Les élections présidentielles et législatives sont allées et venues au Libéria, mais les remous qu’elles ont causés vont rester longtemps à l’esprit des gens.
Kullie Cornelius, Monrovia
De nombreux politiques, notamment les leaders de partis d’opposition, ont changé de camp pour rejoindre le Parti de l’Unité de la présidente en titre Ellen Johnson-Sirleaf. Un retournement de veste que certains ont qualifié de trahison d’idéologie.
Le commentateur politique libérien Theophilus Geegbae rappelle que ces changements ont surtout pénalisé le Congrès pour le changement démocratique (CDC), principal parti d’opposition dirigé par le diplomate Winston Tubman et la star du foot George Weah.
"Je pense que le CDC d’opposition a particulièrement payé les frais du retournement de veste de ses partisans, au profit du parti au pouvoir", a-t-il déclaré.
Selon lui, "parmi ceux qui ont rejoint le camp adverse figurent Eugene Nagbe, ancien Secrétaire général du CDC ainsi que Jake Kabakollie et Samuel Wlu, autres figures éminentes du parti, les députés Kettehkumuehn Murray, Rufus Neufville, Tactius Barclay et d’autres partisans de second ordre."
Présidente critiquée
Pendant ce temps, le député Bhofal Chambers, un important partisan d'Ellen Johnson-Sirleaf, a rejoint les opposants politiques du CDC, une décision qui n’a pas surpris Keith Morris, journaliste. "Le législateur Chambers a été suffisamment effronté pour critiquer ouvertement la présidente Sirleaf. Le fait que ses rapports avec elle ont pris une tournure amère n’a surpris personne", dit Morris.
"La plupart des politiciens qui ont changé de parti sont membres du CDC", indique Benson Wheigar du Parti de la Liberté de l’avocat Charles Brumskine. "Mais deux de nos propres dirigeants nous ont aussi trahis et ont annoncé leur soutien à la chef de l’Etat pour sa réélection".
Opportunisme
De leur côté, Lewis Brown, ancien ministre par intérim des Affaires étrangères, et le député Edwin Snowe du Parti national patriotique (NPP) de l'ex-président et chef de guerre Charles Taylor, ont également regagné le parti d'Ellen Sirleaf-Johnson.
Brown et Snowe avaient tous exprimé leur réticence envers un nouveau mandat de la chef de l’Etat Sirleaf–Johnson, et l’avaient pourtant décrite comme étant "trop âgée pour diriger le Libéria - une présidente honteuse et diabolique ". Ils ont désormais déclaré leur soutien à sa réélection, à l’instar de nombreux hommes politiques au Libéria.
Pour Grace Fellow, gérante d’un petit commerce, l’opportunisme des politiques est affligeant. Cela lui fait peur. "J'ai peur que certains politiciens qui soutenaient la présidente ne s’en prennent à elle maintenant. Cela ne peut pas être bénéfique au Libéria".













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