C’est le premier opéra totalement en langue Klingon qui sera joué à La Haye ce week-end. Mais le 11 septembre, que peut nous dire un opéra sur les Aliens de la célèbre série télévisée Star Trek, chanté dans une langue imaginaire, sur le monde dans lequel nous vivons ?
Plus que vous ne le pensez.
Au premier abord, jouer l’opéra Klingon le jour du 9ème anniversaire des attaques des tours du WTC de New York n’est pas une heureuse coïncidence. Les Klingons sont un peuple violent et belliqueux.
"Leçon importante"
Mais Floris Schönfeld, la force créatrice derrière l’opéra Klingon, dont le nom est "U' (Klingon pour universel), explique que cet opéra est une leçon très importance pour le monde d’après le 11 septembre : la compréhension des autres cultures.
"Si nous pouvons comprendre les Klingons, et s’ils peuvent nous comprendre, alors nous n’avons plus de raison de nous fâcher sur cette terre."
Trekkie
Schönfeld enseigne par l’exemple. Puisqu’il n’est pas un Trekkie, il a passé ses deux dernières années à chercher à comprendre la culture Klingon. Il désire ardemment que l’opéra soit accepté par les fans des séries, en particulier ceux qui se nomment eux-mêmes les Klingons terranized, autrement dit les Klingons qui vivent sur la terre.
Shönfeld, de toutes façons, ne s’en est pas arrêté là. Il a pris encore un plus grand risque en envoyant une invitation pour les représentations des week-ends à la planète des Klingons, Kronos (et il a créé un petit film sur l’invitation). Après tout, les Klingons de leur propre planète seraient les critiques les plus sévères.
Entre réalité et fiction
Dans son travail, Schönfeld aime jongler entre la réalité et la fiction, il en est de même lors de ses interviews. J’ai donc demandé à la productrice de l’opéra, Hanna Boender, du théâtre Zeebelt à La haye, si toutes les bizarreries du premier opéra Klingon ne l’avaient pas fait réfléchir à deux fois avant d’accepter le travail.
"Eh bien, il y a quelque temps de cela, la municipalité a dit que nous devions travailler à notre image. Alors, qu’est-ce que vous en pensez ?"
Art alternatif
Zeebelt est un petit théâtre, qui fait la promotion de représentations de type alternatif. Madame Boender est d’accord pour dire que la première mondiale d’un opéra Klingon compte parmi l’art alternatif. Non seulement l’opéra lui-même est agréable à écouter, dit-elle, mais c’est également un bon opéra.
L’intrigue est tirée d’une histoire Klingon provenant d’un film de Star Trek et est inspirée de la mythologie grecque. Kahles l’inoubliable cherche à réparer l’honneur de sa famille après le meurtre de son père perpétré par son père.
Des instruments Klingon accompagnent les chanteurs, appliquant les principes Klingon du combat musical. La beauté est recherchée dans l’impact des forces opposées.
Guichet fermé
La soirée d’ouverture sera jouée à guichet fermé. Marc Ghijsels a acheté l’un des 90 billets. Ghijsels est le responsable des relations publiques pour le fan club des Star Trek néerlandais. Leurs 600 membres regardent le monde à travers les yeux de Star Trek. Certains membres aiment s’habiller en tenue Star Trek, mais Ghijsels affirme que la discrétion est présente même chez les Trekkies.
Ghijsels est fier du fait que la première mondiale, ou, plutôt, la première universelle d’un opéra Klingon se passe aux Pays-Bas. Et il pense que l’opéra pourra donner des conseils pour savoir comment répondre aux attaques terroristes comme celle du 11 septembre 2001 : "Tout le monde dans Star Trek respecte les différentes formes de vie. Le respect des gens d’une autre culture fait partie de la philosophie de la série."
Combat de Samouraï
Le créateur Floris Schönfeld est d’accord. Il souhaite que son opéra amène les personnes à réfléchir sur la violence d’une nouvelle manière. La violence Klingon connaît un code très strict, exprimé par le proverbe qa' wIje 'meH masuv, "nous combattons pour enrichir l’esprit". Une éthique empruntée des combattants samouraï et qui est relativement bien civilisée.
Après tout, qui peut montrer plus de compréhension que des gens qui veulent enrichir leur esprit, habillés en costumes originaux et parlant une langue imaginaire ?

















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