Plus de 600 jeunes Somaliens ont terminé la semaine un entraînement militaire en Ouganda. Les recrues vont bientôt retourner dans leur pays pour rejoindre les forces armées dans la lutte actuelle contre les rebelles islamistes d’Al-Chabaab. D’ici la fin de l’année, le nombre de Somaliens entraînés à Bihanga, dans l’ouest de l’Ouganda, devrait s’élever à 3.000.
Arne Doornebal, Bihanga
Plusieurs centaines de baïonnettes flambant neuf réfléchissent la lumière vive du soleil. Ajustées aux canons de fusils automatiques, les baïonnettes sont tenues par quelque 600 recrues somaliennes et 200 recrues ougandaises, qui viennent d’achever un entraînement militaire de six mois. Financé par l’Union européenne, ce programme d’entraînement dure trois ans et doit prendre fin en décembre.
"Attention, nous allons bientôt voir surgir un groupe de terroristes", avertit l’instructeur, qui répond au nom de Wamara. Il se trouve près de constructions en briques censées ressembler à une zone de marché à Mogadiscio. Et en effet, les "terroristes" surgissent. Quelques minutes, les recrues prennent d’assaut les bâtiments, faisant sortir certains insurgés et en arrêtant d’autres. Puis, l’exercice est terminé. Les visiteurs ont été témoins de la simulation d’une situation en Somalie, ici, sur les collines vertes ougandaises.
Soutien européen
L’entraînement des recrues somaliennes est effectué par l’armée ougandaise assistée par des instructeurs de l’Union européenne. Des soldats espagnols, allemands, suédois et maltais assistent au défilé final d’aujourd’hui. "Nous avons entraîné quatre compagnies de l’armée somalienne", dit l’Irlandais Michael Beary, qui est à la tête de la force d’entraînement. "Nous n’entraînons pas seulement les soldats, mais aussi les commandants. Ensemble, ils formeront une force importante qui fera de la 4ème division la division la plus efficace de l’armée."
"Ce programme d’entraînement nous a coûté 11 millions d’euros", dit Maciej Popowski, un haut responsable de l’Union européenne qui est venu de Bruxelles assister à la cérémonie à Bihanga. "Nous entraînons 3.000 soldats, donc nous pouvons dire que le rapport prix/qualité de ce programme est très bon."
Défections
Selon certaines informations, des recrues ont déserté l’armée somalienne pour rejoindre les rebelles d’Al-Chabaab, à l’issue de formations précédentes. Maciej Popwski reconnaît qu’il y a eu des défections, mais il ne s’en inquiète pas trop. "Il y aura toujours des défections. Mais elles ne sont pas massives. Je pense que le taux de défection est de moins de 10%, ce qui n’est pas mal."
Les recrues somaliennes à Bihanga affirment ne pas avoir l’intention de déserter. "A mon retour en Somalie, je me battrai contre Al-Chabaab, dit Hareed, 21 ans. Il est actuellement officier subalterne. Abdirahman, de la région du Puntland, renchérit : "Nous nous battrons contre Al-Chabaab et nous protégerons notre peuple."














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