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samedi 19 avril  
Les étudiants ont reçu leur copie dans leur salle de classe de fortune
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Juba, Soudan du Sud
Juba, Soudan du Sud

Soudan du Sud : ils passent leurs examens en pleine guerre

Publié le : 30 janvier 2014 - 6:51am | Par Rédaction Afrique (Photo : UNICEF Soudan du sud/2014/Knowles Coursin)
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Guerre ou pas guerre, au camp onusien de déplacés de Juba, la capitale du Soudan du Sud, les 500 élèves qui planchent en ce moment n’ont plus d’excuse pour remettre leurs examens à plus tard.

Par Katarina Höije, Juba

Kueth Machar est assis à côté de son père Michael. Âgés respectivement de 27 et de 48 ans, ils se préparent tous deux à passer le certificat d'études primaires. "Si je réussis, j’aimerais apprendre l’anglais et peut-être que je peux devenir enseignant", espère le jeune homme.

Son père renchérit : "Il n’y avait pas d’école là où j’ai grandi. Si les choses s’arrangent au Soudan du Sud, nous aurons besoin de gens instruits. Je passe cet examen pour que mes enfants aient un futur meilleur et pour mon pays."

Kueth Machar passe son examen de primaire à 27 ans
Kueth Machar passe son examen de primaire à 27 ans
"J'ai toujours gardé les vaches de ma famille"
Des années de conflit ont privé de nombreux Sud-Soudanais, comme les Machar, de la scolarité à laquelle ils avaient droit. "Dans mon village, tous les jeunes garçons gardaient le bétail. J’ai toujours gardé les vaches de ma famille. Je n’ai presque pas eu le temps d’aller à l’école, je n’ai jamais passé d’examen", explique Kueth.

Père et fils font partie des 500 000 déplacés sud-soudanais ayant fui les combats qui ont débuté le mois dernier entre les rebelles et l’armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Pendant cinq jours, plus de 500 étudiants déplacés qui habitent dans des campements onusiens ont rejoint des milliers de jeunes centrafricains pour passer leur examen de fin d’école primaire. Programmés au départ le 16 décembre dernier, ces examens ont été reportés à cause des combats qui avaient éclaté la veille. Les écoles avaient alors immédiatement fermé leurs portes.

Un bar transformé en salle de classe
Dans l’enceinte du camp, un bar improvisé, utilisé généralement comme provision d’eau pour le personnel du centre, a été transformé en salle de classe. Les étudiants sont assis devant des tables en bois. Les enseignants, eux-mêmes des déplacés du camp voisin, distribuent les copies. Les examens sont organisés sous les auspices de l’UNICEF, l’organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC).

Bien qu’il s’agisse d’un examen de fin d’enseignement primaire, la plupart des élèves ont entre 17 et 19 ans. Certains d’entre eux, comme les Machar, sont encore plus âgés car ils n’ont pas pu se rendre à l’école ces dernières années à cause du très long conflit nord-sud qui a précédé l’indépendance du Soudan du Sud.

Les récents combats ont fait encore reculer l’échéance des examens. Beaucoup de régions agricoles du Soudan du Sud connaissent une pénurie d’écoles primaires. "Maintenant, on ferme à nouveau les écoles à cause des combats qui ont débuté mi-décembre à Juba et qui se sont étendus dans le pays", confie Simon Mphisa, responsable de la communication de l’UNICEF.

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Préparer les examens au bruit des fusillades
Poussiéreux. Entassés. Les gens vont et viennent dans le camp en flot continu. Une partie de l’espace a été transformée en marché improvisé. Des femmes vendent des légumes, des boissons et des morceaux de pâte frite dans de l’huile de friture, des jeunes gens marchandent des matelas, des morceaux de bois et des bâches en plastique flanquées de logos humanitaires.

Kueth commente : "La nourriture est rare ici et il n’y a pas assez de tentes pour tout le monde. Il y a de nouveaux occupants chaque jour."

Ici, l’ endroit n’est pas vraiment propice à favoriser la scolarisation. "Ce camp est trop plein. Comment voulez-vous préparer un examen ? La nuit dernière, j’ai pu à peine dormir à cause du bruit de fusillades provenant des casernes situées à côté du camp."

"Trois de mes amis ont été abattus alors qu’ils essayaient de fuir"
La plupart des jeunes du camp ne croient pas à une fin proche des combats, pas plus qu’ils imaginent la fin des hostilités entre les différentes factions politiques ou entre les groupes ethniques.

Sunday Ulang a 17 ans et s’est réfugiée dans le camp dès le début des hostilités. Elle n’est pas optimiste. Elle se souvient très bien de ce jour : "Les soldats tiraient autour de nous. On voyait des gens sortir de partout. En quelques heures, le chemin entre l’aéroport et la ville était noir de monde. Il y a eu de nombreux morts ce jour-là. Trois de mes amis ont été abattus alors qu’ils essayaient de fuir."

"Je ne crois pas à la paix"
Un peu plus tard, elle apprenait la mort de son oncle pendant cette fusillade. Aujourd’hui, Sunday planche pour l’examen. Si elle réussit, elle veut continuer à étudier à l’université et souhaite devenir médecin. "Je veux aider mon peuple", affirme-t-elle.

Son visage s’assombrit soudain : "Les deux côtés vont continuer à s’entretuer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien ni personne contre qui combattre. Je ne crois pas à la paix au Soudan du Sud." Se remémorant son examen, elle conclut : "Ils peuvent se tuer les uns les autres, du moment qu’ils nous laissent tranquilles ici."

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Wilbahz 31 janvier 2014 - 5:37pm / RD. CONGO

On a vraiment divisé pour mieux nous dominer. A mon avis je trouve un problème géo-politique.

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