Radio Nederland Wereldomroep (RNW) va changer de cap journalistique. Désormais, la radio internationale néerlandaise va se concentrer sur l’information des populations dans les pays où la liberté de la presse est réprimée.
Par ailleurs, RNW constituera à l’échelle internationale la carte de visite journalistique des Pays-Bas. Le nouveau slogan Free speech, Dutch values (libre parole, valeurs néerlandaises) anticipe une prochaine prise de décision du gouvernement de La Haye. Les activités en langue néerlandaise vont être considérablement réduites.
L’accord gouvernemental prévoit que "Radio Nederland Wereldomroep se concentrera sur ses tâches fondamentales, dont la libre parole, et qu’elle sera financée par le ministère des Affaires étrangères." Jusqu’à maintenant, RNW est financée par le ministère de l’Enseignement et des Sciences. Pour la fin juin, une décision finale du gouvernement néerlandais sur la mise en œuvre de cet accord est attendue.
Chances supplémentaires
Le directeur général de RNW, Jan Hoek, estime qu’"un grand nombre de nos activités est en cohérence avec le cahier des charges du ministère des Affaires étrangères, à savoir promouvoir la liberté de la presse et propager les valeurs néerlandaises."
Selon une étude récente, moins de 30% de la population mondiale à accès à l’Internet et une partie de cet accès n’est pas libre. "Nous atteignons la plus grande partie de notre public via des organisations audiovisuelles locales, qui reprennent les programmes offerts par RNW (plus de 600 partenaires en Afrique, n.d.l.r.).
Radio Nederland atteint ainsi des dizaines de millions de personnes dans leur propre langue, avec leurs propres besoins d’informations", dit Jan Hoek. "Une étude externe a confirmé que les nouveaux développements technologiques ne rendent pas RNW superflue, mais offrent justement des chances supplémentaires pour faire la différence."
Restrictions budgétaires
Jan Hoek s’attend à ce que des restrictions budgétaires fassent partie du remaniement prévu par le gouvernement. "Nous devons, nous aussi, tout comme le reste de l’audiovisuel public, participer aux indispensables restrictions. Nous faisons passer notre budget de 46 millions d’euros à 36 millions d’euros, c'est-à-dire que nous le diminuons de plus de 20%."
Les restrictions budgétaires seront réalisées en réduisant les activités du service néerlandophone et les émissions sur ondes courtes (en fermant les deux stations émettrices à Bonaire et Madagascar). "La conséquence en est que, selon toute vraisemblance, une centaine d’emplois vont disparaître à Hilversum (siège de RNW aux Pays-Bas, n.d.l.r.) ainsi que dans les stations émettrices."
Activités en langue néerlandaise
Pour suivre ce nouveau cap, Radio Nederland Wereldomroep va limiter ses activités en langue néerlandaise pour ne garder que des informations spécifiques destinées aux expatriés et avoir une fonction de "radio alerte" en cas de désastre pour les Néerlandais à l’étranger.
Cela signifie que la radio arrêtera dans le futur ses programmes en langue néerlandaise destinés aux vacanciers, chauffeurs de poids-lourds et marins. Jan Hoek admet que "cela fait mal, autant pour notre public que pour nos dizaines de collègues qui s’impliquent corps et âme dans ces programmes."
Radio Nederland Wereldomroep continue à proposer les informations pour le public africain dans les deux langues : français et anglais.













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