Réaction de Jolly Kamuntu de l'association des femmes journalistes en RDC
Réaction pour Radio Nederland de Jolly Kamuntu, présidente de l’association des femmes journalistes au Sud-Kivu qui fait partie des organisations participant à la Marche mondiale pour luttes contre les violences sexuelles faites aux femmes
« Lors de cette Marche mondiale pour les femmes, nous avons des recommandations. Le viol est un phénomène qui est perpétré par toutes les catégories confondues : civils indisciplinés, militaires indisciplinés, groupes armés qui continuent à opérer comme les rebelles du FDLR ( Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) impliqués dans les viols à grande échelle ici à l’est du pays.
Concernant Walikalé (NDLR : au nord de Goma dans la province du Nord-Kivu) on a pas compris comment on est parvenu à violer 150 femmes, là où il y a les forces de la Monusco, là où il y a l’armée régulière. Ces deux forces sont appelées à coopérer pour protéger les populations civiles. Nous avons fait des recommandations et des dénonciations dans un cahier de charges que l’on va remettre à la communauté internationale et au autorités congolaises »
L'armée commet des viols et des meurtres dans l'Est de la République démocratique du Congo, déjà le théâtre de viols en série récemment, a affirmé jeudi une émissaire de l'ONU devant le Conseil de sécurité.
"Il y a déjà des informations de soldats de maintien de la paix de la Monusco (la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo) sur le terrain selon lesquelles des viols, des tueries et des pillages ont été perpétrés par des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)", a affirmé l'envoyée spéciale pour les violences sexuelles dans les conflits, Margot Wallström.
"La possibilité que les mêmes communautés qui ont été brutalisées en juillet et en août par les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des éléments Maï-Maï souffrent maintenant d'exactions aux mains des troupes des FARDC est inimaginable et inacceptable", a-t-elle ajouté.
Jusqu'à 500 personnes, dont des enfants, ont été violés fin juillet-début août, par une coalition de combattants Maï-Maï et des FDLR dans 13 villages de l'est du pays, selon l'ONU.
L'envoyée spéciale a déclaré devant le Conseil de sécurité qu'elle était "très inquiète" à propos de ces attaques commises sur des civils.
"Je suis très inquiète à propos des opérations militaires en cours par les FARDC dans le territoire de Walikale et ses implications pour la protection des civils", a-t-elle ajouté.
"Des milliers de soldats des FARDC ont été déployés sur ce territoire dans une opération pour mettre en oeuvre le moratoire du président (Joseph Kabila) sur les mines dans la zone et pour réaffirmer le contrôle du gouvernement", a-t-elle encore indiqué.
"Je demande au gouvernement de la RDC d'enquêter sans délai sur de telles exactions", a-t-elle dit.
Mme Wallström a loué les soldats indiens du maintien de la paix qui ont arrêté au moins un dirigeant de la milice, accusé d'avoir organisé les viols, le lieutenant-colonel Sadoke Mayele.
Le chef milicien a été "appréhendé" mardi par la Monusco dans le territoire de Walikale, au Nord-Kivu, "en étroite collaboration" avec la justice militaire congolaise, selon la Monusco.
Source : AFP













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