Lebo Malepe espère se faire de l’argent durant la Coupe du monde 2010. Sa grand-mère habite dans le township de Soweto et Lebo va ouvrir chez elle un Bed and Breakfast. Bien que l’ambassade des Pays-Bas notamment ait déconseillé à ses ressortissants de se rendre seuls dans des townships, la grand-mère de Lebo Malepe, Rachel, a trouvé une solution pour faire face à l’éventuelle insécurité : personne ne peut sortir le soir.
Gogo
Rachel espère prochainement accueillir des supporters de football. Avec Lebo Malepe, son petit-fils de 34 ans, elle va ouvrir dans sa maison un Bed and Breakfast. C’est lui qui s’occupe de superviser les travaux de rénovation.
Sa gogo (mot zoulou pour "grand-mère") habite sur un lopin de terre où se trouvent, outre sa petite maison, deux masures et un bâtiment comptant trois chambres et une douche. Les trois chambres vont servir à héberger les touristes. Elles sont actuellement repeintes.
Sens des affaires
Certains se demandent en Afrique du Sud comment le Sud-Africain "moyen" pourra profiter du Mondial, qui débute en juin. On pense que 350.000 supporters étrangers se rendront aux matchs. Jusqu’à présent les Néerlandais ne se sont pas manifestés en grand nombre, et ce en raison des prix élevés des vols et de l’hébergement. Moins du tiers des 22.000 billets en vente aux Pays-Bas ont été vendus.
Les autorités sud-africaines continuent d’affirmer que le Mondial profitera au pays. Mais au niveau individuel il n’est pas facile de bénéficier directement des matchs. Et pourtant avec son sens des affaires Lebo pense pouvoir attirer des touristes :
"2010 est une belle chose pour notre pays. Ça représente pour nous un nouvel espoir, un nouveau début. Ça va aider le pays à se développer et ainsi le monde saura que l’Afrique du Sud existe et que c’est un beau pays".
Et en riant il ajoute :
"Il n’y a pas meilleur endroit pour séjourner que la maison de ma grand-mère et ce quartier formidable."
Lebo, qui n’a jamais terminé l’école secondaire, sait de quoi il parle. Dans la maison du côté paternel, il a déjà ouvert avec succès un endroit pour touristes à sac à dos. Maintenant c’est au tour de la maison du côté maternel.
Souvenirs
Mais cette fois-ci les touristes auront en plus la grand-mère. "Elle a beaucoup d’histoires à raconter", nous dit Lebo. Rachel est née en 1933 à Soweto, qu’elle n’a plus jamais quitté. Soweto est connu pour les manifestations des écoliers, en 1976, contre le régime d’apartheid et la violente répression, avec ses nombreux morts, qui a suivi.
Dans le quartier où habite Rachel se trouve Orlando East, tout près de l’endroit où a vécu Nelson Mandela : "Elle peut raconter aux visiteurs l’histoire de Soweto et partager avec eux ses souvenirs. En plus, les visiteurs peuvent voir comment vivent une grande partie des Sud-Africains. Et le stade Orlando, où ont lieu les entraînements pour la Coupe, est au coin de la rue."
Nouvelle vie
Rachel se réjouit de recevoir des touristes : "J’espère que le Mondial apportera des changements. Ma situation va s’améliorer financièrement, mais aussi ma santé. Je serai plus heureuse. Je pourrai passer plus de temps avec mon petit-fils et rencontrer des gens du monde entier. Je croyais que je devrais finir mes jours avec une maigre retraite, je n’avais jamais pensé que je commencerai une nouvelle vie."
La Coupe du monde donne bien des espoirs, estime Lebo. "Mais pas tout le monde peut en profiter. Ce sont surtout les habitants des villes où ont lieu les matchs qui pourront se faire de l’argent. Ailleurs ça me semble difficile."
Sécurité
Le prix d’une nuit chez Rachel n’a pas encore été fixé. Mais Lebo n’a pas l’intention d’escroquer les touristes. Les prix des chambres ont dans bien des cas augmenté en Afrique du Sud à l’approche du Mondial. Le Bureau de tourisme sud-africain a averti qu’avec cette augmentation des prix pourrait à la longue faire perdre à l’Afrique du Sud sa réputation de destination de vacances bon marché. Lebo pense de même et vise surtout les touristes à budget modéré.
Reste à voir si une grande partie des 350.000 supporters qui sont attendus auront envie de séjourner dans un township. L’ambassade des Pays-Bas par exemple conseille à ses ressortissants d’éviter les township et de ne les visiter qu’accompagnés, et ce en raison de l’insécurité. Rachel reconnaît qu’il y a criminalité et a établi une règle : ses hôtes ne peuvent sortir le soir seuls dans la rue. Mais selon Lebo, il n’y a aucune raison d’avoir peur : "Nous sommes là pour les protéger. Nous sommes de Soweto et nous voulons leur souhaiter la bienvenue."















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