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Amsterdam, Pays-Bas
Amsterdam, Pays-Bas

Un couvre-feu dans les quartiers rouges d'Amsterdam ?

Publié le : 29 janvier 2010 - 3:02pm | Par Perro de Jong
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Les prostituées au beau milieu de la nuit, c'est terminé. Fini les jeunes filles de moins de 23 ans "derrière les rideaux". C’est en gros la nouvelle proposition de l’adjoint au maire d’Amsterdam, Lodewijk Asscher, pour combattre le trafic des femmes.

 

Une manœuvre électorale, selon les exploitants du sexe. Mais par dessus tout, une preuve que les prostituées n’ont pas leur mot à dire dans la discussion.

Avec les élections municipales qui approchent, l’adjoint au maire Asscher brandit le spectre du trafiquant de femmes Saban Baran qui a fui vers la Turquie (voir article) :

"Un homme qui a obligé de très jeunes filles à se prostituer sous la menace de violences alors qu’elles étaient loin de leur foyer. Nous voyons maintenant que la plupart des victimes du trafic de femmes se trouvent dans la catégorie des 18 à 23 ans."

 

Femmes fortes


Chaque année un grand nombre de femmes disparaissent dans l’illégalité. Et ce, malgré la suspension de l’interdiction des maisons closes en 2000, qui aurait dû rendre la prostitution plus "transparente" et mieux gérable.

Les femmes provenant de Bulgarie et de Roumanie courent le plus grand risque. Des jeunes femmes, dit Asscher. Quelqu’un qui a 18 ans est par définition plus vulnérable que quelqu’un de 23 ans. Mais "ce n’est pas mon expérience", affirme Marjan Wijers, spécialiste dans le trafic de femmes et la prostitution :

Il existe un malentendu selon lequel ces jeunes filles sont jeunes, bêtes et naïves. Une grande partie des filles et des femmes avec lesquelles je travaillais dans l’association "Contre le trafic des femmes'' étaient très intelligentes, fortes et ambitieuses. Elles voulaient faire quelque chose de leur vie et avaient auparavant peu de chances à la maison.


Marjan Wijwers pense que les règles strictes concernant l’immigration expliquent pourquoi les femmes sont devenues victimes des trafiquants d'êtres humains. Les femmes immigrées se retrouvent ainsi souvent dans des professions sans protection juridique. Comme la prostitution. Les menaces de violence font le reste.

Soûlards et douteux


Les prostituées ne sont pas plus avancées avec la proposition d’Asscher d’instaurer un couvre-feu de 4 à 8 heures du matin, pense Marjan Wijers. Selon Asscher, il n’y a plus que les soûlards et des hommes douteux dans les quartiers rouges et la plupart des prostituées ne veulent pas travailler. Ce qui fait que ce sont les plus vulnérables qui restent :

"Il est facile de dire que la plupart des femmes ne veulent pas travailler dans cette tranche horaire, mais je n’en suis pas sûre", dit Marjan Wijers. "Une des choses que l’on voit souvent dans toute affaire de trafic d’humains, c’est que l’on pense par-dessus la tête des prostituées. On pense pour elles ce qui est bon pour elles."

C’est à peine si on demande aux prostituées leurs avis. Mais pour avoir une bonne image de ce qui se joue et pour pouvoir mieux s’attaquer au trafic de femmes, des investigations sont nécessaires.

Problème ou solution ?

Au contraire, les autorités voient toujours les prostituées comme "une partie du problème et pas la solution". Marjan Wijers admet qu’elles constituent un groupe difficile à aborder pour discuter. Par le grand roulement, la peur de la violation de leur vie privée et le sentiment que la police et les autorités sont en fait leurs ennemis.

Mais selon elle, ce n’est pas une raison pour choisir pour des solutions "cosmétiques" ainsi que la municipalité d’Amsterdam semble faire de plus en plus souvent:

 

C’est à peu près la même chose que s’attaquer au problème de la violence conjugale en disant : les femmes ne doivent se marier qu’à partir de 23 ans… et entre 4 et 8 heures du matin on n’a pas le droit de faire l’amour.
 

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