailleur, qui oblige les embarcations des pirates à s’arrêter.
Le canon de bord, qui envoie des tirs lourds depuis la proue avec les mêmes intentions.
Les équipes à bord des Forces spéciales du Corps des mariniers qui, à l’aide de bateaux pneumatiques rapides, se saisissent des pirates.
Et ensuite ?
Les armes et autres moyens d’attaque (échelles, par exemple) des supposés pirates sont jetés par dessus bord. Les petits bateaux d’attaque (skiffs) sont détruits. Dans l’un des cas, les pirates ont été envoyés vers les Seychelles avec leur bateau restant, où les attendent les garde-côte de pied ferme. Les autres pirates sont prisonniers à bord du Tromp, sont auditionnés, et seront envoyés en Somalie avec l’un de leurs bateaux dès que possible.
Ne sont-ils pas jugés ?
Quelquefois oui, quelquefois non. L’objectif de l’opération Atlanta n’est pas de porter les pirates devant la justice, mais d’éviter le détournement de navires de commerce. Un jugement en bonne et due forme n’est possible qu’en cas de flagrant délit et dans un pays qui veut bien juger les pirates. En soi, il n’est pas interdit d’être en mer avec des armes et des échelles, même si ce chargement est pour le moins suspect. Le Kenya et les Seychelles se sont déclarés prêts à juger les pirates somaliens mais rencontrent des problèmes de logistique. En outre, ils ont besoin d’une partie plaignante (difficile à trouver avec les bateaux battant pavillons de Panama, du Liberia, ou des obscurs St. Kitt et Nevis). Et il faut des témoins. Plus d’un armateur hésite avant d’envoyer son capitaine ou plusieurs hommes d’équipage une semaine ou plus en congé pour se rendre au tribunal. Time is money…
Les pirates se découragent-ils ?
Non, car la piraterie reste un business très lucratif avec lequel on peut gagner des millions. Il faudrait faire stationner encore plusieurs centaines de frégates dans l’océan Indien, mais les gouvernements n’en ont pas l’intention, ou pas les moyens. De plus, dans le Golfe d’Aden, le nombre de détournements à succès a fortement baissé. Il y est installé un corridor de transit pour la marine marchande qui est bien gardé.
Liens :
EUNAVFOR http://www.eunavfor.eu
Operation Ocean Shield (OTAN) http://www.shipping.nato.int/CounterPir
MSC(HOA) http://www.mschoa.org
Lieutenant-colonel Lodders sur Twitter: COTromp
(courte) vidéo des tirs d’avertissement


















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