Les pirates somaliens ont empoché environ 60 millions de dollars de rançons en 2009 mais leurs activités dans l'Océan indien suscitent aussi un juteux marché d'inventions pour protéger les navires. Les quelque 36.000 bâtiments qui traversent chaque année le Golfe d'Aden en tentant d'échapper aux pirates et de préserver leurs cargaisons constituent un marché florissant.
Alors que l'embarquement de personnel de sécurité reste difficile, on a déjà testé une multitude de jets d'eau, de filets, de lasers, de radars, toute sorte d'appareils de sécurité qui coûtent des millions de dollars et semblent sortir des livres de Harry Potter.
"Certains de ces instruments, je pense, vont trouver leur place sur la marché car ils répondent au besoin des compagnies de faire quelque chose plutôt que d'armer leurs équipages ou d'embarquer une sécurité à bord", explique un expert en sécurité Jake Allen.
"Cependant nombre de ces inventions ne marchent pas ou sont facilement contournées par les pirates", poursuit le spécialiste, conseiller de la flotte anti-pirates américaine.
Très peu de compagnies maritimes sont prêtes à supporter le coût d'un détour par le cap de Bonne Espérance: elles se trouvent donc devant la quasi obligation d'assurer les mesures de précautions élémentaires.
C'est la foire aux gadgets venus du monde entier avec des petites sociétés au nom accrocheur montées généralement par d'anciens marins. L'une propose le canon à eau anti-pirate et la mousse glissante dans l'espoir qu'elle empêche les pirates de monter à bord. Une société britannique propose un filet qui bloque les hélices des pirates pour 450 dollars le mètre, sans le transport.
D'autres suggèrent des protections "à l'ancienne", genre épieux et huile bouillante. Par exemple des barrières électriques à 9.000 volts ou des "rideaux d'eau chaude" pour interdire l'accès au pont. Certaines, moins chères, suggèrent de gréer des filets autour du bateau, d'y mettre des pièges, des barbelés et des mannequins de gardes de sécurité.
Les forums sur la sécurité maritime sur internet fourmillent de suggestions comme le canon à colle, le bateau-robot anti-pirate ou le laser à 50 dollars (36 euros) qui cause des dommages "réversibles"
Des solutions plus sérieuses, et plus onéreuses, sont développés par la flotte européenne avec des armes éblouissantes qui portent jusqu'à 1000 mètres ou des radars d'alerte.
Aucune de ces solutions n'a été utilisée avec succès à plusieurs reprises contre les pirates. L'une fait exception, c'est un haut-parleur qui lance des messages d'avertissement et peut émettre des "sons dissuasifs". Il a aussi été utilisé lors du dernier sommet du G20 à Pittsburgh l'an dernier.
Le marché envisagé pour ces systèmes est sans doute moindre qu'on ne l'imagine, prévient Hans Tino Hansen, directeur d'une firme danoise de sécurité.
"Chez nos clients de base, on voit que les appareils qui ont aussi une utilité fonctionnelle sont préférés au système uniquement destiné à la sécurité. Cela va de l'imagerie thermique aux canons à eau", estime-t-il.
"Dans l'offre toujours grandissante d'armes non létales, certaines sont moins efficaces qu'annoncé et peuvent même être dangereuses à l'usage", note aussi Olivier Hallaoui, responsable de la Société Surtymar basée en France.
"La finalité de ces mesures de protection est d'empêcher les pirates de monter à bord et de prendre le contrôle du bâtiment. Mais des mesures simples et peu coûteuses peuvent être prises si un bateau suspect est détecté rapidement", a-t-il expliqué.
Les missions navales, qui patrouillent dans les eaux somaliennes, rappellent régulièrement que les bateaux respectant les couloirs de navigation et observant les consignes, sont rarement attaquées.
AFP
















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