Quelque 200 personnes ont bloqué la circulation jeudi après-midi à Nairobi pour manifester. La manifestation s’intitulait The Love Protest, même si de nombreux participants portaient des cercueils.
Michael Kaloki, Nairobi
Parmi les manifestants se trouvait Leah Kinyanjui. "Je suis patriote", dit l’étudiante en psychologie à l’Université de Nairobi. "Il est temps que nous montrions à nos ministres que nous connaissons nos droits. Nous en avons assez d’être opprimés."
Les manifestants brandissaient des banderoles appelant à la paix dans le pays. Scandant des slogans, ils se sont dirigés vers le Parlement national.
Agir
"Je prends part à cette manifestation parce que c’est mon pays", dit Anthony Mwangi, un musicien. "Je dois arrêter de faire des choses en marge de la société, je dois agir, pour que nous puissions tous vivre demain dans un pays libre."
Les cercueils en bois brandis par les participants étaient recouverts d’inscriptions relatant toute une série de scandales financiers et politiques que le Kenya a connus depuis son indépendance, il y a 49 ans. Ces objets singuliers ont attiré l’attention de maints observateurs. Certains magasins ont cessé un instant leurs activités : clients et propriétaires prenaient le temps de regarder la procession.
La tension a monté d’un cran quand les manifestants sont passés devant le bâtiment officiel du président Kibaki. Le personnel chargé de la sécurité du président a tendu une sorte de clôture tout autour du bâtiment, afin de s’assurer que les manifestants n’entrent pas dans l’espace protégé.
Parlement
Une fois arrivés à la hauteur du Parlement, les manifestants ont tenté d’entrer, mais ils en ont été empêchés par des gardes armés qui se tenaient devant les portes d’entrée. Certains jetèrent leurs cercueils par-dessus les clôtures et vers le parking situé dans l’enceinte du bâtiment.
"Je suis ici car je suis un Kényan patriote responsable, et je pense qu’il est temps que nous nous manifestions pour empêcher nos leaders de nous opprimer," scande Sylvia Karuri, une étudiante à l’Université polytechnique du Kenya.
"Ils doivent savoir que nous les avons choisis au Parlement. Nous voulons voter pour des leaders qui nous emmènent quelque part. Nous avons une certaine vision de l’avenir et nous voulons aller de l’avant."
Aucun doute, ces cercueils reflètent les troubles qu’a connus le Kenya et auxquels le pays continue de faire face. Pour l’instant, les manifestants semblaient optimistes et avaient bon espoir que leurs cris et chahuts soient entendus. Et peut-être même qu’ils pourraient contribuer à un changement.




















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