Radio Netherlands Worldwide

SSO Login

More login possibilities:

Close
  • Facebook
  • Flickr
  • Twitter
  • Google
  • LinkedIn
Accueil
jeudi 24 mai Radio Nederland Wereldomroep, la station internationale des Pays-Bas. 24 heures sur 24. Informations, analyses et articles de fond.
Map
Jos, Nigeria
Jos, Nigeria

L'impossible pardon des habitants de Jos

Publié le : 8 février 2012 - 4:46pm | Par Rédaction Afrique (Photo : RNW/Kingsley Madueke)
Archivé sous

La ville de Jos, au centre du Nigeria, est le théâtre de violences depuis le milieu des années 90. Nourrie par divers facteurs religieux, ethniques et politiques, la situation a dégénéré après les émeutes de septembre 2001 qui ont fait des milliers de victimes. Les attentats à la bombe perpétrés le jour de Noël il y a un peu plus d'un an ont engendré une augmentation des conflits dans les environs de Jos. Les survivants se sont installés ailleurs, notamment dans le village de Furaka, où ils doivent faire face à de nombreux obstacles socio-économiques.

Par Kingsley Madueke, Jos

"Ma femme avait tout juste mis notre plus jeune enfant au lit lorsque nous avons entendu des coups de feu", se souvient Abraham Azi en essuyant une larme. Il y a exactement un an, à 21 heures, la maison d'Azi est attaquée et quatre membres de sa famille sont tués. Les événements ont lieu dans une petite communauté au nord-est de Jos, dans l'État de Plateau. Aujourd'hui, il vit à Furaka, un petit village établi dans une zone sûre, avec les membres de sa famille qui ont survécu au drame.

Causes complexes

Le village de Furaka
Le village de Furaka
Jos est considérée comme l'une des villes les plus populaires et cosmopolites du Nigeria. Toutefois, de nombreux conflits y ont eu lieu entre chrétiens et musulmans ces dix dernières années. La ville, alors un melting-pot de différents migrants, a été déchirée en 2001 par des émeutes qui ont fait des milliers de victimes. La violence s'est ensuite propagée aux villes et villages de l'État de Plateau. 400 personnes ont perdu la vie lors d'autres affrontements en 2008. Depuis les attentats de Noël 2011, des affrontements ont lieu chaque jour dans la région de Jos.

Plusieurs facteurs sont à l'origine de cette crise. Les premières causes sont liées à une lutte entre les "indigènes", majoritairement chrétiens, d'une part et les Hausa-Fulani, les "colons", d'autre part. Ils s'affrontent pour obtenir le contrôle politique et économique de Jos et de l'Etat de Plateau adjacent.

Difficile à pardonner

Azi et sa femme ont échappé de justesse à la mort en sortant par la fenêtre de la salle de bains. "J'ai voulu rentrer pour aller chercher mes enfants et le reste de ma famille mais les agresseurs étaient déjà à l'intérieur et ils tiraient dans toutes les directions."

Articles liés

"Il est très facile pour ceux dont la maison n'a pas été détruite et la famille assassinée de parler de pardon", dit Azi, âgé de 33 ans. "Si des hommes armés pénètrent chez vous et tuent votre mère, votre grand-mère et deux enfants, pardonner sera certainement la dernière chose à laquelle vous penserez."

Défis de survie

"Dieu leur rendra la monnaie de leur pièce", dit Esther Yohana, qui tient le restaurant de fortune où Azi et d'autres résidents peuvent manger un plat pour 100 naira (environ 50 centimes d'euros).

Esther Yohana a emménagé dans le quartier après que son mari et trois enfants eurent péri lors de la crise en 2008. Aujourd'hui, elle passe au peigne fin le terrain rocailleux du hameau, à la recherche d'eau pour son restaurant. "Ce n'est pas facile, mais nous allons y arriver", dit-elle en soupirant.

"Les agresseurs portent des uniformes militaires et ont les mêmes fusils que les soldats des postes de contrôle ", dit Esther Yohana. Une telle invasion a eu lieu de nuit dans le village de Dabwak de Farin Lamba. Un couple de personnes âgées et deux de leurs petits-enfants ont été tués par balles. Les villageois disent que les auteurs de ces crimes étaient des gardiens de troupeaux Fulani, accompagnés de véhicules militaires.

Policiers inutiles

Même lorsque les policiers arrêtent les coupables, ils les emmènent à Abuja et les relâchent ensuite", dénonce Bala Dusu, un ancien habitant de Dogon Nahawa, où les attentats de 2008 ont fait 400 morts. "Si les soldats et la police ne peuvent pas assurer notre sécurité, nous allons devoir prendre les armes et nous défendre nous-mêmes", poursuit-il sur un ton féroce.

"Nous sommes en sécurité", dit Ibrahim Bulus, un autre habitué du restaurant de Yohana. "Mais il nous manque encore de l'eau, des routes convenables, de l'électricité et toutes les autres commodités".
 

Recommandés

Placez votre commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd> <p> <br>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

Radio Nederland Wereldomroep, la station internationale des Pays-Bas. 24 heures sur 24. Informations, analyses et articles de fond.