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jeudi 31 juillet  
Des jeunes manifestent pour que les coupures d'électricité cessent
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Yaoundé, Cameroun
Yaoundé, Cameroun

"Refonder le Cameroun, c’est maintenant"

Publié le : 18 décembre 2012 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (© Photo : Anne Mireille Nzouankeu)
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"Le bilan du Renouveau est médiocre"

"Le bilan du Renouveau est médiocre. Plus personne n'échappe à la chronique des scandales de pots de vin, du trafic d'influence, même le fils du président de la République. Au plan institutionnel, le président se gondole d'avoir été élu au suffrage universel. Pourtant, il hésite à mettre sur pied des institutions démocratiques de peur de perdre son fauteuil. Les êtres humains meurent comme du bétail dans les hôpitaux, dans les prisons", affirme Rodrigue.

Un avis que partage Ulrich Ateba, un jeune de 26 ans. Il a choisi de manifester son mécontentement dans la rue. "Face aux multiples coupures d’électricité, j’ai senti qu’il fallait faire quelque chose. J’ai réuni quelques jeunes du quartier et nous avons fait un sitting dans la rue avec des pancartes qui disaient que nous en avions marre", explique Ulrich.

Comme lors de toute manifestation publique, la police a vite envahi les lieux. Mais les jeunes n’ont pas été arrêtés car ils ont réussi à s’enfuir.

Au Cameroun, des jeunes qui n'ont connu qu’un seul président depuis 30 ans commencent à exprimer leur ras-le-bol.

Par Anne Mireille Nzouankeu, Yaoundé

Nous sommes sur un plateau de télévision à Yaoundé. L’émission est un débat organisé à l’occasion du trentième anniversaire de l’accession au pouvoir de Paul Biya, le président du Cameroun. Les panelistes ne cessent de louer le président de la République. On dit de lui qu’il a apporté la démocratie, la paix, le progrès et bien d’autres choses.

Lorsque c’est à Rodrigue Tonguè de donner son avis, il dit : "Je suis jaloux et envieux des aînés qui ont vécu la transition de 1982. Je trouve qu'âgé de 32 ans, c'est frustrant de ne pas se souvenir d'une transition politique au Cameroun."  Il ajoute : "30 ans de pouvoir c'est trop. Même dans certaines sociétés monarchiques de l'Afrique avant l'indépendance, des sociétés secrètes s’arrangeaient pour tuer le monarque au bout de 30 ans d’exercice sans partage du pouvoir."

Outrage au chef de l’Etat
La parole de Rodrigue Tonguè laisse un froid sur le plateau car c’est toujours un risque de donner un avis négatif sur le président ou de parler de l’alternance au pouvoir. On peut être arrêté pour outrage au chef de l’Etat.

Pourtant, comme Rodrigue Tonguè, beaucoup de jeunes, pour la plupart des intellectuels, bravent cette peur de l’arrestation et commencent à exprimer ouvertement leur ras-le-bol. Ils le font pour la plupart dans les médias, en prenant part aux émissions de débat.

Ils sont appelés les enfants du Renouveau. Cette appellation vient du fait que, depuis leur naissance, ils n’ont réellement connu qu’un seul président, Paul Biya. Pour son accession au pouvoir en 1982, il avait baptisé son programme politique "Le Renouveau".

  • Le jeune Denis Atangana<br>&copy; Photo : Anne Mireille Nzouankeu - http://www.rnw.nl/afrique
  • Les enfants du Renouveau disent non<br>&copy; Photo : Anne Mireille Nzouankeu - http://www.rnw.nl/afrique
  • Rodrigue Tonguè en costume<br>&copy; Photo : Rodrigue Tonguè - http://www.rnw.nl/afrique
  • Ulrich Ateba, au centre en rouge<br>&copy; Photo : Anne Mireille Nzouankeu - http://www.rnw.nl/afrique


Le pouvoir aux jeunes

Des enfants du Renouveau, la soif de changement au ventre, publient des lettres ouvertes dans les journaux. C’est le cas de Denis Atangana, un étudiant de 24 ans. Lui-même engagé dans un parti politique, il appelle les jeunes à se mobiliser pour l’alternance au pouvoir.

Dans ses lettres ouvertes, il demande par exemple aux jeunes de "rejoindre le combat politique pour le changement du Cameroun." Il leur dit que "le temps de refonder le Cameroun, c’est maintenant". Pour lui, la jeunesse "ne veut plus vivre dans un pays où on parle d’elle au futur et non au présent. Un jeune doit prendre le pouvoir."

"J’ai confiance en moi"
"Les jeunes doivent pouvoir s'engager en politique ou tout au moins dans la société civile pour atteindre la masse critique nécessaire à faire changer le système gouvernant", pense Rodrigue. "Malheureusement le régime de Yaoundé s'arrange à les maintenir dans une précarité matérielle telle qu'ils manquent de confiance en soi indispensable à l'engagement citoyen. Moi j’ai confiance en moi", conclut-il.

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