Microfinance : de l'espoir après la corruption
La microfinance semblait être une aubaine pour le très pauvre Rwanda, après le génocide de 1994. Le secteur se développait à toute allure. Conséquence : détournements et mauvaise gestion. Aujourd’hui, le Rwanda met tout en œuvre pour redorer son blason.
Le président arbore un vaste sourire dans son bureau austère, situé dans une rue animée de la capitale rwandaise Kigali. Faustin Zihiga est le président d’AMIR, le réseau national d’institutions de microfinance (IMF). C’est lui, qui depuis 2007, représente le secteur des microfinances du pays.
''J’ai terminé mes études peu de temps après le génocide de 1994, raconte M. Zihiga. J’ai suivi une formation sur la réconciliation. Le même débat se posait à chaque fois. Comment pouvons-nous faire la paix si nous sommes si pauvres? Comment accéder au bonheur ? Comment vivre en paix ? La misère est là, chaque jour !''
Le microcrédit semblait apporter une réponse à ce problème. Le Rwanda se relèverait tout seul de cette terrible chute.
Du riz et du maïs
Le secteur de la microfinance en est encore à ses débuts au Rwanda, par rapport à d’autres pays. La plupart des institutions n’existent que depuis une dizaine d’années, et c’est peu. On estime qu’environ quatre-vingt pour cent des financements sont octroyés à de petits entrepreneurs. Les agriculteurs et les coopératives agricoles peuvent emprunter de l’argent pour cultiver du riz et du maïs.
Ce soudain flux monétaire a cependant aussi posé problème. La mauvaise gestion des fonds et les scandales de corruption en 2006 ont fait beaucoup de tort. ''Il y a eu des dizaines d’arrestation ces dernières années. Les directeurs faisaient des chèques à leur famille et à leurs amis'', dixit M. Zihiga.
Faillite
Huit organisations de microfinance locales ont été fermées en 2006 après avoir fait faillite. Les prestataires de microcrédit avaient prêté près de six milliards de francs rwandais – plus de huit millions d’euros à l’époque. Les investisseurs attendent toujours d’être remboursés.
''Nous avons grandi trop vite. C’était incontrôlable'', explique M. Zihiga. ''On prête de l’argent à des personnes très proches les unes des autres, et toutes sont issues de petites communautés. Si l’un des emprunteurs commet une erreur, d’autres en sont témoins et peuvent suivre son exemple.''
Un manque de personnel spécialisé
AMIR essaie de gérer le secteur, mais cela reste difficile. Les problèmes ne sont pas encore résolus. ''Nous manquons de tout. Nous cherchons des comptables, des banquiers, des ingénieurs en informatique, des chefs du personnel, nous sommes même en manque de directeurs !'' s’exclame M. Zihiga.
Les IMF sont souvent mal dirigées. ''Il y a peu de connaissances sur le sujet car il n’y a pas de formations ou cours spécialisés dans le pays'', explique le Néerlandais Frank Bakx, interviewé dans son jardin à Kigali. L'adviseur M. Bakx travaille comme conseiller technique et donne des conseils, appuis et formations aux IMF rwandais au nom de l’organisation de microfinance Terrafina. ''Beaucoup de Rwandais ne savent pas comment bien investir et ne remboursent alors pas leurs prêts.''
La fuite des cerveaux est un aussi problème majeur au secteur de microfinance. Les personnes expérimentées sont souvent rachetées par des institutions financières qui offrent de meilleurs salaires. ''Nous sommes faibles financièrement, mais le marché financier est en pleine expansion au Rwanda''. ''Les banquiers nous volent régulièrement notre personnel. C’est un cercle vicieux'', s’indigne le président d’AMIR.
Espoir
Le gouvernement du Rwanda et AMIR mettent tout en œuvre aujourd’hui pour restaurer son image, sérieusement endommagée. La supervision des IMF a été renforcée. Mais il y aurait, selon Frank Bakx, tout de même un risque de déconfiture des quelques IMF à cause de mauvaise gestion et manque de personnel qualifié. "Je ne peux pas appeler cela de la corruption, mais plutôt de l'ignorance et peut-être du favoritisme."
Le directeur rwandais, M. Zihiga est assez optimiste : ''Nous nous projetons cinq années en avant et espérons que d’ici là nous aurons fait des progrès, et que nous disposerons de plus de professionnels.'Le Rwanda n’est après tout, qu’au début de son redressement. Aujourd’hui, j’ai de l’espoir.''
















This is indeed a critical view based on several interviews in Rwanda and the Netherlands, focusing on the problems people do meet in the world of microfinance, but also on solutions. Facing problems makes it easier to grow, look forward and deal with possible obstacles in the future.
Since the title "Le Rwanda manque de tout" is broad, we changed it in: "Rwanda: manque de personnel spécialisé", also on request of the rwandese embassy in The Hague. I made some small additional adjustments in consultations with mr Bakx.
I already have informed the journalist that I disagree with the way my quotations have been used and placed in an arbitrary conttext. The entire article is very negative, lopsided, as it focuses on one negative aspect of the past of the mf industry in the country (frauds, bad management). Many parts of the interview I had have ot been used in this article. It appears that Sophie intentionally wishes to sketch a negative pictuer of the sector, and purposely omits to highlights the many positive developments in the recent past.
In the whole this article is a disgrace to the otherwise very informative websiet that RNW presents this year.
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