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Mpanzu Bamenga
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Amsterdam, Pays-Bas
Amsterdam, Pays-Bas

Ses études juridiques lui ont sauvé son droit d'asile

Publié le : 10 juillet 2012 - 3:35pm | Par Elizabeth Mbundu (photo AFP)
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Du demandeur d’asile à l’expert en matière d’immigration, le trajet de Mpanzu Bamenga.

Bamenga participe activement au pot de clôture d’une conférence donnée à l’occasion du vingtième anniversaire de la fondation néerlandaise Vluchtelingen in de Knel (Réfugiés dans la poisse). Il est conseiller juridique social de cette association. Impeccable dans son élégant costume sombre, le jeune Congolais, âgé de 26 ans, donne l’impression d'être à l’aise en toutes circonstances.

"Hello", dit-il, en donnant une ferme poignée de main. "Vous êtes ici pour l’interview". Ses manières sont amicales mais sérieuses. Il juge peu important de parler de son histoire personnelle. Il explique comment, autrefois, son ego en prenait un coup quand les gens parlaient de son passé. Il aurait préféré aborder d'autres sujets,  comme il le fait à l’heure actuelle – par exemple aider les autres qui ont connu les mêmes trajectoires que la sienne. Mais il se plie de bon gré à notre entretien.

"Au début, c’était un peu comme une grande aventure que de venir aux Pays-Bas. Je me souviens d’avoir vécu dans un camp de réfugiés et d’avoir rencontré tant de personnes différentes. La situation dans laquelle nous vivions était si étrange. Ma mère, mon frère et moi, dormions dans un dortoir avec 50 autres personnes. Ensuite, on nous a donné une pièce que nous partagions avec une autre famille."

Information vitale
Né à Kinshasa, Bamenga est venu aux Pays-Bas comme demandeur d’asile. Il avait tout juste 8 ans. Il est allé à l’école, comme ses autres congénères. Au bout de 13 ans, la procédure de demande d’asile pour sa famille connait une conclusion brutale. Ils ont 4 semaines pour quitter le pays.

C’est alors que le militant en herbe entre en action. A cette époque, Bamenga étudie la législation néerlandaise à l’université de Tilburg. Inspiré par ce qu’il est en train d’apprendre, il engage une demande de procédure en appel et l’envoie au ministre néerlandais de l’Immigration.

Il fait appel aux contacts qu’il s’est faits tout au long de ses études. Pendant son stage au Parlement néerlandais, il a écrit un mémoire sur les problèmes de législation familiale contemporaine.

"Que serait-il arrivé si je n’avais pas été étudiant en droit ? Que se serait-il passé si je n’avais pas été si tenace ?" demande-t-il, dans un néerlandais où perce l’accent du sud du pays, le Brabant, région où il grandi. "Je serais au Congo aujourd’hui, après avoir passé 13 ans aux Pays-Bas. J’étais tant en colère de voir les choses se passer comme ça."

Bamenga reçoit peu de temps après un appel téléphonique du service néerlandais de l’Immigration et de la Naturalisation (IND). Sa mère, son frère et lui ont le droit de rester. Apparemment, son message était convaincant.

Au début, il ressent soulagement et bonheur. Peu après, la colère prend le dessus : "J’ai vu comment les demandeurs d’asile étaient traités. Quand vous faites preuve de tenacité, vous pouvez faire quelque chose, mais sinon vous êtes démuni," affirme-t-il.

"Hey man, c’est l’Afrique"
Après son stage au Parlement, Bamenga part comme volontaire au Ghana, donne des cours et anime des stages pour les lycéens. C’était la première fois qu’il remet les pieds sur le continent. Il ressent à la fois un sentiment de retour au bercail et un choc culturel.

"Le jour où j’ai atterri à Accra, le président américain Barack Obama était là aussi. Il y avait beaucoup de fleurs pour les festivités. J’ai pensé qu’elles étaient pour moi", dit-il en riant. "Ce qui m’a le plus choqué, c’est le désintérêt qui régnait. Si un bus n’arrive pas ou que l’on voit un enfant dormir dans la rue, ils disent : "Hey man, c’est l’Afrique !". Mais s’il se passe quelque chose d’extraordinaire, ils disent que c’est l’intervention de Dieu. Je trouve que les gens ne prennent pas leur propre destin en main."

Droit et rap
Nous continuons la conversation après le départ de tous les participants à la conférence. Bamenga s’est apparement adapté à la société néerlandaise – voire à celle du Benelux tout entier. "Du lundi au mercredi je suis aux Pays-Bas, et le reste de la semaine je suis en Belgique pour mes études", explique-t-il, tout en marchant en direction de l’arrêt de bus. Il ne travaille pas seulement pour Vluchtelingen in de Knel, mais il est en même temps étudiant en droit sur l’immigration et l’asile européens à l’Université libre de Bruxelles et membre du réseau Odysseus, regroupant les étudiants en droit de cette université.

Pendant le peu de temps libre qui lui reste, il joue au foot et au basket-ball. Il y a encore quelques années, il était connu pour ses musiques rap sur la politique sous le nom d'artiste de Blackpan. Il vit avec sa petite amie, et prévoit toutefois de retourner en Afrique avant de fonder une famille. Il espère partager la connaissance qu’il a acquise avec des gens sur place,  afin qu’ils puissent s’en sortir.

Ainsi qu’il le dit : "Je veux me battre pour ceux qui se battent pour obtenir leurs droits. Ma mère me disait toujours : Mpanzu, tu es le maître de ton destin !"
 

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