La conférence de Durban sur le climat, qui s'est achevée avec 36 heures de retard, a finalement abouti dimanche à l'aube à une feuille de route vers un accord en 2015 qui englobera tous les pays pour lutter contre le réchauffement, mais un accord malheureusement "bien en-deçà de ce qu'exige l'urgence climatique" selon les critiques.
Avec cette "feuille de route" en poche, les Européens ont donné leur accord à la poursuite du protocole de Kyoto après 2012, revendication forte des pays en développement. Conclu en décembre 1997, le protocole impose aux pays industrialisés, à l'exception notable des Etats-Unis qui ne l'ont pas ratifié, de réduire leurs émissions de six substances responsables du réchauffement, au premier rang desquels le CO2. La mise en place du mécanisme de fonctionnement du Fonds vert, destiné à aider financièrement les pays en développement à faire face au changement climatique, a également été adoptée à Durban.
Face à la vive opposition de l'Inde, les Européens ont donc finalement accepté une formulation décrivant ce futur accord, qui devrait entrer en vigueur à partir de 2020, comme "un protocole, un autre instrument légal ou une solution concertée ayant une force légale". L'UE a mis en avant la "percée historique" réalisée à Durban, tandis que secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon saluait un "accord significatif". "C'est un moment de gloire pour l'Afrique du Sud et l'Afrique", a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma.
Mais cet accord ne s'accompagne par ailleurs d'aucune révision des promesses des pays pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces dernières sont, à ce jour, largement insuffisantes pour contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C, objectif de la communauté internationale. Les décisions prises dimanche matin sont bien en-deçà de ce qu'exige l'urgence climatique, a de son côté regretté l'ONG Oxfam, qualifiant cet accord de "strict minimum possible" qui laisse "le monde se diriger comme un somnambule vers un réchauffement de 4°C"."Les pollueurs ont gagné, les peuples ont perdu", a jugé, plus catégorique, Greenpeace Africa.
Source : AFP














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