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vendredi 25 juillet  
Une image de Lydiah allant au travail
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Nairobi, Kenya
Nairobi, Kenya

Lydiah, victime d'un avortement clandestin - 1ère partie

Publié le : 10 décembre 2012 - 6:00am | Par Rédaction Afrique (© Photo : Lucy Maroncha)
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Lydiah Kagere ne pouvait plus vivre sans regarder sans cesse autour d’elle. Elle s'imaginait que tout le monde connaissait son secret et qu'elle était le sujet de toutes les conversations. Elle avait perdu une partie de son corps que bien des femmes seraient prètes à tout pour préserver. Voici comment tout a commencé. 

Par Lucy Maroncha, Nairobi

Cette femme, aujourd'hui mariée et belle-maman, a perdu son utérus à la suite d'un avortement effectué lorsqu'elle était étudiante en troisième année dans une université kényane. Lorsqu'elle a appris qu'elle n'aurait jamais d’enfant, Lydiah fut ébranlée. "La nouvelle était accablante, bien que les chirurgiens m'aient expliqué que c'était le seul moyen de me sauver la vie", confie-t-elle.

Rapports sexuels non protégés
Au cours de ses années d'université, elle utilisait souvent la pilule du lendemain, connue localement sous le nom de "pilule d'avortement". Son petit ami était son cadet de deux ans et, dit-elle, ils n'étaient pas prêts à être parents.

"Maintes fois, nous avions des rapports sexuels non protégés, mais je gardais toujours une pilule du lendemain pour m'éviter de tomber enceinte", dit Lydiah, ajoutant qu'elle n'a jamais compris pourquoi la pilule n'avait pas fonctionné ce jour-là.  "Lorsque j'ai dit à mon copain que j'étais enceinte de trois mois, il nous a fallu réfléchir rapidement. Il fallait prendre une décision : compromettre mes études et devenir une jeune mère, ou se débarrasser de l'embryon."

Les deux jeunes tourtereaux ont opté pour l'interruption de grossesse. Pour se faire avorter dans les "cliniques de quartier" — nom donné par les étudiants aux endroits où les avortements illégaux sont pratiqués — il fallait débourser 2 000 shillings kényans (environ 18 euros). Ils ont rassemblé cette somme rapidement, et peu de temps après, ils ont pu trouver un infirmier dans une des rues des quartiers pauvres de Nairobi.

Douloureux, dégoûtant et dégradant
"La clinique avait un aspect fantomatique et un nuage de la mort semblait flotter à l’intérieur", se rappelle Lydiah. L'infirmier la poussa dans une salle intérieure et lui demanda de se déshabiller. Son petit ami attendait dehors.  "Vous êtes enceinte de combien de mois ?", demanda l'infirmier sans le moindre signe de sympathie. Ce mois serait le quatrième, répondit Lydiah, et l'infirmier hocha la tête d'un air entendu.

Pendant un moment, elle a pensé à changer d'avis, mais une voix intérieure lui a rappelé qu'elle avait une carrière à poursuivre.  "Comme je regrette pourquoi à cet instant je ne suis pas sortie de cette salle en courant et pourquoi je ne suis pas allé dénoncer l'infirmier à la police", dit-elle.

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Elle décrit le processus d'avortement comme douloureux, dégoûtant et dégradant. Quelque chose qui ressemblait à une paire de ciseaux a été inséré dans ses organes et puis elle ressentit une douleur atroce. "J'ai crié et je me suis levée d'un bon, mais l'infirmier m'a clouée au lit, en disant qu'il n'avait pas de temps à perdre", se souvient-elle.

Après ce qui sembla une éternité, l'infirmier en finit avec la procédure. Il lui dit qu'elle sentirait "une petite douleur" à l'abdomen quelques heures plus tard, puis que le fœtus serait évacué.  "Tâchez bien de ne pas rester seule parce qu'il peut vous arriver d'avoir très soif après la sortie du fœtus", a-t-il prévenu.

De retour dans sa chambre, dont elle avait confié la surveillance à son ami, les choses se sont passées comme prévues. La seule différence, explique Lydiah, c'est que la sensation était terrible. Elle s'est tordue de douleur pendant près de deux heures avant que le fœtus ne sorte. "Comme je regrette de n'avoir pas supporté cette douleur pour une bonne cause, si seulement j'avais eu le bébé... l'histoire serait différente aujourd'hui", se lamente Lydiah.

Retour à l'école
Après cet épisode, l'étudiante a repris sa vie à l'université en considérant la douleur abdominale comme un effet résiduel de l'avortement. L'infirmier lui avait dit de ne pas s'inquiéter de l'hémorragie, qui pouvait durer une semaine, même s'il lui avait été conseillé de revenir à la clinique si elle devenait abondante.

"Certes, le saignement s'est arrêté dès la première semaine, mais j'ai remarqué qu'une certaine substance malodorante, crémeuse suintait de mes organes génitaux", raconte Lydiah. La puanteur était insupportable. Elle décida de retourner voir l'infirmier. Cette fois, elle était accompagnée d'une amie parce qu'elle connaissait des difficultés dans sa relation avec son copain. L'infirmier, cependant, est resté introuvable....

Vers la suite de son histoire...

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