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mardi 21 mai  
bidonville Kenya
Portrait de Thijs Bouwknegt
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Nairobi, Kenya
Nairobi, Kenya

Ocampo dans les bidonvilles de Nairobi

Publié le : 11 mai 2010 - 2:55pm | Par Thijs Bouwknegt (photo RNW)
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Ce matin, j’avais l’impression que c’était le printemps à Nairobi. C'étais comme si j'étais chez moi à Amsterdam. L'air frais, je pouvais sentir les fleurs dans le jardin de l'hôtel. Hier soir il est tombé de grosses averses, les rues étaient propres. Pour une fois, pas d'embouteillages. Je suis excité d'aller voir l'autre côté de la capitale du Kenya.

Thijs Bouwknegt et Eric Beauchemin

Nos deux envoyés spéciaux Thijs Bouwknegt et Eric Beauchemin sont actuellement à Nairobi (Kenya) pour couvrir la visite du procureur général de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno Ocampo.

Eric est parti tôt visiter Mathare, l’un des quartiers les plus pauvres de Nairobi. Luis Moreno Ocampo voulait rencontrer les habitants des bidonvilles. Ses employés avaient organisé une petite réunion dans l’un des plus gros bâtiments de Mathare. Ocampo a regardé un vidéo sur un disc-jockey qui a perdu son bras dans les violences post-électorales alors qu’il tentait de protéger une femme qui se faisait violer par 17 hommes.

Ballon de foot

Une jeune fille lit à haute voix une lettre destinée au procureur. Quand il lui a demandé qui lui avait dit d’écrire, elle a répondu : "ma mère". La rencontre fut brève, et quand Ocampo reçut un ballon de football en cadeau, il a rétorqué que c’était un souvenir approprié car il avait été l’avocat de Maradona.

Sa visite n’avait pas été annoncée pour des raisons de sécurité, mais dès qu’il est arrivé, les gens qui étaient dehors l’on remarqué, debout sur le balcon de l’immeuble à 4 étages. Ils le dévisageaient. Quand il est parti, près de 50 personnes s’étaient réunies devant le bâtiment et scandaient "Ocampo !Ocampo !Ocampo !", comme si une étoile d’Hollywood se trouvait au milieu d’eux. Le procureur baissa son pare-brise, sourit et les salua.

Quand Eric revient, nous allons à Kibera. "C’est le plus grand bidonville d’Afrique", nous dit notre chauffeur Amos. Le soleil brille alors que nous entrons à Kibera, où habitent environ 1 million de personnes. A l’inverse du centre ville, les rues ne sont pas propres ici. Des détritus traînent partout, et j’essaie difficilement de me remémorer les sensations agréables de ce matin.

Justice

Nous allons à la recherche de mon ami Thomas Bwire. Il est rédacteur à Pamoja FM, la principale radio communautaire de Kibera. Il nous fait visiter son bureau et nous présente à Jane Wanjiru, une vieille femme dont la maison a été brûlée complètement pendant les violences électorales. Elle dit qu’elle veut la paix. Mais aussi la justice.

"Je veux que la justice soit faite. Les gens qui ont fait cela devraient être punis, car, en tant que citoyen du Kenya, j’ai voté comme toute autre personne. J’ai attendu les résultats comme tout le monde, seulement pour découvrir qu’il y existait un projet d’expulser les Kikuyus, de détruire nos maisons, et de voler nos biens. Je veux qu’Ocampo vienne nous voir et je veux être sûre que les preuves que nous lui montrons seront utilisées afin que la loi soit respectée. Je crois que la CPI accomplira quelque chose, aussi longtemps qu’elle n’impliquera pas le gouvernement kenyan dans ses enquêtes."

Poster d'Ocampo

Elle nous invite dans sa nouvelle maison, fabriquée en tôle. Un poster d’Ocampo est accroché à l’intérieur. Les autres personnes présentes dans la pièce nous racontent qu’elles ont été obligées de quitter leurs maisons. "Pendant les périodes de violences, ils sont tout simplement entrés dans ma maison et m’ont dit de partir", raconte Tim, un jeune garçon qui souhaite désespérément retourner à l’école.
"Ils ont pris tout ce que j’avais, et maintenant je dois me battre pour survivre dans les bidonvilles."

Alors que nous marchons dans une rue étroite et sale, il salue un homme. "C’est lui", dit-il. "IL a pris ma maison. Je le salue car nous ne nous pouvons pas ne pas être amis. "
Alors que nous retournons vers Pajoma FM, nous voyons deux enfants qui boivent de l’eau d’un ruisseau sale. "C’est Kibera ", dit Thomas.

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