Le multilinguisme dans le monde
Environ 6.000 langues sont parlées dans le monde entier.
Moins d'un quart des pays dans le monde ont officiellement deux ou plusieurs langues.
Il n'existe pas de données exactes, mais les spécialistes sont convaincus qu'il existe au niveau international plus de personnes polyglottes que de peronnes ne parlant qu'une langue.
Il existe globalement deux systèmes d'éducation bilingues : OPOL et ML@H.
OPOL (one parent, one language - un parent, une langue) part du principe que les parents parlent chacun leur propre langue aux enfants.
ML@H (minority language at home - langage mineur à la maison) signifie que les deux parents parlent la 'langue minoritaire' à la maison. Par exemple le chinois pour une famille qui vit aux Pays-Bas. Les parents doivent bien entendu parler suffisamment le chinois.
en fin de compte, la plupart des enfants vont maîtriser une langue de préférence. C'est en général la langue de leur environnement (école, amis).
On le voit de plus en plus souvent : des enfants qui entendent parler plusieurs langues au-dessus de leur berceau, ou – un peu plus tard – à table. Conséquence indirecte de la liberté de mouvement des individus qui voyagent plus que jamais dans le monde entier. Ils sont amoureux et fondent une famille avec un partenaire d’un autre pays. Vaut-il mieux éduquer les enfants dans une langue unique ? Il n’est pas du tout nécessaire de faire un choix, affirment les linguistes.
A Utrecht, la salle réservée à l’atelier "atelier sur le bilinguisme et l’éducation bilingue" est bondée. Il y a beaucoup plus d’intéressés que de chaises.
Dafne van Leeuwen, assistante de recherche : "Nous avons une longue liste d’attente. Le bilinguisme croît aux Pays-Bas et est devenu un sujet courant de conversation. La communauté scientifique cherche plus d’approches venant de la pratique. Les familles bilingues le savent."
Permuter sans problème
Bilingue ? Une femme présente à l’atelier a été élevée dans un environnement où on parlait entre autres le cantonais, le malais et l’anglais et qui a appris par la suite le japonais et le néerlandais. Il y avait aussi un homme qui est né en Inde, a déménagé en Angleterre. Il a appris l’anglais et a oublié sa langue natale. Un film YouTube est présenté, où l’on peut voir un petit garçon qui permute sans problème entre l’indonésien, l’anglais et le français. Des rires fusent dans la salle, on se reconnaît parfois.
De nombreuses personnes présentes vivent en couple avec un partenaire parlant une autre langue et sont confrontés avec l’éducation multilingue des enfants. Ils savent tous aussi que le bureau de consultation, où ils se rendent régulièrement pour faire examiner régulièrement leurs petits bambins, a une opinion sévère sur le multilinguisme. La linguiste Sharon Unsworth parle plutôt d’un “bureau de consternation”, dans lequel l’accent est fortement mis sur l’apprentissage d’une seule langue aux jeunes enfants.
Principalement un problème pour les parents
Sharon Unsworth (anglais langue maternelle) : "Vous savez, je suis tout à fait d’accord pour dire que vous devez apprendre le néerlandais si vous voulez fonctionner correctement en néerlandais. Mais cela ne signifie pas obligatoirement que vous deviez abandonner les autres langues. Les parents qui le font, ne vont pas parler mieux en néerlandais avec leurs enfants s’ils ne maitrisent pas bien la langue. Il est préférable pour eux de parler leur langue maternelle, pour faire en sorte que cette langue serve de base pour le néerlandais. Les recherches ont démontré que cette approche est la meilleure.’’
Mais comment organisez-vous votre bilinguisme dans la vie de famille ? choisissez-vous une langue parlée à la maison ? Sharon Unsworth, son mari néerlandais et leur enfant parlent anglais à la maison.
Mais vous pouvez tout autant choisir de parler plusieurs langues à la maison. C’est surtout un problème qui préoccupe les parents. Madame Unsworth : "Les enfants apprennent aussi à faire la différence entre les différentes langues dans des sociétés où plusieurs langues sont parlées indifféremment."
Commencer tôt ?
L'objectif de cet atelier est pour les linguistes d'enlever quelques malentendus qui circulent un peu partout.
Premier malentendu. Il est préférable d’apprendre le plus tôt possible une deuxième langue à un enfant.
C’est vrai, il est bon de commencer tôt, dit Sharon Unsworth. ‘’Mais il n’existe pas vraiment d’âge limite critique. On entend souvent à tort, qu’à quatre ans, un enfant serait trop âgé pour apprendre une deuxième langue.
Elle insiste que l’apprentissage d’une deuxième langue dépend du nombre d’heures pendant lesquelles un enfant est imprégné d’une langue. Plus souvent un enfant entend parler, lit ou parle lui-même une certaine langue, mieux c’est, peu importe l’âge.
Deuxième malentenu : le bilinguisme mène à des confusions dans l’esprit enfantin.
Totalement faux, ajoute Sharon Unsworth : "Au niveau international, les enfants bilingues ou polyglottes sont plus nombreux que les enfants élevés en une langue."
Conclusion : il n'y aucune contre-indication à éduquer votre enfant en deux langues. Pour plus de clarté, il est conseillé d'être structuré et de décider qui parle quelle langue, ou à quel moment une langue donnée est parée. Il est aussi important que les enfants lisent suffisamment pour se familiariser avec les langues qui plus tard, pourront signifier quelque chose pour eux. Par exemple, pour pouvoir communiquer avec la famille qui habite à l'étranger et pour pouvoir parler avec les petits camarades dans la cour de récréation.















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