J’ai passé une après-midi avec Sikelela Mpama, un jeune homme extrêmement éloquent et enthousiasmant de 17 ans qui a pris l’initiative de demander aux habitants du Cap leur avis sur la Coupe du Monde de football. « Je ne trouvais rien à ce sujet dans les journaux, je suis donc allé leur poser la question moi-même. »
Sarah se met au foot
Sarah Osman (1980) est née au Soudan. Elle a vécu onze ans aux Pays-Bas. Depuis trois ans, elle travaille dans le domaine de la coopération au développement. Elle a récemment décidé de retourner en Afrique pour y mettre à profit ses connaissances. Après sa chronique Retour en Afrique publiée par RNW, Sarah s’est mise au football. Dans cette chronique, elle partage avec nous ses expériences concernant les préparatifs de la Coupe mondiale de football dans la ville du Cap : des histories de fond qui souvent se perdent dans l’euphorie du prochain grand événement.
Participation à la Coupe du Monde
Sikelela s’est adressé à des chauffeurs de taxis, à des ouvriers du bâtiment au stade de Green Point et à des fans de football. « Les opinions sont partagées, certains pensent que la Coupe du Monde est une bonne chose et d’autres pensent que c’est de l’argent jeté par les fenêtres. Pour moi, c’est pareil. C’est une bonne chose que la Coupe du Monde ait lieu ici, mais si vous vous promenez dans un quartier comme celui de Delft, et que vous voyez à quel point les conditions sanitaires sont déplorables, vous vous rendrez certainement compte que c’est de l’argent gaspillé. » Sikelela m’explique que de nombreuses opportunités voient le jour pour certains mais qu’il y a aussi beaucoup de laissés pour compte. Et cela ne concerne pas uniquement l’argent dépensé pour la Coupe du Monde. « Vous savez, 90% d’entre nous ici au Cap ne verront pas un seul match. La plupart d’entre nous n’avons pas les 240 rands nécessaires à l’achat d’un billet, nous suivrons donc les rencontres à la télévision. Certaines personnes n’ont pas de télévision non plus et devront donc écouter la radio. »
Business
“ Les propriétaires des taxis minibus m’ont dit que l’année 2010 allait marquer la fin de leur business. Ils s’attendent à ce que la situation perdure après la Coupe du Monde, puisque les gens continueront à prendre le bus pour aller travailler. Ils pensent perdre 1000 rands par jour à cause du nouveau réseau de bus au Cap » explique Sikelela. « Je pense que les choses auraient été différentes si le gouvernement avait demandé au peuple comment appréhender la Coupe du Monde, alors peut-être que tout le monde aurait pu en tirer profit. »
Lorsque j’étais à Johannesburg il y a quelques jours, une ville qui m’a semblée beaucoup moins intéressée par la Coupe du Monde que le Cap, J’ai entendu les chauffeurs de minibus parler des mêmes frustrations. Pendant sa campagne électorale, Jacob Zuma avait promis de gigantesques opportunités dans le domaine des affaires pour l’année 2010 mais il a finalement choisi d’améliorer le réseau de transports en commun.
Sécurité
Sikelela, militant social aspirant journaliste, fait partie du Children’s Movement depuis 9 ans. Son parcours lui a permis de remettre en question de manière objective différents aspects de la Coupe du Monde, comme celui de la sécurité à l’intérieur et autour des stades. « Les ouvriers du bâtiment étaient inquiets de la venue de joueurs internationaux car les quartiers près des stades sont corrompus. Et comme la police du Cap craint les gangs, je ne sais pas comment elle va prendre la situation en mains. » Sikelela n’avait pas l’air de vouloir tirer de grandes conclusions. « J’ai parlé à beaucoup de gens, mais je souhaite interroger les PDG des entreprises du bâtiment ainsi que certains hauts fonctionnaires et leur demander ce qu’ils en pensent car je veux qu’ils me fournissent des réponses. »














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