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Un vagin brodé sur du tissu pour parler des mutilations génitales
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MGF : "C'est le début de la fin"

Publié le : 6 février 2013 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (Photo: Flickr/craftivist collective))
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Les journalistes peuvent jouer un rôle crucial en aidant à changer les attitudes traditionnelles dans les sociétés où la pratique cruelle des mutilations génitales féminines (MGF) est une réalité quotidienne. Interview avec Mae Azango, journaliste libérienne.

Par Rousbeh Legatis (IPS)

Mae Azango, une journaliste pour le site d’informations FrontPage Africa, s’est attaquée à ce problème tabou dans son pays natal, le Libéria, où jusqu’à deux filles sur trois sont touchées. Sa couverture a forcé sa jeune fille et elle dans la clandestinité pendant des semaines, mais cela a également gagné l'attention internationale et mis la pression sur le gouvernement. Mae Azango a également remporter le Prix international 2012 de la Liberté de la presse.

En ayant un regard rétrospectif sur votre travail, vous avez dit : "Je savais que si nous commencions à en parler (des MGF), et qu’ils connaissaient la vérité, beaucoup de parents choisiraient une voie différente" pour leurs filles. L’ont-ils fait ?

Non, les parents n'ont pas encore choisi une voie différente pour leurs filles parce qu'ils estiment toujours que c'est la chose claire et juste à faire. En tant qu’une tradition ancienne, elle ne va pas être changée du jour au lendemain. Nous le savons. Pendant que je vous parle, la pratique est toujours en cours secrètement, bien que le gouvernement ait suspendu ces activités.

Mais ce que nous avons fait, c’est de commencer une conversation à un niveau national qui permettra à cette pratique d’être débattue pour la première fois dans notre pays. J’en suis très heureuse. De plus en plus de leaders politiques et de victimes se sont sentis en confiance pour se présenter et dire: "Cette pratique est dépassée. Elle est erronée". Beaucoup de parents entendront ce débat pour la première fois et penseront deux fois au sujet de l’excision de leurs filles.

Ce n'est pas la fin, mais c'est le début de la fin et beaucoup de petites filles seront épargnées.

Pourquoi la MGF est-elle un sujet aussi tabou et en quoi est-elle difficile à couvrir en tant que journaliste ?
C'est un sujet tabou au Libéria et en Sierra Leone parce que c'est un rituel pratiqué par des sociétés traditionnelles secrètes dans ces deux pays. Les filles âgées de deux ans passent des mois dans la brousse à apprendre à être des épouses et à la fin, il y a une cérémonie au cours de laquelle elles sont excisées. Il existe également une école pour les garçons.

Les gens qui dirigent ces écoles se font beaucoup d'argent à partir d’elles et ils veulent protéger ce revenu. Les gens savent que si vous êtes initié(e) dans ces sociétés, vous ne devez jamais parler de ce qui se passe là-bas. Si vous le faites, ils vous tueront, la plupart du temps par magie. Alors, les gens ont très peur d'en parler.

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Mais les femmes affectées, qui ont subi ce rituel d’excision, sont souvent très amères et pleines de ressentiments. J'ai pu convaincre une femme à me parler, mais elle était extrêmement anxieuse à ce sujet. Nous avons dû nous cacher dans sa cabane et utiliser un faux nom. Elle était encore traumatisée par l'expérience quand elle a été tenue par terre par quatre femmes alors qu’elle avait 13 ans et a été excisée par une cinquième avec une lame qui avait été utilisée sur 25 autres filles. Elle vit avec le traumatisme et les conséquences médicales depuis ce temps.

Elle a été confrontée à beaucoup d'attaques depuis que l'histoire est sortie, mais elle affirme qu'elle est contente de l'avoir fait parce qu'elle espère que cela épargnera à d’autres filles ce qu'elle a vécu. Elle est très courageuse.

Quelle est la situation des femmes journalistes au Libéria et de quoi ont-elles besoin ?
Il n'y a pas beaucoup de femmes journalistes au Libéria, mais les quelques-unes qui y sont essaient de faire une différence.

Beaucoup de journalistes hommes estiment que nous sommes seulement assez bonnes pour chercher des sujets légers. Je suis très chanceuse de travailler pour FrontPage Africa – un journal qui voit les femmes journalistes comme un atout. Je fais également partie d'un projet américain appelé New Narratives, qui appuie les femmes journalistes au Libéria.

Avec New Narratives, nous avons forcé le gouvernement et d'autres dirigeants à agir sur une gamme de questions, y compris les abus des policiers sur des victimes de viol, la prostitution des enfants et la grossesse chez les adolescentes.

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