Des millions de téléphones
Les téléphones cellulaires vont-ils "reconstruire les murs brisés de l'agriculture du Nigeria et libérer les richesses et les opportunités" ? C'est l'espoir du ministre de l'Agriculture Adesina Akinwunmi, qui soutient un projet visant à doter les agriculteurs d'appareils mobiles pouvant aider à créer une base de données centralisée des agriculteurs et une plateforme pour le partage des connaissances.
Le mois dernier, les premiers rapports des médias ont indiqué que le gouvernement nigérian achèterait 10 millions de téléphones portables, pour un coût estimé à 60 milliards de nairas (environ 75 millions d'euros). Un article du Vanguard daté du 26 janvier a mis un bémol à cette déclaration, indiquant que le ministre Adesina Akinwunmi avait dit que le gouvernement pourrait "distribuer seulement deux millions de téléphones aux agriculteurs cette année."
Selon un article daté du 7 février publié par This Day Live, le ministre a indiqué que 71 % des 426 000 agriculteurs répertoriés dans 13 États n'avaient pas de téléphones cellulaires et que "beaucoup... dans les zones rurales sont très pauvres et ne profitent guère des avantages de la révolution du téléphone portable en cours au Nigeria."
Myke Gbe est fermier au Nigeria. Ce qu'il préfère ? Sauver des animaux à l'aide de ses téléphones et de sa tablette. Voyez plutôt.
Pour lire la première partie de cet article, c'est par ici.
Par King James Yiye, Makurdi
Au milieu des cailles, des oies et des canards qui vivent normalement dans cette ferme de l'État de la Bénoué, une créature ailée est en visite. Myke, le fermier, dit qu'elle aurait fini "dans une grande marmite noire pour Noël" s'il n'était pas intervenu. Et sans son téléphone portable et sa tablette, il n'aurait pas pu savoir à temps que le visiteur en question était un balbuzard pêcheur.
L'oiseau qui valait 6 000 nairas
"C'était un dimanche matin, le 23 décembre", se rappelle Myke. "J'étais ici dans ma ferme et mon mécanicien m'a appelé. Il avait vu des gens avec un oiseau qu'ils essayaient de vendre. Il portait une bague. Dès que j'ai entendu le mot "bague", j'ai pris la voiture et je me suis directement rendu sur les lieux."
"Ce mot "bague" a attiré mon attention", dit-il, faisant allusion à l'étiquette codée en aluminium qui indiquait que l'oiseau faisait l'objet d'un suivi par des chercheurs. "Certains paysans faisaient étalage de la prise", voulant la vendre au plus offrant.
Il s'est vite avéré que l'objet de la vente aux enchères était un balbuzard pêcheur, également connu sous le nom d'aigle pêcheur. L'oiseau était malade. L'on proposait 5.000 nairas (environ 30 dollars américains). Myke proposa 6 000 nairas et emporta l'oiseau.
Liberté pour le balbuzard pêcheur
À la ferme, l'oiseau est gardé dans une cage. La bague, autour de sa patte droite, porte une inscription : "RETOUR Musée ZOOL Helsinki Finlande, M-61683".
"Il n'a pas commencé à se nourrir lui-même – nous le nourrissons – mais il est arrivé ici très faible et presque moribond", souligne Myke, le fermier. Grâce à ses appareils mobiles, il a pu trouver trouver des informations utiles en ligne. "J'ai surfé immédiatement et j'ai découvert auprès de l'ambassade de Finlande qu'il se nourrit exclusivement de poissons. Heureusement, il y a une pisciculture ici", dit-il.
L'ambassade, à son tour, l'a mis en contact avec le centre de baguage responsable, situé au Musée finlandais d'histoire naturelle, qui est affilié à l'Université d'Helsinki. "Ils m'ont également demandé de prendre contact avec le Centre de conservation du Nigeria, à Maiduguri", explique t-il. "Ils ont manifesté de l'intérêt pour mon aide. Ils s'attendent maintenant à ce que je le libère lorsqu'il sera complètement guéri."
La téléphonie mobile a été un tremplin pour Mike
Myke compte donc laisser partir le balbuzard pêcheur dès qu'il sera en mesure de se nourrir seul.
"Je remercie Dieu d'avoir pu me permettre de faire revivre l'oiseau", dit-il. "Il était presque moribond, maintenant vous pouvez voir qu'il est en vie. Il ne pouvait pas se tenir sur ses pattes. Maintenant, il se promène dans la cage et vous pouvez même voir qu'en ce moment il essaye de s'échapper, ce qui signifie qu'il est en convalescence."
Il n'y a aucun doute : la téléphonie mobile a été un tremplin pour Mike. Il a pu augmenter la ventre de ses cailles et sauver un balbuzard pêcheur. Et ça, tout le monde ne peut pas en dire autant.
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Félicitation à Myke. Ceci est très louable pour moi écolo. Mais il faudrait chercher un écolo ornothologue qui vous guidera lors de la réintégration de ce bulzard dans la nature
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