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Nwabisa Ngcukana (c) et ses consoeurs manifestent
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Johannesburg, Afrique du Sud
Johannesburg, Afrique du Sud

Minijupes et maxi-déclarations

Publié le : 21 février 2012 - 11:40am | Par Rédaction Afrique (photo Thuso Khumalo)
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Des centaines de Sud-Africaines sont descendues, le 17 février dernier, dans les rues de Johannesburg pour exiger le droit de porter des minijupes sans risquer d’être harcelées sexuellement. Des hommes visiblement excités ont dû subir les foudres des manifestantes.

Thuso Khumalo, Johannesburg

"Tu frappes une femme, tu frappes un rocher et tu mourras à coup sûr". C’est en scandant ce slogan que des centaines de femmes se sont dirigées vers les deux plus grands arrêts de taxis collectifs à Johannesburg.

Les manifestantes, dont une grande partie sont membres de la Ligue des femmes de l’ANC, défilaient pour protester contre les incidents croissants dont sont victimes les femmes portant des minijupes de la part de chauffeurs de taxi notamment.

Leur premier arrêt de la marche a eu lieu à la station de taxis Bree, où elles se sont mises à chanter, danser et montrer autant qu’elles le purent leurs atouts naturels aux chauffeurs de taxi visiblement excités.

La Première ministre en minijupe
Vêtue d’une minijupe étroite de couleur crème, la Première ministre de la province de Gauteng, Nomvula Mokonyane, menait la marche, défiant les chauffeurs de taxi de la toucher. "Aucun homme ne devrait nous dire, à nous femmes d’Afrique du Sud, où aller et quoi porter. Nous arrêterons et jetterons en prison ceux qui harcèlent les femmes qui portent des minijupes", déclarait-elle.

Le cortège s’est rendu ensuite à la station Noord, dans le centre de Johannesburg. Lulu Xingwana, ministre de la Condition des femmes, des enfants et des personnes handicapées, n’a pas mâché ses mots face aux dizaines de chauffeurs de taxi qui observaient la marche du toit de la station de taxis.
"Si vous osez encore une fois toucher une femme qui porte une minijupe, nous fermerons cette station de taxis", a-t-elle menacé.

Première victime
Nwabisa Ngcukana a été la première victime d’une agression pour le port d’une minijupe. Agée de 29 ans, la jeune femme, donc l’expérience traumatique a soulevé en 2008 un véritable tollé à travers tout le pays, était au centre de l’intérêt lors de la marche.

"J’étais à la station Noord pour monter à bord d’un taxi, comme toute autre personne. Tout d’un coup, des chauffeurs de taxi et colporteurs se sont mis à me huer et à me lancer des insultes parce que je portais une minijupe. L’un d’eux s’est emparé de moi, tandis que d’autres me tripotaient la poitrine et les cuisses tout en me déchirant les vêtements", dit Nwabisa.

Soixante hommes sur deux jeunes filles
L’abus de deux jeunes filles de 18 et 19 ans, en décembre dernier à la même station de taxis, est à l’origine de la marche du 17 février dernier. Jabulile Ndlovu, qui était témoin, qualifie l’incident de répugnant et de barbare.

"Les deux filles étaient entourées et suivies par une soixantaine d’hommes. Certains d’entre eux leur tiraient le haut des vêtements, essayant de mettre à nu leur poitrine tandis que d’autres étaient en train de les tripoter partout. D’autres encore leur soulevaient leur jupe pour montrer leurs sous-vêtements. Ce qui m’a le plus irritée, c’est que certaines femmes dans la foule étaient également en train de les huer et de rire", se rappelle Jabulile Ndlovu.

Arrestation des auteurs
Meiki Sithole, qui a été aussi verbalement abusée par des hommes pour le port d’une minijupe, déplore que même dans les deux cas les plus célèbres dont tout le pays parlait aucune arrestation n’ait eu lieu.
"Les deux incidents ont été filmés par des caméras de surveillance. Les auteurs ne devraient-ils pas être identifiés, arrêtés et incarcérés ?", demande Meiki Sithole.

Paralysie
Parlant au nom des organisateurs de la marche de protestation, Troy Martens, la porte-parole de la Ligue des femmes de l’ANC déclarait que leur capacité de paralyser le centre d’affaires de Johannesburg durant cette marche est la preuve que les femmes sud-africaines refusent d’être traitées comme de purs objets.
 

  • De g. à d.: Ministre Xingwana, madame Mokonyane et autre femme<br>&copy; photo Thuso Khumalo - http://www.rnw.nl
  • manifestantes en train de danser en mini-jupe<br>&copy; photo Thuso Khumalo - http://www.rnw.nl
  • Nwabisa Ngcukana (c) et ses consoeurs manifestent<br>&copy; photo Thuso Khumalo - photo Thuso Khumalo

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