Pour ou contre l'éducation sexuelle ? Conflit de générations à Béni, en RDC.
Par Gaïus Kowene, Béni
Les rares parents qui essaient de parler de sexe à leurs enfants n’en connaissent que peu. Ils n’ont jamais eu ce genre d’éducation. Leur matériel didactique : la mauvaise expérience des proches qu’ils jugent "immoraux".
Cette méthode encourage les jeunes à l’abstinence sans rien comprendre à la sexualité. Mais la plupart des parents s’y accrochent quand même. "C’est l’immoralité que vous voulez semer dans la société, justifie une mère de famille. L’éducation sexuelle détruit la morale des enfants plutôt que de la construire."
Aujourd'hui, c'est hier
Il ne reste aux jeunes que l’école pour espérer avoir une éducation sexuelle complète. Malheureusement, beaucoup d’enseignants ont la même conception de l’éducation sexuelle que celle des parents.
Vérité Mwananeze donne le cours d’éducation à la vie à l’Institut de Béni. Il reconnait dissimuler consciencieusement certaines informations sur le sexe aux jeunes. Il se réfère à l’époque des ancêtres : "Qui apprenait à nos grands pères l’éducation sexuelle ? Pourquoi ne pas apprendre la même éducation aujourd’hui aux enfants ?" Pour lui, l’éducation sexuelle est responsable d’une dégradation des mœurs qu’il dit observer dans la société actuelle.
Faux, rétorque Bora Muhozi, une jeune de Béni, qui dénonce cette façon d’agir. "A l’adolescence, tout le monde veut apprendre quelque chose de nouveau, confie-t-elle. Mais si on t’en parle juste en moitié, tu cherches à continuer. Tu ne sais pas par où commencer ! Alors, tu tombes et commets des erreurs irréparables dans toute ta vie."
L'éducation de la main
Pour répondre à cela, Vérité Mwanaweze banalise : "Le sexe est aussi une partie du corps comme la main. Pourquoi ne parle-t-on pas alors de l’éducation à la main ?"
Mais pour les jeunes congolais, pas question de tergiverser. Bora Muhozi réclame son droit à l’éducation sexuelle d’un ton ferme : "Quand ils nous parlent du sexe, qu’ils ne le fassent pas avec réserve. Qu’ils nous disent tout ce qu’on doit savoir. Leur travail est de nous éduquer !"













je suis ému de votre sujet, je suis président des jeunes dans la ville de matadi dans un centre des jeunes. dans ce centre nous essayons d'expliquer et faire voir aux jeunes le danger qui nous déranger. a suivre
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