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samedi 25 octobre  
les ados de Mwelu au travail
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Nirobi, Kenya
Nirobi, Kenya

Mathare : les enfants-photographes des bidonvilles

Publié le : 20 mars 2012 - 5:57pm | Par Rédaction Afrique (photo fondation Mwelu)
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La fondation Mwelu se charge d’initier les enfants les plus démunis des bidonvilles de Mathare à la photographie. Les images réalisées dans la fondation ont conquis en quelques années un public de plus en plus large.  Mwelu est devenue une entreprise autonome qui a permis de changer le cours de la vie de plus d'un enfant des bidonvilles de la capitale kényane.

Par Joan Barsulai, Nairobi

C'est un samedi après-midi comme un autre. Dans une petite pièce, un groupe d’enfants sont en train de bavarder et de se répartir des tâches. Après des discussions animées, quelques-uns d’entre eux sortent de la pièce, avec en bandoulière des gros appareils photo, puis se dispersent dans la nature. Certains les suivent, attendant impatiemment leur tour de prendre l’appareil photo. D’autres restent, et s’assoient derrière des ordinateurs où ils vont retoucher les photos qu’ils ont prises et les préparer à la vente.

La Fondation Mwelu accueille depuis neuf ans les enfants pour leur apprendre l’art de la photographie ; c'est aussi un endroit où l'on peut échanger ses idées. Son siège est Mathare, un quartier de bidonvilles de Nairobi, endroit la fondation est née et continue de prospérer.

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Retour à Mathare
Julius Mwelu, le fondateur, a 27 ans et a grandi à Mathare. Il est le troisième d’une famille de sept enfants et a pu se rendre compte assez vite de la précarité de la vie. C’est pourquoi, quand l’opportunité se présente de partir, il la prend. Il a 13 ans. Ce projet qui a changé sa vie, ‘Shootback’, enseignait aux enfants des bidonvilles le b-a-ba de la photographie. Certaines photos de Mwelu sont publiées dans des livres, ce qui a beaucoup aidé Julius. Un an plus tard, il est accueilli dans une famille aux Pays-Bas, où il peut continuer sa scolarité.
  • petit enfant, grande bassine<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • WC sur mesure<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • jouets faits main<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • Julius Mwelu<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • à la recherche de poissons<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • Julius Mwelu et &quot;ses&quot; enfants<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • belles chaussures !<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • jouer sous la pluie<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • après les violences de 2007<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • seau trop plein<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • nager dans les eaux troubles<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/
  • coupure d&#039;eau<br>&copy; © Photo: Mwelu Foundation - http://www.mwelu.org/

En 2003, il retourne à Mathare en tant que photographe free-lance. Les enfants du quartier le mitraillent de questions: ‘’Pourquoi ne faites-vous pas quelque chose avec nous aussi ?’’ et ‘’Pourquoi ne pouvons-nous jamais voir vos photos ?’’

Talents naturels
Mwelu se rendu compte que certains de ces enfants ne vont pas du tout à l’école et traînaient dans les rues. C’est ainsi qu’il partage sa caméra avec ces gamins ; il se rend rapidement compte qu’ils sont en mesure de prendre des photos intéressantes, sans avoir reçu aucun enseignement professionnel. Il voit rapidement en ces enfants des talents naturels qui valent la peine d’être développés.

Avec ses propres deniers, il achète deux simples appareils photo et commence à encourager les enfants à prendre des photos de leur propre vie. Le nombre d’enfants croît, il demande des fonds à Africalia, une organisation basée en Belgique, et reçoit suffisamment d’argent pour ouvrir un bureau et acheter un minimum d’équipements. Actuellement, les enfants produisent jusqu’à 15 films par an.

Engagé
Lors des violences postélectorales de 2007 au Kenya, les enfants prennent des photos de ce qui se passe autour d’eux. Non seulement la photographie leur donne un certain sens de responsabilité, mais elle devient un style de vie. L’un des adolescents, Maxwell Odhiambo, âgé de 18 ans, confie : ‘’Si je n’avais pas été ici, je serais probablement en train de boire du chang’aa (une bière locale) quelque part, ou encore en train de voler. J’ai de plus en plus confiance en moi. Non seulement j’ai acquis des connaissances en prises de vue et en édition, mais je me suis fait des amis.’’

Un autre participant, Peter Gikonyo, 16 ans, a commencé à prendre des photos quand il avait sept ans. Maintenant, il est à l’école secondaire et paie lui-même ses frais de scolarité. Peter Likono a 17 ans et ajoute : ‘’Mwelu est comme ma famille ; je peux payer ma scolarité et je suis occupé, je ne suis pas tenté de commettre des larcins. Car nous savons tous qu’un esprit désœuvré peut vous faire faire de drôles de choses.’’

Autonome
Les enfants vendent leurs photos sur les marchés locaux, par des ateliers, mais ils atteignent aussi un public plus large, car chaque photo est vendue 80 € sur leur site. La moitié des recettes est destinée à la fondation, et ils gardent l’autre moitié pour eux.

La fondation, qui compte actuellement 45 enfants de 12 à 19 ans, fonctionne de manière autonome. Les enfants plus âgés prennent en charge les plus jeunes. Ainsi que Mwelu le dit, ‘’J’ai appris que si nous investissons dans le futur de nos jeunes, nous serons en mesure de procurer un meilleure place pour que chacun vive mieux dans ce monde.’’
 

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