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Répression d'une manifestation par la police en Ouganda
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Kampala, Ouganda
Kampala, Ouganda

Ouganda : la liberté de la presse en butte aux attaques

Publié le : 2 février 2012 - 2:30pm | Par Rédaction Afrique (Photo : AFP)
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L’Ouganda arrive en 139ème position dans le classement mondial sur la liberté de la presse et perd ainsi 43 places. C’est ce qu’a annoncé la semaine dernière Reporters sans frontières dans son dixième classement annuel. La nouvelle intervient alors que l’on assiste en Ouganda à un regain de violence par les forces de sécurité envers les journalistes couvrant les rassemblements de l’opposition dans le pays.

Marlies Pilon, Kampala

L’Ouganda est explicitement cité dans le rapport de Reporters sans frontières comme l’un des pays qui ont fait une chute vertigineuse dans la liberté de la presse lors de la répression des contestations populaires. "Les médias ougandais n’oublieront pas facilement l’année 2011, peut-on lire dans le rapport. Les journalistes couvrant ces manifestations ont souvent subi de plein fouet la réponse brutale apportée par les forces de police, promptes à réprimer sans discernement et à s’en prendre aux témoins gênants."
L’annonce de la publication du rapport coïncide avec une tentative des forces de sécurité de tirer sur un reporter ougandais en train de couvrir un rassemblement de l’opposition à Namungoona, une banlieue de Kampala, la capitale. Isaac Kasamani, un photojournaliste travaillant pour le quotidien indépendant Daily Monitor, a tout juste évité une balle en se baissant pour prendre une photo d’une bombe lacrymogène lancée par la police pour disperser la foule.

Intimidations
"Alors que je m’apprêtais à prendre une photo, l’un des occupants de la fourgonnette de police a ouvert la portière et a tiré sur moi, après quoi il l’a aussitôt refermée tandis que la fourgonnette s’en allait à toute allure. Je sais que ma profession comporte de nombreux risques, mais j’ai vraiment été intimidé", dit Isaac Kasamani au micro de Radio Nederland.

La semaine dernière, trois autres journalistes ont été blessés alors qu’ils couvraient l’arrestation de membres de l’opposition, selon Human Rights Watch Uganda. Il s’agit de Michael Kigozi (Radio One), Hadijah Mwanje (HRNJ-Uganda) et de Nasser Kayanja (Radio Simba).

"La police affirme ne pas pouvoir différencier les journalistes des autres personnes quand ils font leur travail et les encourage à porter des gilets pare-balles. Malheureusement, les journalistes ayant un gilet pare-balles ont suscité davantage la colère des policiers", écrivait cette semaine dans une lettre publiée par le Daily Monitor Geoffrey Wokulira Ssebaggala, coordinateur de programmes de Human Rights Network for Journalists Uganda.

Interventions musclées
Les forces de sécurité ont mené une répression sans précédent à l’encontre des journalistes lors des dernières manifestations Walk to Work, une série de protestations dirigées par l’opposition contre le prix élevé de la vie. Plusieurs journalistes ont été tabassés, arrêtés et victimes de tirs de balles. Ces interventions musclées semblent avoir été organisées pour empêcher les journalistes de faire état des attaques brutales envers les manifestants.

Dans une lettre publiée en mars de l’année dernière par le quotidien d’Etat New Vision, le président ougandais Yoweri Museveni s’en est pris violemment aux médias nationaux et internationaux qui couvraient les manifestations Walk to Work. "Les médias, aussi bien nationaux qu’internationaux, comme el-Jazeera, la BBC, NTV ou la Daily Monitor qui portent aux nues ces gens irresponsables sont les ennemis du rétablissement du pays et ils seront traités en tant que tels", écrivait-il.

Répression
Reporters sans frontières cite l’Ouganda avec le Vietnam, la Chine, l’Azerbaïdjan où "les mouvements démocratiques (…) se sont heurtés à une répression féroce.(…)Répression a été le mot de l’année écoulée", poursuit l’ONG.

Parmi les 179 pays figurant dans le classement de la liberté de la presse, Djibouti, le Malawi et l’Ouganda ont connu les chutes les plus vertigineuses. Par contre, le Niger effectue la plus forte progression mondiale avec un bond de 75 places et arrive en 29ème position. Deux pays africains, le Cap Vert et la Namibie, figurent dans les vingt meilleures places du classement.
 

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