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Heba Elsewedy
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Le Caire, Egypte
Le Caire, Egypte

Madame Révolution et ses enfants

Publié le : 15 mai 2012 - 4:20pm | Par Karima Idrissi (Photo : RNW)
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"Madame Révolution" : c’est le titre honorifique qui a été attribué à l’ancienne femme d’affaires égyptienne Heba Elsewedy. Durant la révolution égyptienne, elle s’est occupée de plus de 2.000 blessés sur la place Tharir. Les jeunes révolutionnaires l’appelaient "Mama Heba". Elle décline tout titre honorifique et l’attention des médias. Pour la première fois, elle confie son histoire à Radio Nederland Wereldomroep.

Au cours de la révolte du 25 janvier 2011, Heba Elsewedy prend sous sa protection des centaines de jeunes. Durant les confrontations qui suivent, notamment lors de l’intervention de l’armée à la veille des législatives, elle soigne les blessés.

Elle a alors pour slogan : mieux vaut un soutien moral qu’un soutien matériel. "Je montre que j’ai de la considération pour ce qu’a fait un blessé", dit Heba Elsewedy. "Il a risqué sa vie pour nous faire vivre."

Arabie saoudite et Egypte
Heba Elsewedy est née de mère saoudienne et de père égyptien. Très jeune, elle montre une prédilection pour les œuvres de bienfaisance. "Ma mère était quelqu’un de très généreux et mon père était connu pour l’institution caritative qu’il avait fondée."

Après avoir passé sa jeunesse en Arabie saoudite, Heba Elsewedy s’installe en Egypte, où elle épouse l’un de ses cousins. Après avoir réussi dans les affaires, elle se consacre à l’éducation de ses quatre enfants
Heba Elsewedy se voue depuis treize ans déjà à des œuvres caritatives. Elle visite des orphelinats et contribue aux frais d’hôpitaux de malades qui ne peuvent se permettre un traitement, "et il y en a pas mal, en Egypte", dit-elle.

Mama Heba
Les blessés de la révolution ne se sont pas encore tous rétablis. Heba Elsewedy rend quotidiennement visite à "ses" jeunes à l’hôpital. Elle suit leur rétablissement quand ils rentrent chez eux. "Je peux donner de l’argent et rester chez moi. Mais je les aime et je les traite comme mes propres fils."

Elle aime à se faire appeler "Mama Heba". De nombreux jeunes dont elle s’’occupe ont l’âge de ses propres enfants. "Depuis la mort de ma mère, il y a 15 ans, vous êtes la première femme qui mérite que je l’appelle ‘maman’", lui dit un jour un jeune blessé.

Heba Elsewedy s’est occupée également de quelques blessés lors de la révolte libyenne qui ont été transportés en ambulance de Misurata vers l’Egypte. Certains d’entre eux se sont entre-temps rétablis et sont rentrés chez eux, mais d’autres ne s’en sont pas sortis. Elle se rappelle encore très biens des jeunes qui sont morts.

"Il y avait Khaled par exemple : il avait été touché au cerveau par une balle. On aurait dit qu’il réagissait bien au traitement." Donc, quand son frère est venu le chercher pour la ramener au sein de la famille, ils l’ont laissé partir. A l’époque, sa famille se trouvait à Tunis. "Il est décédé parmi les siens."

Des différends, mais pas de querelle
Après la révolution, Heba Elsewedy lance avec quelques collègues du monde des affaires le forum "Le peuple égyptien", qui se propose de montrer des exemples positifs de la société. Son slogan : "Nos différences ne doivent pas aboutir à des différends".

Le sort des blessés et des parents des morts de la révolte du 25 janvier continue d’être un dossier important. "Outre un traitement médical, nous devons également offrir aux jeunes la possibilité d’achever leurs études et de trouver du travail", estime Heba. Elle encourage les jeunes à "investir leur énergie dans la construction du pays, au lieu de se rendre vulnérables aux groupes qui à droite et à gauche veulent les accaparer."

Initialement, les militaires en Egypte ont froncé les sourcils en voyant les activités de cette riche Egyptienne aux racines saoudiennes. Mais finalement ils l’ont laissée tranquille, après avoir vu que ses activités ne cachaient aucun intérêt politique mais qu’elles étaient dues uniquement à des motifs humanitaires. Après la révolte, Heba Elsewedy s’est vu offrir plusieurs postes par les autorités du Caire. Elle les a refusés. "Ce que je fais, tous ceux qui en ont les moyens devraient le faire. Cela va de soi. Ce n’est pas quelque chose pour lequel on mérite des titres honorifiques ou des louanges."
 

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