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Bamako, Mali
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Un Malien au Mondial 2010 : Koman COULIBALY

Publié le : 12 février 2010 - 6:06pm | Par Rédaction Afrique (arbitrage foot)
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Le Mali n’a pas réussi à se qualifier pour la première Coupe du Monde en terre Africaine, mais le pays sera représenté par un trentenaire qui avait abandonné le football pour le volley. Koman COULIBALY,  sera sur la pelouse à côté des grands noms du ballon rond mondial en Afrique du Sud en juin et juillet 2010 en tant que membre du corps arbitral de la FIFA.

 

Par Aminata Mariko

 

« C’est après un long processus de test subit à Zurich et à Las palmas que nous avons été choisis. Nous avons passé des tests physique, techniques, psychologiques, de concentration, d’anglais et de connaissances des règles du football pour arriver à ce stade» confie-t-il.

 

Passion

 

Koman COULIBALY, arbitre atypique au service du football mondial, a fait ses débuts sur la pelouse en tant que joueur. « J’ai arrêté le football parce que je me suis senti trop vieux pour devenir une star dans cette discipline. Je suis parti faire du volley-ball, sport qui ce s’est pas non plus développé au Mali. Finalement, j’ai été impressionné par la sécurité entourant les arbitres au Stade Omnisports Modibo Kéita de Bamako (l’un des premiers stades Omnisports du Mali). Les policiers formaient une haie d’honneur avec des boucliers en vitre pour conduire les arbitres dans les vestiaires. C’était à la fin d’un match de championnat de ligue 1 de football. J’ai beaucoup aimé cette protection impressionnante des arbitres qui a suscité mon intérêt. C’est de là qu’est partie ma passion pour l’arbitrage du football. Je voulais aider cette discipline d’une manière ou d’une autre » a-t-il déclaré.

 

 

Aujourd’hui âgé de 39 ans et mesurant 1m80 pour 73 kg, (poids maximum autorisé pour les arbitres par les instances dirigeantes du football), cet inspecteur des services économiques est devenu arbitre international après un passage peu remarqué sur le terrain comme footballeur dans son jeune âge. Il a mis tout son talent au service de cette passion et a très vite appris les règles de son métier : « c’est en trois samedis que j’ai appris 8 des 14 lois de l’arbitrage. Suivant les conseils d’un ami, je me suis rendu au Ministère de la Jeunesse et des Sports du Mali pour voir feu Cheick Oumar Dia qui était alors l’instructeur des arbitres. Avec son soutien, j’ai vite maîtrisé toutes les lois. J’ai terminé premier au test », se souvient-il. On était en 1994.

Cette réussite a sans doute marqué un tournant décisif dans la carrière d’arbitre de Koman COULIBALY. Il a successivement gravi tous les échelons : arbitre du District de Bamako, la capitale du Mali, puis de Ligue 1 du championnat national et enfin juge fédéral en 1999

 

L’international malien est plus tard sollicité pour diriger des rencontres internationales comme celles de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et celles de la Coupe du monde.

 

Pas de droit à l'erreur

 

Koman COULIBALY a arbitré des matches de la coupe du monde juniors de Corée, puis d’Egypte en 2007, de la CAN 2008 au Ghana ou encore de la Coupe du Monde des cadets en 2009 au Nigeria. Ses performances lors des différentes compétitions internationales lui ont valu d’être retenu parmi les 5 arbitres africains sélectionnés pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud. Il a également été retenu pour arbitrer les matches de la CAN d’Angola en 2010. Pour ce mondial, les arbitres ont reçu plusieurs consignes de la FIFA. En plus de la protection des joueurs et du jeu, ils sont appelés à appliquer strictement les règles de ce sport : « vous n’avez pas le droit à l’erreur. C’est la consigne ferme que donne la FIFA à l’approche de chaque match » rappelle-t-il.

 

Bien habillé

 

Discret sur le terrain, le jeune arbitre COULIBALY ne cache pas les difficultés de son métier : « diriger un match de la coupe du monde est très dur et même très difficile. Seul entre deux camps adverses, la pression est énorme. L’arbitre doit juste regarder le ballon et voir quel pied commet la faute sans état d’âme. L’arbitre a aussi une mission de sécurité dans le jeu. J’avoue que toutes les équipes, avant d’aller au Mondial, se préparent afin de contourner les règles du jeu ». Les simulations de fautes, entre autres, illustrent à juste titre cette volonté pour certains joueurs de prendre à défaut l’arbitre. Habitué à ces genres de pression, l’international malien prodigue de sages conseils aux jeunes arbitres : « un arbitre doit toujours faire son sac lui-même. Son bagage doit comporter une paire de cartons (jaune et rouge), un sifflet, un talkie (l’appareil qui permet à l’arbitre central de communiquer avec ses assistants), des chaussettes, une paire de crampons, une chemisette et un short. Il doit toujours être bien habillé, être humble, concentré, courageux et armé de patience, mais surtout de discrétion, car pour devenir un bon arbitre on doit franchir beaucoup d’étapes ». Et ces étapes, à l’en croire, Koman COULIBALY en a franchi plusieurs avant de se retrouver au sommet de son art.

Timide, mais très courtois, le référé Coulibaly donne les raisons de ce caractère : « je suis timide de nature et la courtoisie fait partie de moi et j’ai besoin de tout ça pour mieux me concentrer ». Koman COULIBALY n’a jamais pris la grosse tête car il est persuadé qu’un arbitre doit « éviter d’avoir une mauvaise réputation parmi ses semblables ». 

 

Non à l'arbitrage vidéo

Côté financier, Koman déclare que les arbitres sont payés par compétition, soit 100 dollars par jour pour les petites catégories, et 40 000 dollars au total pour les catégories seniors. Moussa Kanouté soutient que c’est un métier différent des autres. « L’arbitrage est un métier passionnant mais très risqué. Une erreur met toute la carrière d’un arbitre en danger, c’est pour cela qu’il faut toujours de la rigueur sur le terrain et toujours éviter les erreurs ».

Lorsqu’interrogés sur l’arbitrage vidéo, chacun de nos interlocuteurs a affirmé sa farouche opposition à cette idée. Pour le chroniqueur sportif Djibril Traoré, l’arbitrage vidéo va détourner l'objectif majeur du football. « Le football est un jeu universel, un jeu émotionnel. Si la vidéo est introduite, elle sera réservée aux seuls nantis qui auront le moyen de s'en procurer. L’arbitre ne pourra plus assurer son rôle et appliquer les règles de jeu dans les règles de l’art. Cela ne sera plus humain.» L’ancien international Moussa Kanouté soutient que de « faire appel à la vidéo engendra encore plus de litiges et cela dénaturera le jeu. Il ralentira le rythme du jeu et amènera des suspicions. Je crois que l’arbitre est un être humain et peut se tromper. » L’ancien international malien, Moussa Kanouté, propose par contre la multiplication des officiels de match dans ce sens.

L’arbitrage est un métier passionnant et risqué et M. COULIBALY en est conscient, tout comme tant d’autres de ses pairs arbitres qui font la fierté de l’Afrique et qui méritent la reconnaissance de leur nation à la dimension des services qu’ils rendent au sport en général et au football en particulier.

 

Source : Aminata Mariko, Twenty-ten

 

 

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