Quelle est l’attitude des Sud-Africains vivant hors des grandes villes face au football ? S’intéressent-ils au Mondial ? Et comment faire ressentir l’ambiance qui entoure le Mondial dans les communautés rurales les plus reculées d’Afrique du Sud ? J’ai rencontré récemment un cinéaste du Cap, Hisham Samie, qui m’a parlé d’un nouveau projet produit par Don Edkins et Laurence Dworkin sur lequel il va travailler avant la Coupe du monde : "Nous allons sillonner l’Afrique du Sud pour présenter plusieurs documentaires sur le football et promouvoir la Coupe du Monde."
Sarah se met au foot
Sarah Osman (1980) est née au Soudan. Elle a vécu onze ans aux Pays-Bas. Depuis trois ans, elle travaille dans le domaine de la coopération au développement. Elle a récemment décidé de retourner en Afrique pour y mettre à profit ses connaissances. Après sa chronique Retour en Afrique publiée par RNW, Sarah s’est mise au football. Dans cette chronique, elle partage avec nous ses expériences concernant les préparatifs de la Coupe mondiale de football dans la ville du Cap : des histories de fond qui souvent se perdent dans l’euphorie du prochain grand événement.
Battage médiatique
J’ai demandé à Hisham d’où venait l’idée de réaliser ce projet intéressant : "L’idée a été développée par Don Edkins, un producteur de renom, qui a pris part à différents projets sociaux. En fait, nous souhaitons conscientiser et faire un battage médiatique au sein de différentes communautés d’Afrique du Sud qui ne sont pas touchées par la promotion de la Coupe du monde. Nous allons nous rendre dans des communautés rurales pour y projeter des documentaires intéressants du monde entier ayant pour thème le football." Les projections seront gratuites et permettront aux populations d’en savoir davantage sur les événements et les footballeurs d’autres régions du monde à l’aube de la Coupe du monde.
Dorpies
Traditionnellement, le football est considéré en Afrique du Sud comme le sport des Sud-Africains noirs. Curieusement, la plupart des projets visent en général à promouvoir le football au sein des communautés noires, ce qui est comme prêcher dans sa propre paroisse. Je me suis demandé si le projet de Hisham Samie ciblerait de nouveau les mêmes groupes, tandis que d’autres communautés resteraient oubliées. "Notre projet s’adresse à tous ceux qui vivent dans des régions qui ne sont pas visées par la publicité qui entoure la Coupe du monde. Nous allons organiser des projections dans un certain nombre de communautés à travers toute l’Afrique du Sud. Nous irons donc aussi dans les dorpies (en afrikaans : villages). Ces régions sont particulièrement intéressantes car dans un grand nombre d’entre elles le football n’est pas un sport important. Je me réjouis donc de voir les réactions. Les co-organisateurs accueilleront aussi un Festival de films sur le football au Cap juste avant le Mondial, du 5 au 10 juin."
Prophète de malheur
Le point de vue de Hisham sur la Coupe du monde me semblait particulièrement intéressant en raison de ses origines et de ses connaissances de la dynamique culturelle en Afrique du Sud. "Je suis un grand amateur de football, je suis donc tout excité à l’idée de cette Coupe du monde. Ce sera fantastique, je pense. Il y a énormément de réactions négatives dans les médias sur les emplois qui vont se perdre et sur les éléphants blancs, les structures qui seront laissées à l'abandon après le Mondial. Mais je pense qu’il ne faut pas accorder attention aux médias, parce que le Mondial sera super ! Il y a des gens au Moyen Orient et en Asie qui ignoraient l’existence de l’Afrique du Sud, et maintenant ils sont au courant. Rien que ça, c’est formidable."
Le projet sera documenté en ligne dès la mi-avril sur www.soccercinema.co.za . Pour en savoir davantage, cliquer sur Steps for the Future.














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