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Rina Mushonga
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Amsterdam, Pays-Bas
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"Mon inspiration ? la danse moderne et Julie Andrews"

Publié le : 7 octobre 2011 - 5:24pm | Par Saskia Houttuin (photo rnw)
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Rina Mushonga

Rina Mushonga est chanteuse, auteur-compositeur, mi-néerlandaise, mi-zimbabwéenne. A l'aide de sa guitare, de sa forte voix et de son crayon acéré, elle a bien l'intention de conquérir les Pays-Bas et le reste du monde.

Vous êtes moitié zimbabwéenne, moitié néerlandaise. Où avez-vous grandi ?
J’ai grandi partout. Mon père est zimbabwéen, alors nous avons vécu au Zimbabwe pour un bon bout de temps. Je suis allée à l’école là-bas. Ma mère est néerlandaise, j’ai donc passé quelque temps aux Pays-Bas, j’y ai suivi mes études. Mais j’ai aussi habité à Londres, et je suis née… en Inde !

Vous vivez maintenant aux Pays-Bas, pourquoi ?
Il y a plus de possibilités aux Pays-Bas et il y a plus de capacités, de ressources ainsi que de l’expertise. C’est pourquoi il est plus facile, je pense, pour un musicien, de faire de la scène aux Pays-Bas. Au Zimbabwe, vous savez, il y a un manque de compétences et de ressources pour soutenir les jeunes artistes, il n’y a pas beaucoup de scènes non plus. Il n’y a pas assez d’endroits sympas et super pour jouer au Zimbabwe.

Comment s’est envolée votre carrière ?

Je suis venue aux Pays-Bas pour rendre visite à des amis. J’ai enregistré quelques nouvelles chansons et les ai envoyées à Africa Unsigned, une maison de disques néerlandaise. Ils ont beaucoup apprécié et m’on abordée pour me demander de fonder un projet avec eux, un Crowdfunding.

Crowdfunding?

Crowdfunding regroupe ce que font les musiciens tout le temps : la recherche de réseaux, d’amis, de la famille, pour vous soutenir financièrement dans un objectif bien déterminé. Pour enregistrer un album aussi bien que pour aller en tournée. Cela donne à l’artiste plus d’indépendance et fait en sorte que les gens qui aiment votre musique s’impliquent plus dans le processus. Mon premier objectif était d’obtenir 5.000 dollars. Nous avons atteint cet objectif assez facilement, en six semaines ! Avec cet argent, j’ai pu me produire aux Pays-Bas, en Belgique et à Londres.

Quelles sont vos inspirations musicales ?

Je pense que je tire mon inspiration musicale d’un tas de choses. Je suis tout simplement inspirée par le monde qui m’entoure. Donc par les gens, les émotions… Je tire aussi mon inspiration par la danse moderne. J’adore regarder la danse moderne.

Quelles sont vos icônes ?

J’ai beaucoup d’icônes musicales, dont certaines qui vont peut-être vous surprendre. Julie Andrews par exemple. Quand j’étais enfant, j’aimais vraiment Mary Poppins et The Sound of Music. J’adore les comédies musicales, c’est ridicule, mais je pense que j’aime le mélodrame.

Si vous aviez la possibilité de travailler avec un artiste, lequel choisiriez-vous ?

Si je pouvais travailler avec un artiste… Je pense que j’aimerais collaborer avec Bon Iver ou Eddie Vedder, le chanteur-vedette de Pearl Jam. J’aimerais être assise à côté deux et écrire une chanson cool.

Qu’est ce qui vous fait sourire, quand vous pensez au Zimbabwe ?

Le manque d’organisation du pays. Il essaye d’être très bureaucratique, les gens veulent se tenir aux normes et aux règles, mais en fait c’est totalement inefficace. Vous devez remplir formulaire après formulaire, car ça doit être fait d’une certaine manière, mais de toute façon si vous payez le gars 5 dollars, vous aurez également ce que vous voulez. Je trouve ça drôle parfois.

Imaginons que vous deveniez présidente du Zimbabwe tout à coup. Quelle serait votre priorité numéro 1 ?
Je ne pourrais pas nommer de priorité. Il y a tellement de chose à changer au Zimbabwe. En tant que musicienne, je voudrais réformer le secteur culturel. Mais en tant que personne, je pense que la santé et l’éducation seraient ma première priorité.

En pensant aux Pays-Bas, quel est le plus gros cliché qui vous vient en tête ?
Les gens pensent qu’aux Pays-Bas tout le monde fume de l’herbe tout le temps. Comme si c’était normal. J’ai plein d’amis néerlandais et aucun ne fume de l’herbe, donc… ça me rend triste en fait. Beaucoup de gens viennent à Amsterdam pour fumer, alors que la ville a tellement plus à offrir. Un autre cliché auquel je pense est le fait que les Pays-Bas sont si libéraux. C’est de moins en moins le cas, à cause de partis politiques comme le Parti pour la liberté (PVV) et son leader Geert Wilders, mais également après les coupes budgétaires drastiques dans le secteur artistique. Je pense que cela ne devrait pas être possible dans un pays comme les Pays-Bas à cette époque. L’art est une chose dans laquelle nous devons investir et nous devons en être fiers.
 

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