Certains bars et clubs de la ville du Cap sont en train de reformuler leurs règles d’accès. Leur espoir est d’attirer une clientèle exclusive durant le Mondial, en juin prochain. Pour une raison quelconque, ils pensent que les fans de football aiment à siroter un champagne dans un cadre select. Manifestement, leurs propriétaires n’ont jamais été à un match de football.
Sarah se met au foot
Sarah Osman (1980) est née au Soudan. Elle a vécu onze ans aux Pays-Bas. Depuis trois ans, elle travaille dans le domaine de la coopération au développement. Elle a récemment décidé de retourner en Afrique pour y mettre à profit ses connaissances. Après sa chronique Retour en Afrique publiée par RNW, Sarah s’est mise au football. Dans cette chronique, elle partage avec nous ses expériences concernant les préparatifs de la Coupe mondiale de football dans la ville du Cap : des histories de fond qui souvent se perdent dans l’euphorie du prochain grand événement.
Alors que le Cap est un endroit populaire pour jeunes filles branchées, elle est aussi la ville de la classe moyenne sud-africaine qui veut parfois s’éclater. Avec ce nouveau besoin de se présenter sous un jour glamoureux pour satisfaire les amateurs de football, certains établissements du Cap sont progressivement en train de s’aliéner cette clientèle.
La vie nocturne au Cap a sensiblement changé. Ce changement se remarque surtout dans les endroits qui visaient déjà une clientèle haut de gamme. Mais maintenant ces clubs viennent d’introduire une politique d’accès irrationnelle et qui semble inappropriée à un événement tel la Coupe du monde. L’une de mes amies du Cap voulait dernièrement nous organiser une sortie dans l’un de ces night-clubs de Greenpoint et elle s’était dit qu’il valait mieux réserver une table. Le gérant lui envoya un courriel l’informant qu’elle pouvait uniquement réserver à condition de dépenser au moins 1.200 rands pour deux bouteilles de champagne, une somme d’argent exagérée.
Elle ne tarda pas à répondre : "Votre politique de réservation est assez surprenante et plutôt exorbitante. J’ai assisté au changement progressif de votre club… Cela ne fait aucun doute qu’il a toujours attiré une clientèle sophistiquée. Aucun problème sur ce point. Plus récemment il s’adresse à une clientèle plus branchée, chic et de marque, dont une grande partie porteuse d’euros. Si tel est votre marché, soit ! Mais que va-t-il se passer après le Mondial ? Je me le demande !
Mon problème, c’est que l’augmentation des prix suggère qu’il faut payer pour le privilège (faute d’avoir un mot plus adéquat) d’être à votre club. Peut-être est-ce la perspective de voir des hordes de fêtards cogner à votre porte qui a incité la direction à agir en introduisant la politique de réservation. Dans ce cas-là pourquoi ne pas introduire un droit d’entrée ?"
Certes, la nature des affaire est de se faire plein d’argent le plus rapidement possible. D’accord. Mais la logique de ce scénario m’échappe. Tout d’abord, le football amène les gens dans les rues, habillés dans les couleurs de leur équipe, avec une seule chose en tête – soutenir l’équipe jusqu’au bout. J’ai du mal à m’imaginer une bande de supporters de football anglais voulant aller dans un endroit fastueux où un videur pointilleux leur dit qu’ils ne peuvent pas entrer à cause de leurs baskets. Ensuite, ils s’aliènent une grande partie de la population locale, qui pourrait très bien ne pas revenir après le Mondial.














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