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La Haye, Pays-Bas
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Liberté d'expression : non merci !

Publié le : 19 août 2011 - 2:38pm | Par John Tyler (photo cartoon movement)
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"Tofik fait naître un regain de violence contre Geert Wilders. Faites disparaîte cet insecte marocain !"
Ce tweet provient d’un activiste anonyme, qui se fait nommer Stop Left (faites arrêter la gauche). Il est la réponse à un appel venant de Tofik Dibi, un député du parti écologiste néerlandais Groenlinks lors d’un débat au parlement sur l’implication des Pays-Bas dans les attaques en Norvège. L’homme responsable de ces attaques, Anders Breivik, a cité Geert Wilders parmi ses inspirateurs. Monsieur Dibi va engager des poursuites envers Stop Left pour incitation à la violence.

Ce tweet de menace illustre comment le débat sur la liberté d’expression est devenu brûlant depuis les attaques en Norvège. La liberté de parole est considérée comme un pilier de la démocratie moderne. Mais de même qu’en Norvège, les Pays-Bas se demandent où se situe le juste milieu entre la crainte d’inciter à la violence et le droit d’exprimer des opinions contradictoires.

Premier amendement pour les Pays-Bas ?
En réalité, le débat néerlandais sur la limite de la liberté d’expression était déjà animé avant ces événements. Au mois de juillet, Wilders avait été acquitté des chefs d’accusation de "propos incitant à la haine". Ce verdict a transformé le paysage juridique, rendant plus difficiles les poursuites pour incitation à la haine. Geert Wilders, leader du parti populiste néerlandais PVV (Parti de la liberté), partenaire minoritaire de l’actuel gouvernement, veut désormais éliminer complètement la législation sur le discours d’incitation à la haine. Il est en train de préparer un amendement constitutionnel pour les Pays-Bas similaire à l’amendement américain sur la liberté de parole – Free speech first Amendment – qui devrait élargir les droits à la liberté d’expression.

Fidèle à lui-même, Geert Wilders n’a pas mâché ses mots après les attaques en Norvège. Après avoir condamné la violence, et la qualifiant de ‘soufflet au visage pour tout le mouvement anti-islam’, il a réitéré son appel pour combattre ce qu’il appelle l’islamification. "Je crois que nous avons trop d’immigration de masse provenant des pays arabes et trop de palaces de la haine que Job Cohen – leader du parti travailliste néerlandais, n.d.l.r. - . Les immigrés sont toujours surreprésentés dans les statistiques de la criminalité. C’en est assez."

Wilders n’est pas avocat de la violence. Mais d’aucuns se demandent s’il ne contribue pas à un climat encourageant la violence contre les musulmans et les immigrés. Puis, cet été, ces deux tuiles sont arrivées – la revendication de Geert Wilders au tribunal pour ce que même le juge principal avait qualifié de langage "grossier et dénigrant", et quatre semaines plus tard la tuerie de 77 personnes en Norvège par Anders Breivik. Dans son "manifeste", Breivik a loué les Pays-Bas et a cité plusieurs fois Wilders.

Attaque
Mais la crainte de la violence n’est pas limitée à un seul côté. Geert Wilders a été place sous protection permanente depuis qu’un autre incident violent avait porté à la une le débat sur la liberté d’expression : le meurtre du cinéaste néerlandais Theo van Gogh en 2004. Van Gogh était à l’époque l’un des personnalités les plus véhémentes aux Pays-Bas et il a été assassiné par un jeune musulman, clairement au nom de la religion. Le meurtre de Van Gogh a été largement perçu comme une attaque à la liberté d’expression. Wilders, et l’ex-députée néerlandaise d’origine somalienne Ayaan Hirsi Ali, elle-même exprimant sa critique ouvertement envers l’islam, ont refusé à l’époque de se taire et ont continué à exprimer leurs opinions malgré les menaces de mort répétées dont ils avaient été l’objet.

Droit fondamental
Depuis le meurtre de Van Gogh, Geert Wilders et ses sympathisants ont repoussé les limites de la liberté d’expression. Conséquence de cela, la liberté d’expression est devenue plus importante qu’un droit fondamental perçu par le public néerlandais. Ceci parfois aux dépends de la liberté de religion, des droits des minorités, droits qui sont vus traditionnellement comme les piliers de la société "tolérante" néerlandaise.

La nouvelle année parlementaire va débuter dans quelques semaines à peine. Wilders cherchera à développer la liberté d’expression aux Pays-Bas, pendant que Tofik Dibi et d’autres vont demander si les choses ne sont pas déjà allées trop loin. Avec les événements de Norvège planant comme un nuage sombre à l’horizon, le débat sur la liberté d’expression est en train de créer des divisions, comme toujours.
 

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